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Reportage

L’année 2023

Chaque année c’est la même rengaine. Plus que l’année précédente mais moins que l’année prochaine, la motorisation électrique prend de plus en plus d’espace dans nos vies. Et les excellents motoristes tirent le maximum de nos moteurs fétiches. Une sorte de Yin et de Yang pour équilibrer cette offre !

BMW Série 5 et Mercedes Classe E, les deux routières allemandes intouchables depuis le début de leur rivalité sont devenues les cibles d’une américaine : la Model S. Il fallait donc se mettre à la page. Chose surprenante, les deux marques n’ont pas choisi la même stratégie électrique. La Classe E reste une berline thermique ou hybride. Dans ce second cas, l’électrique occupe une place de choix. Encore considérée comme un alternateur il y a 5 ans, la batterie grossit, si bien qu’elle propose une autonomie dépassant les 100 km. Un chiffre encore utopique il y a de cela 3 ans… La version 100% électrique, elle, s’appelle EQE et se distingue très nettement de sa cousine thermique par un design plus en rondeurs. Pas forcément gracieux, mais au moins est-il efficient. À cela, BMW répond par un couple technique : i5 (100% électrique) et Série 5 (thermique et hybride), reposent sur la même plateforme. Le design est sensiblement identique, à l’exception de la calandre pleine pour les versions électriques et l’absence de sorties d’échappement. À puissance égale, les tarifs sont quasi identiques entre les types de carburant, permettant ainsi au client de faire le choix d’une motorisation selon son utilisation et non pas en fonction de son budget. Ce choix technique se solde par une autonomie, à taille de batterie comparable, légèrement inférieure (environ 20 km) que la rivale EQE. À l’intérieur aussi, les deux allemandes tentent de rivaliser avec la Tesla, en proposant, là aussi, deux philosophies différentes.

Deux autres philosophies s’affrontent : la boîte manuelle VS la boîte à double embrayage. À ce petit jeu, Porsche laisse encore le choix sur nombre de ses modèles sportifs… à l’exception des badges RS. Eux étant à la recherche de la performance, la PDK y est imposée. Et ce, même s’il s’agit d’un cabriolet. Comme un dernier tour de piste, les pistons et cylindres thermiques vivant leurs derniers instants dans le cœur des 718 Cayman et Boxster, Porsche décline son flat-6 à toutes les sauces, ici dans un Spyder RS, sorte de GT4 RS décapsulé. La recherche de la performance, mais la joie d’avoir les cheveux au vent, et les bruits d’admission au niveau des oreilles… À l’inverse, la 911 S/T recherche seulement le plaisir. Prenez une GT3 Touring, mettez-y le moteur de la GT3 RS, la boîte mécanique de la première, retirez les roues arrière directrices, et vous aurez la plus pure des 911 actuelles. Les 525 chevaux ne sont pas suffisants ? Aston Martin utilise la même recette que Porsche, et que celle déjà initiée l’année dernière sur la Victor. Avec la Valour, la firme de Gaydon revient aux fondamentaux : V12 biturbo de 700 chevaux, boîte manuelle, pure propulsion et plaisir garanti ! À un certain prix… Nissan fait la même chose avec son coupé Z. Non importé en France, ce coupé plaisir gagne en sportivité avec cette inédite version NISMO. Plus sportive, et désirable. Maintenant, direction l’Italie. Nous y attendent une Ferrari et une Pininfarina. Le coupé Roma a pris le temps de soigner sa version Spider. Retour à la capote souple : au bon vieux temps !

Là aussi, les ingénieurs ont perdu la tête. Les marques leur ont donné carte blanche pour développer les voitures les plus rapides, plaisantes et inutiles possibles. Commençons, une fois de plus, par la surprise de Porsche. Pour les 60 ans de son modèle iconique, les Allemands ont concocté une 911 GT3 R sans homologation aucune. Elle s’appelle GT3 R Rennsport, et s’inspire du passé, notamment la 935, pour dessiner sa carrosserie ou pour sa qualité sonore. Elle sait chanter, danser, et nous faire rêver ! Elle, elle nous a fait rêver (et peur aussi) lors du centenaire des 24h du Mans. La 499P, victorieuse de la 91è édition, s’offre une version Modificata qui prend ses distances avec le règlement technique LMH. Plus puissante, dotée d’un aérodynamisme meilleur encore, la Modificata promet monts et merveilles aux quelques chanceux qui ont pu l’acheter… Toujours en Italie, Maserati renoue avec son passé sportif depuis la MC20, dont elle a décliné une version GT2 pour la compétition. Comme Ferrari, elle retire son homologation en compétition, pousse la puissance et l’aéro, pour qu’elle devienne plus bestiale : la MCXtrema ou quand le Trident s’aiguise ! En Allemagne, alors que Mercedes vient de présenter sa remplaçante, l’AMG GT s’offre une version GT2 Pro à quelques heureux élus. Évolution aérodynamique et mécanique sont au programme, issues de la Black Series. Le clou du spectacle revient à LA surprise Lotus : la Type 66. Alors qu’on croyait la firme d’Ethel morte et enterrée, elle nous offre une voiture d’IMSA jamais produite. V8 à manier à l’aide d’une boîte mécanique, poids au plus bas : le bon vieux temps !

