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Sur nos routes comme dans le salon, les voitures électriques étaient nombreuses, plus que les années précédentes et moins que dans deux ans. En revanche, il y avait beaucoup plus de voitures chinoises que d’européennes, ce qui diffère largement de nos rues où les productions européennes, japonaises et coréennes se taillent de grandes parts de marché. Nous savions la place accordée aux mobilités futures et aux solutions chinoises mais… il faut le voir pour le croire. Dans le premier pavillon que j’arpente, le grand stand occupé par Li Automobile est très clair, très lumineux mais pas aguicheur pour un sou… En face, on anime ou on présente les nouveautés, les innovations d’aujourd’hui que nous verrons demain sur nos voitures. Parmi elles, la calandre-écran qui indique plusieurs informations sur la conduite, le trajet prévu… Qu’en est-il du coût de remplacement en cas de choc ?
Revenons à Li Auto. On ne peut pas dire que ce soit fondamentalement laid. Ni beau non plus. C’est… quelconque. Pas de rejet mais pas d’aimant. C’est davantage la curiosité et le désir de savoir de quoi on va parler qui me conduit à m’asseoir à bord de leurs autos que la volonté de tester. L’habitacle est classique, clinique. La planche de bord horizontale accueille un immense écran central, la console centrale dispose de rangements, des aérateurs font circuler de l’air… On en vient à regarder un peu partout pour voir s’il y a des défauts rédhibitoires d’assemblage ou des matériaux de mauvaise qualité parce qu’on veut trouver des choses à redire. Mais… il faut l’avouer, il n’y a pas grand-chose à reprocher aux productions chinoises lorsqu’elles sont à l’arrêt. Les alignements sont corrects, l’équipement complet, l’allure respectable… Rien à reprocher, à part…


À part l’originalité. En passant dans le pavillon suivant, il y a davantage de constructeurs chinois encore. Denza, Zeekr, AITO et, dans le pavillon d’après, Chery Auto, Jaecoo, Omoda, BYD ou encore Xpeng… Certains étaient bel et bien délimités, d’autres étaient côte à côte, vraiment. Comme Chery Jaecoo et Omodo. Et bien… je passais sur leurs stands, les traversais sans me rendre compte que je changeais de constructeurs. Les voitures se ressemblent. Je sais, c’est une rengaine qu’on entend depuis des lustres « les voitures d’aujourd’hui se ressemblent toutes » mais cet adage n’a jamais été plus vrai aujourd’hui à cause des normes de sécurité, notamment, et concernant les productions chinoises c’est d’autant plus réel qu’elles copient bien souvent les voitures qui se vendent. Alors, on copie on colle. Et l’intérieur, on en voit deux et on les a tous vus… C’est malheureux pour eux mais sur ce seul point de l’originalité, de la personnalité, les « vieux de la vieille » ont une immense avance. Une culture, une philosophie, une histoire.
Les Européens, en particulier, Stellantis et Renault en fait, ont bien compris cet avantage et ont décidé de s’inspirer de grands modèles de leurs passés pour le saupoudrer de futurisme. C’est le cas de la plupart des concepts-cars présentés au Mondial cette année que nous vous proposons de découvrir plus en détail à partir de ce lien.





Retour à la réalité en reprenant le cours de la déambulation. Non loin de chez Alpine, Dacia présentait deux modèles. Le Striker faisait sa première française. Et franchement, il a tout ce qu’on demande d’une voiture. Logeable, spacieux, agréable à regarder et un bel éventail d’équipements. Rien à redire. J’irai même jusqu’à dire que je me suis senti plus à mon aise dans le Striker que dans une production chinoise ! La Spring, présentée deux semaines auparavant, connaissait son premier bain de foule. Un petit coup d’œil, et on se demande où sont passés les 2000 € de différence entre Twingo et Spring… C’est bonnet blanc et blanc bonnet. Chez Hyundai, tout m’a plu ! Ou presque. J’étais d’abord attiré par la Ioniq 6 N, voiture que j’adore et qui ne m’a pas déçu. Puis, par Ioniq 3, berline compact à l’allure originale – elle me rappelle la Veloster – et qui place son conducteur très bas. Avec une motorisation électrique, c’est rare ! La finition est correcte, sans plus. Ils ont sans doute privilégié l’efficacité électrique à la finition, et je préfère ça !
En revanche, le Tucson que j’appréciais sur les photos, m’a un brin déçu en le voyant en vrai. Pas pour son allure mais pour les matériaux à bord. À ce prix-là, les plastiques ultra-durs m’ont refroidi. Pas de quoi gâcher la fête, son coffre est immense et l’accueil est généreux. Je me suis amusé à m’installer, souvent, aux places arrière des voitures électriques pensées pour la famille. Je vous propose donc une petite brochette de celles qui m’ont déçu. Mercedes-Benz Classe C, Volkswagen ID Polo, DS N°7, Lancia Delta, Audi A2… À cause de l’épaisse batterie, l’espace à l’arrière est réduit à peau de chagrin. On se retrouve à avoir les genoux pliés plus que de raison. En parlant de DS et Lancia, Gamma et N°7 ne diffèrent que de si peu de choses à bord… Il n’y a que les habillages du tableau de bord, quelques détails par-ci par-là, l’essentiel est identique.




