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Porsche 911 GT3 R Rennsport

Porsche s’est posé une question simple : que serait une GT3 R qui ne répondrait à aucun règlement ? La réponse s’appelle Rennsport, GT3 R Rennsport.

Un nom à rallonge pour une voiture… allongée. Tout ou presque est nouveau par rapport à la GT3 R sur laquelle elle se base. Capot et toit sont identiques, le reste est inédit. Les surfaces lissées laissent visible un travail aérodynamique poussé. Les phares sont presque aplatis, le train élargit comporte de nombreuses ouvertures guidant l’air vers l’extérieur ou vers des canaux utiles soit à l’appui, soit au refroidissement. Par exemple, l’air passant du pare-chocs avant est canalisé vers le capot largement ouvert pour appuyer ce train avant sur le sol. Le profil dissipe le doute d’une hallucination visuelle à l’avant, puisque les ailes débordent clairement de la carrosserie de l’habitacle. Aucun doute, les freins et les pneus refroidissent, et vite. Puis, l’air circule vers les larges entrées d’air conduisant au moteur. Là encore, aucune ligne disgracieuse ne vient ternir le tableau, le profil se dessine tout en courbes. Un régal ! Et le meilleur pour la fin, le fameux aileron, sublime référence à l’une des plus belles autos de course de tous les temps, la 935, ici dans son année 77. 

Rares sont les voitures à mettre tout le monde d’accord. La 935 en fait pourtant partie. Imaginée pour répondre au Groupe 5, d’où son nom, la voiture a pour seul véritable ordre de ressembler à une voiture de série, en l’occurrence la 911 Turbo contemporaine. La silhouette se dessine. Porsche aplatit le nez de son coupé, pour le rendre plus aérodynamique. Les spoilers sont utilisés à foison pour améliorer l’appui, et augmenter l’adhérence de la voiture. Porsche confie également cette tâche à de larges pneumatiques arrière. Il faut au moins ça, car sous le capot, le flat-6 est dans une forme olympique ! S’il commence sa carrière à 650 chevaux environ, il ira jusqu’à en tutoyer 850. La concurrence est mise à mal, et la 935 ravit la victoire à de nombreuses reprises à ses concurrentes moins bestiales. Au total, la 935 s’imposera près de 150 fois sur les pistes du monde entier. Une donnée importante qui explique évidemment sa renommée, et l’attachement qu’ont tous les passionnés pour cette auto particulière. En 1978, Porsche signe sa 7ème victoire aux 24h de Daytona avec une 935/77. D’où cet hommage. Il y a 5 ans, Porsche a rendu un hommage à la 935 en dessinant une nouvelle carrosserie à la GT2 Clubsport. Un modèle résolument à part. 

Porsche 911 GT3 R Rennsport intérieur

Comme la 935 en son époque, la Rennsport joue avec les règlements. Ou plutôt, elle s’en affranchit. L’habitacle reste identique à la GT3 R. De toutes manières, il est déjà dépouillé de tous les éléments superflus. La fibre de carbone habille ce qui est en cuir dans la gamme de série, et le volant compte plus de boutons qu’un clavier d’ordinateur. Ou presque. Sous le capot surplombé de l’aileron élégamment dessiné, le flat-6 se libère. Il préfère la bestialité au doux ronron. Le vilebrequin tourne et les pistons avec. Lors des dernières 24h du Mans, les 911 passaient clairement inaperçues à côté des assourdissantes Américaines. Avec cette version, Porsche remet tout le monde d’accord. Le rupteur est encore poussé, à 9.400 tours/minute. Peu avant, le moteur développe sa puissance maximale : 620 chevaux. Une puissance de Ferrari Roma, mais atmosphérique. Pour un poids… simplement inhumain. Seulement 1240 kg, avec les pleins. Le rapport poids/puissance descend à exactement 2kg par cheval. Autant dire, rien. Une puissance majorée à environ 10%, un aérodynamisme encore meilleur – les règlements limitent les idées des ingénieurs – la Rennsport supplante clairement la GT3 R classique. À ceci près qu’elle est limitée : 77 exemplaires seulement. Mais il faut bien ça pour célébrer les 60 ans de la 911, non ?

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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