En hommage à son passé, et déclinant sa DBS dans une ultime version, Aston Martin présente la DBS 770 Ultimate. Coupé ou Volante, le modèle est ultra-limité dans les deux cas. À l’avant, le V12 gagne encore en puissance, en témoigne son nom. La ligne demeure élégante mais la face avant gagne en agressivité sans perdre en élégance. Élégance ? La SF90 XX Stradale ne connaît pas ce mot. Première Ferrari a porté le badge XX sur la route, elle augmente (légèrement) sa puissance et (significativement) son efficacité aérodynamique. Résultat, elle devient la Ferrari la plus rapide sur le circuit de Fiorano : 1’17’’309, soit une amélioration de deux secondes par rapport à la version classique. Un autre chrono en vue : moins de 7 minutes sur le Nurburgring. Pas pour la Ferrari, mais pour la Ford Mustang GTD. Pensée en collaboration avec Multimatic, responsable de la mise au point de la dernière Ford GT d’endurance, la GTD promet d’être une Mustang plus européenne et ne cache pas son ambition. La Pagani Imola Roadster non plus. Elle porte le nom d’un circuit, ce qui veut tout dire. Mais aussi un autre attribut : Roadster. Un non événement ? Non, car Pagani a profité de la mise au point de la Huayra R pour améliorer la copie de la version Roadster de son modèle radical homologué. Hennessey imite Pagani avec sa Venom F5 Revolucion déclinée ici en Roadster. Même puissance, mêmes performances, mais décoiffantes ! De son côté, BMW mélange les ingrédients de la M4 CSL avec la base de la M3. Elle perd le L de la légèreté en conservant sa polyvalence (et une transmission intégrale MxDrive). Quant à Glickenhaus, la courageuse écurie d’endurance, elle prévoit de fixer des plaques d’immatriculation sur quelques SCG 007, devenant des 007S (pour Street). Son hypercar augmenterait sa puissance au-delà de 1000 chevaux…

1000 chevaux. Une barrière fermée à double tour il y a encore 20 ans. Bugatti a trouvé la clef, et d’autres s’y sont engouffrées. C’est le cas de Zenvo. Cette marque danoise peu connue mérite le détour sur son nouveau modèle baptisé Aurora après un immobilisme certain. Deux versions sont disponibles, une Tur rapide en ligne droite et confortable (et surpuissante) et une Agil, appréciant les virages. La baignoire en fibre de carbone laisse un large espace à un V12 quadriturbos ! Signe du temps, il est aidé d’une batterie de moteurs électriques… Lamborghini y passe aussi. La remplaçante de l’Aventador, nommée Revuelto, devient la première hybride rechargeable de la marque. En plus du tout nouveau V12 6.5 atmosphérique, trois moteurs électriques s’évertuent à rendre vertueuse la bête, pour les gouvernements, et performante, pour les passionnés. La puissance cumulée atteint 1015 chevaux. Et les pistons continuent de chanter ! Un point commun que partage la nouvelle AC Cobra GT Roadster. Elle qui devait passer à l’électrique revient en arrière et installe le dernier V8 Ford, de la Mustang Dark Horse, sous son capot. Le tout servi entouré d’une carrosserie de Cobra classique à la sauce 2023. Du côté d’Aston Martin aussi, il y a de la nouveauté, à la fois technique et esthétique. La DB11 cède sa place à la DB12. La silhouette générale ne change pas, surtout à l’arrière, mais la face avant est largement redessinée, pour augmenter la capacité de refroidissement pour le moteur. Exit le V12 5.2, le V8 4.0 augmente la puissance à 680 chevaux. Surtout, il s’agit de la première Aston Martin pensée sous les directives de Lawrence Stroll. Elle devient (enfin) dynamique. V8 toujours, McLaren a repensé son chef d’œuvre 720S à l’orée de ses 6 ans. 30% de matériaux différents, 30 kg de gagnés (sur le papier), 30 chevaux et 30 nm supplémentaires permettent à la firme de nommer cette voiture 750S. Bonne mise à jour, mais triste nouveauté… Comme la nouvelle Mercedes-AMG GT. Sortie en 2015, celle qui prenait la place de la SLS connaît une descendance qui rentre dans le rang. Son design s’apparente à celui du dernier SL, en coupé. Et techniquement, aussi. Autrefois pure propulsion, la GT adopte la technologie 4Matic +. Plus efficace, mais pas plus plaisante… Un petit mot aussi sur la nouvelle Panamera, promise plus technologique, plus sportive et confortable que jamais. Un tour de passe dont seule Porsche a le secret !