En revanche, bonne surprise du côté de chez Volkswagen. L’ID Polo est une réussite stylistique incontestable, aussi charmante que la R5 ! Vraiment ! Et si elle déçoit un peu, elle accueille mieux que la française ses occupants arrière, et ce malgré une batterie de taille similaire. L’ID Cross, version SUV reposant sur la même plateforme, améliore chaque élément d’accueil de la Polo. Plus d’espace, plus de vie, plus de premium, c’est une bonne surprise ! Mieux encore, l’ID Tiguan annihile les manquements d’habitabilité de la plupart des concurrents. Volkswagen est bel et bien de retour avec une gamme véritablement intéressante ! Et sportive, avec sa griffe GTi. En bon passionné, je me suis installé au volant de l’ID Polo GTi et… en fermant la porte, je me suis senti comme dans un gros kart. Position de conduite extra, volant là où il faut, gabarit contenu, je voulais vraiment l’emmener faire un tour !
Côté passion, Lotus est venu avec sa gamme entière, soit l’Emira 420 Sport, l’Eletre X, l’Emeya et l’Evija. Forcément, ça attire. Mercedes-AMG est venu avec le CLA 45 de dernière génération – électrique – et son inédite GT 4 Portes – électrique aussi – belle de profil, moins de face. Alpine avait une A110 R Ultime peinte d’une teinte complexe au possible. Ford présentait une voiture de chaque discipline dans laquelle elle est engagée, et une Mustang GTD Carbon Series. Alfa Romeo avait une splendide 33 Stradale bicolore, une teinte qui lui donne un tout autre visage. Devalliet mettait l’automobile sportive française – et l’artisanat – à l’honneur avec ses petits roadsters. Une allée baptisée UnLimited alignait des supercars et supersportives de haut vol : Ferrari F80, SF90 XX Stradale, 296 Speciale Piloti, Bugatti Chiron, McLaren Senna LM, Lamborghini Aventador SV, Centenario Roadster, Mercedes SLR McLaren, Porsche 911 GT3 RS, Venturi 500 LM, et une JAS, un restomod de NSX dessiné en collaboration avec Pininfarina !







Non loin de là, Carl Composites présentait son œuvre après des semaines de teasing. La voilà ! Sur base d’Alpine A110, cet équipementier qui réalisait jusqu’ici les pièces en carbone de l’itération R a eu l’idée de pousser le vice plus loin encore. Carrosserie en fibre de carbone, moteur boosté, cure d’allègement et… un attirail aérodynamique à faire pâlir bien des supersportives. Une rivale de l’A110 R Ultime en quelques sortes, avec laquelle elle partage presque le tarif. Même si… cette voiture n’est pas encore prévue pour une série. Ils veulent d’abord prendre la température, savoir combien de clients seraient prêts à s’en procurer une. Les deux idées chiffrées font frémir : 400 chevaux et 1000 kg !
On pleure les absents ou on célèbre les présents ? Oui, j’aurais aimé voir l’iX5, l’i3, les Range Rover, le Bentley Torcal ou les dernières Aston. Mais je préfère voir le verre à moitié plein. Après cette visite sans regarder les prix des voitures, à m’intéresser à quasi toutes les gammes, formes et gabarits et origines, je repars assez serein. Oui, l’automobile européenne est mise à mal par l’industrie chinoise. Mais elle a des arguments à faire valoir, notamment un grand que l’on perçoit dès qu’on entre dans une production européenne : la passion.