Plus classiques mais pas moins intéressantes, les marques généralistes nous offrent des nouvelles générations de plusieurs modèles, et en terminent d’autres. Volkswagen dit adieu à la berline Passat, remplacée par l’ID.7, tout en continuant la version SW. L’électrification ampute son coffre tout en baissant ses consommations. Intérieur technologique au possible, le break partage tout avec sa cousine technique la Skoda Superb. Elle continue de croire au binôme tricorps et break (Combi). Elle dispose des mêmes moteurs, de la même technologie et aides à la conduite que la Passat, mais ajoute un ingrédient : la philosophie Simply Cleaver. Elle repose sur toutes les idées de rangements intérieurs malins pour faciliter la vie. On retrouve cette philosophie dans le nouveau Kodiaq, qui partage aussi sa plateforme avec le nouveau Tiguan. Si le premier dispose de deux configurations, 5 et 7 places, le second reste dans une proposition classique à 5 sièges. Le classicisme dont fait preuve Volkswagen avec ses modèles diffère clairement de son rival Toyota. 1 propriétaire sur 2 de C-HR l’avait choisi pour son look. Dans cette deuxième génération, le japonais confirme cette tendance différente. Le nouveau partage les mêmes qualités que le premier C-HR, une bonne chose, mais aussi quelques défauts, un mauvais point. Surface vitrée étroite aux places arrière, coffre haut… Restons en Asie et intéressons-nous au dernier Hyundai Kona. La première génération a fait une entrée remarquée. Avec la menace chinoise et sa volonté de monter en gamme, Hyundai tente de monter la qualité perçue de ses modèles. Ainsi, le Kona se sépare de ses bas de caisse en plastique noir, peu qualitatifs. Bandeaux de feux fins et technologie high tech à bord complètent une offre qui fait payer sa prestation. En Allemagne, BMW n’a pas restylé son X2. Son cousin X1 entrait l’année dernière dans sa troisième génération. Le X2 passe le pas et connaît une nouvelle vie. Il abandonne la silhouette de break surélevé pour s’intégrer dans la même lignée stylistique que ses frères X4 et X6, le SUV coupé. Et comme le X1, il se décline en électrique. Plus petit et bien moins cher, Dacia nous prend par surprise en présentant la troisième génération de son SUV Duster. Un modèle promis à un bel avenir, à n’en pas douter, qui se distingue très nettement de la précédente génération.

Les rumeurs allaient bon train. Une nouvelle Alfa Romeo arrive le 30 août. Ce sera une sportive. Peut-être électrique. Ou pas. L’Alfa Romeo 33 Stradale est de retour ! Alfa Romeo propose une interprétation moderne de l’une des plus belles voitures du monde. Il ne faut pas que la marque se loupe. Par chance, la nouvelle version est belle. Elle repose sur la Maserati MC20, dont elle partage le moteur V6. Elle laisse le choix avec une motorisation électrique de puissance similaire. La mise au point sera finalisée par un certain Valterri Bottas, pilote de F1 Sauber Alfa Romeo. Seuls 33 exemplaires seront produits. Lamborghini rend hommage à son V12 L539 avec deux modèles uniques. Le coupé, Invencible, et le roadster, Autentica, poussent le bouchon de la radicalité stylistique au maximum. On n’ose à peine imaginer le tarif… Ni celui de la Chiron SuperSport Golden Era. Comme son nom l’indique, ce modèle unique renvoie au passé de la marque. L’histoire de Bugatti est riche de modèles incomparables. Plus de 50 esquisses sont dessinées à la main sur la carrosserie et dans l’habitacle de cette Chiron un peu spéciale… À l’occasion des 24h du Mans, Alpine a présenté une nouvelle série limitée de son A110 R : Le Mans. Couleur spéciale, détails bleus disséminés un peu partout, logo 24h et circuit sont dessinés à l’intérieur du coupé limité à 100 exemplaires. Seul élément réellement distinctif d’avec la version de série, une ailette dorsale. Le V8 ne part pas sans bruit. Dodge, propriété du groupe Stellantis, s’apprête à tourner la page de nombreux modèles, notamment la Challenger ou la Charger. Elle en augmente considérablement la puissance, et les performances, tout en rendant hommage au passé avec une série de modèles limités nommée Last Call. Question édition limitée, les Dodge ne tiennent pas longtemps face à la Pininfarina B95. Sur la base difficile à vendre de Battista, elle-même tirée de la Rimac Nevera, la B95 applique la recette déjà utilisée chez d’autres constructeurs : la carrosserie des speedsters. Pas de toit ni de pare-brise, et avec 1900 chevaux sous le pied droit, la tête risque de ne pas suivre longtemps…

L’électrique sera le futur (bien sûr…). Quelques marques imaginent le futur à leur manière pour se et nous rassurer. Renault s’apprête à présenter la R5 électrique, et Alpine d’en faire une bombinette électrique. En guise de concept, Alpine a conçu l’A290_ß. Bouille mignonne, voies larges, détails grisants, si elle sort comme ça, elle pourrait être appréciée. Le chemin de l’homologation est dure… La position centrale ne sera pas là en série, mais la traction, elle, si. Elle aura pour rivale la prochaine Volkswagen ID.2, préfigurée par le concept ID.2 All. Dans sa version sportive, elle va tenter de raviver la flamme GTI initiée avec ce concept ID GTI. Ici encore, on revient aux fondamentaux. Cette traction survitaminée devrait trouver la voie de la série. La prochaine rivalité la plus attendue ? À l’inverse, le concept de Polestar, le Synergy, n’ira jamais sur la route. Issu d’un concours de designer, l’idée était d’imaginer à quoi ressemblerait une hypercar Polestar. Le résultat est plaisant et désirable. Tout comme la Caterham Project V. Si la précédente est impossible à voir sur la route, la Project V serait dans les cartons de Caterham. Premier modèle de la marque à avoir un toit depuis plusieurs décennies, le coupé annonce surveiller sa ligne (1190 kg) et sa puissance pour préserver un ADN sportif et ludique : une vraie Caterham ! Reste à attendre 2025 ou 2026 pour une version de série… si elle doit exister. La Project V pourrait nous réconcilier sur le plaisir, le concept Lamborghini… non. Outre son design d’Asterion bodybuildée, le Lanzador déroute par sa vision de l’électrique Lamborghini. J’ai beau avoir cherché, par l’once du mot « plaisir de conduite » dans le dossier de presse. À la place, on y parle de performance, de gestion électronique ultra-pointue, de dérives possibles, mais pas de feeling, de ressenti, de plaisir. Au moins, il serait performant…

Plutôt rassurant d’un point de vue esthétique, en revenant aux fondamentaux de ce qu’était BMW avant, le BMW Vision Neue Klasse nous fait craindre un avenir où conduire demanderait à savoir utiliser un ordinateur… et pas un volant. L’habitabilité est importante, la surface vitrée aussi, des bons points. Mais l’absence d’idée de plaisir de conduire est difficile à concevoir pour les BMistes. Les ingénieurs de Munich tenteraient d’imaginer une boîte manuelle à coupler avec les moteurs électriques… Cette idée nous réconcilie un peu… Mercedes ne parle plus que d’efficience ou de performance énergétique à longueur de présentation. Le concept CLA, qui a toujours tenté de s’approcher du Cx de 0,20, ne déroge pas à la règle. Ce futur orienté vers l’efficience n’intéresse que les informaticiens… Pininfarina nous offre une vision d’avenir, elle aussi, avec son concept PURA Vision. Bien dessiné, soit, il continue de surfer sur la vague des SUV… comme les autres. Élégant mais pas rassurant. Les électriques ne se vendant pas aussi bien qu’escompté. Quant aux concepts de Toyota et Nissan, ou encore de toute la future gamme Fisker, le terme même de conduite, de conducteur devient une grossièreté. Un ordinateur fera mieux…

En proie à de grandes difficultés, les voitures radicales ne se vendant pas aussi bien que celles bien plus utilisables, Lotus pactise avec le diable en étoffant sa gamme électrique. Après le SUV Eletre l’année dernière, voici venir l’Emeya. La berline repose sur la même plateforme que le grossier SUV. Au moins son look est-il plus élégant… et sa position de conduite plus lotusienne. Le simple fait de parler de chiffre d’accélération effarant (2,78 secondes pour le 0 à 100 km/h) montre bien que l’intérêt principal de Lotus a changé… La gamme Mini continue son électrification. En plus de renouveler sa citadine Cooper en 100% électrique, la marque présente son SUV Countryman électrique lui aussi. Moins Mini que jamais en termes de taille, la marque assure conserver son ADN, même en électrique. Souvent nerveuses, les électrons pourraient en effet servir les britanno-germaniques… La berline Model 3 de Tesla passe par la case restylage. Au menu… pas grand chose pour l’une des voitures les plus vendues de l’histoire. Le bouclier avant est redessiné, les feux arrière changent par petites touches. Rien de très… L’autonomie continue de progresser… au point de creuser l’écart avec ses marques rivales à l’historique bien plus intéressant… Grande première en Amérique : la Corvette s’électrifie. La C8 est décidément une génération charnière ! La C8 E-Ray conserve son V8 atmo (ouf…) dans sa configuration classique et s’adjoint les services d’un moteur électrique sur l’essieu avant pour augmenter la puissance à 655 chevaux. Première hybride, et première Corvette 4 roues motrices ! Pour la performance, évidemment.

Les nouveautés pleuvent du côté du Losange. Le calendrier est prêt pour les années à venir. En 2023 déjà, Renault a lancé 3 nouveaux modèles. D’abord, le nouvel Espace. Vraiment ? Davantage un Grand Austral, le nouveau modèle 7 places (disponible en 5 aussi) de la marque se nomme ainsi selon la stratégie de Luca De Meo visant à conserver les noms historiques pour jouer sur la corde nostalgique. Pendant un temps, il avait le plus grand toit panoramique du marché. La technologie E-Tech hybride et le châssis 4Control déjà disponibles sur l’Austral sont proposés sur l’Espace. Ce dernier est grand mais il n’est pas le porte-drapeau de la marque pour autant. Ce rôle revient au Rafale. Une carrosserie quasi inédite pour la marque. La silhouette de SUV coupé adopte un nouveau langage stylistique instauré par le designer en chef Gilles Vidal, dont le Rafale est le premier modèle dessiné à 100% sous sa houppette. Les futures Renault changeront donc de visage, et monteront encore en gamme. L’électrification s’intensifiera à l’avenir. Le porte-étendard aura même droit à une motorisation hybride spécifique de 300 chevaux et à 4 roues motrices. Autre nom à résister au changement, le Scénic continue sa route. Comme au bon vieux temps, il repose sur la Mégane… E-Tech. Le monospace augmente son habitabilité intérieure par rapport à la « berline compacte » et son autonomie aussi. Deux tailles de batterie sont disponibles, de 60 à 87 kWh, promettant 420 ou 620 km en une charge. Un net progrès !

À toutes ces nouveautés 100% françaises, le groupe Stellantis répond sur plusieurs fronts. Fiat, qui fait la guerre contre les couleurs classiques, continue de surfer sur la vague des SUV électriques et de la nostalgie en faisant revivre le badge 600. Elle prend la place que laissera vacante, d’ici peu, la 500X dans la gamme en reposant sur la même plateforme que la 500e. Plus grande, plus habitable, et toujours aussi branchée (c’est le cas de le dire), la 600e fait payer cher sa différence sur le marché. De son côté, Peugeot prend des risques. Le best-seller 3008 change tout, tout, tout. Terminée, la silhouette de SUV compact. Désormais, il incline sa poupe pour devenir un SUV coupé… Encore un ! Surtout, dans sa version de présentation, il est électrique ! Que de changements pour ce blason… Les évolutions stylistiques ne sont pas que visibles à l’extérieur mais aussi à l’intérieur. Comme la deuxième génération, le nouveau venu fait entrer Peugeot dans une nouvelle ère dans l’habitacle. Plus technologique encore, mais pas forcément très élégant… Si Peugeot fait un pari risqué, Citroën risque d’attirer les foules ! Loin derrière les 208 et Clio rivales, la C3 change tout pour les rattraper. Nouveau design, nouvelle plateforme, et toujours une Citroën pur jus ! Les suspensions hydropneumatiques, fierté de la marque, sont de série. En plus, elle use de malice pour nager, comme ses ancêtres, à contre-courant et réussir là où les autres ont échoué. La e-C3 avec sa bouille toute mignonne annonce une autonomie de 320 km, pour un tarif de seulement 23.300€ ! Elle est promise à un bel avenir !

Seat laisse sa place à la lumière à Cupra. La jeune marque espagnole va compter un nouveau modèle d’ici l’année prochaine. Il s’appelle Tavascan. Les SUV coupés deviennent un indispensable dans la gamme de n’importe quel constructeur. Alors le Tavascan dessine une ligne fastback. Et électrique, évidemment. Les touches de cuivre, signature de la marque, s’invitent un peu partout pour égayer le tout. Toujours dans le groupe Volkswagen, la marque-mère a arrêté la Passat berline, comme dit plus haut, pour laisser la place au modèle ID.7. Les dimensions sont proches, cette dernière se distingue surtout par sa motorisation 100% électrique. Aéro soignée, la berline affiche un Cx de seulement 0,23. L’autonomie en profite, promettant jusqu’à 700 km en version Pro S. Une grosse batterie de 86 kWh aidant bien… Du côté de chez Volvo, le nom EX30 ne vous dit rien pour l’instant. Mais d’ici 2 ou 3 ans, ce patronyme pourrait peupler nos routes de manière incommensurable. La sécurité Volvo, le look Suédois et une autonomie confortable pour le prix d’une Megane E-Tech ? Le choix risque de tourner à l’avantage du nouvel entrant qui laisse le choix du mélange de la batterie en fonction de l’utilisation du futur client. Autre modèle très cohérent, le nouveau Lexus LBX. Il est le premier SUV urbain premium. Il partage de nombreuses pièces, dont le châssis, avec la Yaris Cross, mais hausse clairement la qualité perçue, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Le confort et la technologie Lexus pour un gabarit en vogue, ce mélange des genres pourrait faire de lui un véritable best-seller. Au contraire du nouveau coupé Mercedes, le CLE. Ce dernier existe simplement pour la beauté du geste. Il remplace à la fois la Classe C et la Classe E coupé, en embrassant le gabarit du dernier modèle. Une Mercedes de grand cru, avec toute la technologie qu’on attend d’une voiture étoilée. Classique, sobre, élégant… prévisible finalement.

La voie de l’électrique semble toute tracée pour l’avenir… Semble. Seulement. Si, tout en haut, Tesla navigue dans des eaux calmes avec des ventes toujours très élevées, des commandes en explosion à chaque présentation d’un nouveau modèle, cette tendance ne touche pas nos constructeurs fétiches. Pour le moment ? Peut-être n’est-ce qu’une question de temps. La Renault 5 promise à un bel avenir est bientôt prête, la Citroën ë-C3 arrive bientôt… Mais ce marché électrique n’inspire pas une confiance aveugle pour autant. Peugeot a mis un temps infini à l’investir par exemple. Et ce qui arrive à l’un des modèles de son groupe, la Fiat 500e, peut la freiner. Ne croulant pas sous les bons de commande, l’usine de la Fiat 500e a été mise à l’arrêt pour deux semaines fin octobre. Le même constat a pu être aperçu du côté de chez Volkswagen. ID.3 et Cupra Born, les deux sœurs, n’ont pas été assemblées pendant deux semaines. La déception de Volkswagen laisse perplexe sur l’avenir. Autrefois très confiante de ses modèles, la marque craint la montée en puissance de Tesla et des constructeurs chinois qui n’arrêtent pas d’arriver sur le marché avec des prix défiant toute concurrence. La gamme ID ne se vend pas aussi bien qu’escompté. Est-ce simplement de la faute de la proposition de la marque ? Ou bien y a-t-il des craintes, des problèmes sous-jacents à cette motorisation ? Laissons le temps au temps. Il est encore temps de faire marche arrière et de s’intéresser à nos moteurs thermiques fétiches. L’électrique n’est pas la seule solution, les carburants de synthèse nous réservent encore des surprises !

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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