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Commençons par les concept cars. Opel anticipait ce salon en présentant quelques semaines auparavant sa Corsa GranTurimo GSE, une citadine absolument démente, surpuissante et évidemment virtuelle. Certes, une maquette était présente sur le stand de la marque aux côtés de l’inédit Mokka GSE, électrique et sportif. Autre citadine, MINI s’offre une collaboration avec la maison de mode DEUS EX MACHINA. Ensemble, ils ont réalisé deux modèles Cooper JCW uniques. The Skeg, électrique, s’inspire de l’univers du surf. Des panneaux de carrosserie sont conçus en fibre de verre translucide, plus léger de 15%. Le look y gagne en personnalité, bénéficiant d’un aileron arrière reprenant le dessin inférieur d’une planche de surf. The Machina, thermique, préfère tirer parti du sport automobile avec une évocation à l’avant du rallye, et à l’arrière de la piste goudronnée. Les deux modèles se débarrassent du superflus à l’intérieur.
Le constructeur sud-coréen Hyundai continue son raz de marée électrique en déclinant sa gamme Ioniq avec une nouvelle mouture dénommée Ioniq 3 Concept. Après les 5, 6 et 9, voici le 3, plus petit gabarit électrique que Hyundai s’apprête à nous proposer. La silhouette de compacte à hayon rappelle les i30, évidemment, jusqu’au moment où l’on tourne autour de la voiture et que le nombre de portières différent entre le côté gauche et le côté droit rappelle… la Veloster ! Elle ajoute à cette originalité d’ouvrants les idées de pixel, en jouant sa carte à fond. À l’arrière, à l’avant mais aussi à bord où l’écran classique est remplacé par plusieurs carrés, comme des pixels. En parallèle, Hyundai continue de développer la technologie de la pile à combustible à hydrogène…

Concept toujours, direction Volkswagen. Pas simplement le constructeur mais la Maison-Mère. À Munich, elle est venue les bras chargés de concept-cars et d’annonces.

Commençons par Audi. La firme aux quatre anneaux renoue avec la silhouette à deux portes, abandonnée depuis la fin de la production de la R8. Le Concept C préfigure un modèle qui devrait arriver tout prochainement, 100% électrique, et dont la place dans la gamme s’avère délicate : un remplaçant et du TT, et de la R8 et de l’A5. Quel boulot ! Et, ce n’est pas rien, fer de lance du nouveau design Audi. L’immense calandre Single Frame tant vantée et agrandie à chaque génération de nouvelle Audi revient à une dimension plus acceptable. Le constructeur évoque l’Auto Union Type C ou l’A6 de 2004, de notre côté nous y voyons une verticalité proche de la Série 4 de BMW… Les phares sont minces, les prises d’air bien visibles, la silhouette agréable mais qui semble dater un peu. Un signe d’intemporalité ? Ou de retard. Même chose à l’intérieur. Audi nous a habitué à de grands écrans disséminés partout, ici la simplicité règne avec un volant circulaire comportant des boutons physiques sur ses branches. Derrière, un premier écran, et au centre un autre de 10,4 pouces tactile. Simple, agréable, mais est-ce vraiment ce à quoi nous a habitué Audi ? Question délicate…
Restons en Allemagne et grimpons dans la gamme des SUV. Volkswagen traverse une crise difficile, ses modèles électriques si prometteurs sur le papier ne se vendent pas comme espéré. Le dirigeant annonce vouloir revenir à des modèles plus accessibles, en prévoyant le lancement de la future Polo électrique – ex ID.2 All – et sa version GTI, mais aussi de son SUV T-Cross 100% électrique, dont le constructeur nous montre un concept. Suivant la philosophie « Pure Positive » reposant sur les principes de stabilité et de sympathie réhaussé d’une once de sauce secrète (ce sont les propos du constructeur), l’ID Cross Concept ressemble en fait… à l’actuel T-Cross. Compact, mesurant 4,16m de long, il gagne en stature en diminuant – encore… – sa surface vitrée, et en dessinant une calandre moins épaisse qu’avant éclairée par deux optiques fines. Heureusement, les grosses jantes de 21 pouces ne seront pas sur le modèle de série. L’autonomie paraît cohérente pour le segment, plus de 400 km, tout comme la taille du coffre, 450 litres.


Mais, est-il plus séduisant que le futur Skoda Epiq ? Lui aussi devrait bientôt arriver sur nos routes, en début d’année prochaine normalement ! Et l’ambition est belle et aguicheuse : Skoda prévoit un tarif équivalent à son équivalent thermique le Kamiq, soit 25 000 € ! Le nombre de SUV urbain électrique sur le marché est déjà assez faible, mais à ce prix-là, ils sont carrément rares. Une autonomie prévue aux alentours des 425 km, un coffre plus vaste que celui du cousin Volkswagen, et le résultat risque d’intéresser de nombreux foyers !
Dans le même temps, Skoda imagine l’après SUV et continue de croire aux breaks. Elle compte déjà les Superb et Rapid dans sa gamme, et imagine le Vision 0, un concept car innovant et bien différent de la philosophie Modern Solid revendiquée par l’Epiq ! Ici, la technologie se voit dès la face avant dont les optiques sont de minces barres leds aux extrémités de la calandre iconique stylisée. Les parties noires cachent des volets actifs pour diriger le flux d’air dans et autour de la voiture. Le concept continue d’étonner sur la silhouette du profil avec un montant B (entre les deux portes) épais, des portières antagonistes ou encore par la large surface vitrée. Une grandeur qui augure une belle luminosité à bord ! L’arrière mérite qu’on l’évoque, reprenant les mêmes codes que l’avant tout en stylisant cette silhouette souvent fade.


Surtout, le Vision 0 veut montrer sa différence à bord. Avec ce concept, Skoda veut imaginer une voiture conçue dans l’économie circulaire, conçue à partir d’éléments recyclés et eux-mêmes recyclables, tout en proposant un environnement sobre à bord. Voilà pourquoi le tableau de bord est si pur. Les ingénieurs ont préféré utiliser un seul matériau pour la planche de bord pour faciliter le recyclage. Les appuie-têtes par exemple sont imprimés en 3D à partir de matériaux moins nocifs pour la planète. Évidemment, la technologie tient une belle place dans ce break du futur, de l’écran de 1,2 m de long à l’assistant IA qui peut opacifier les fenêtres à la demande, régler la musique et autres tâches tout à fait réalisables par l’homme. Enfin l’intérêt d’un break tient dans son habitabilité, les occupants devraient s’y sentir très bien vu l’espace, et dans l’espace de chargement, naviguant entre 650 et 1700 litres de coffre.
Concept toujours, Cupra dévoile un Tindaya résolument… conceptuel. Le credo du jeune constructeur a toujours été de proposer des véhicules différents par rapport aux autres marques du groupe Volkswagen, mais à ce point ?! Les lignes sont volontairement agressives, le regard est acéré. Cupra évoque comme une personnalité, un visage sur la face avant servie par une partie noire rappelant une bouche, et les optiques pour les yeux. Les grosses jantes, la silhouette fastback et les petites portières rendent difficile l’évaluation du gabarit. Musclé ? Oui, évidemment. Quels éléments verra-t-on sur les prochains modèles du constructeur ? Peut-être les optiques, le dessin interne. Mais la silhouette si suggestive, pour un modèle grand public, il y a peu de chances…


À l’inverse, les concept-car signés Porsche sont rares. Philosophie allemande oblige (?), le constructeur ne se vante jamais sans preuve. Alors, quand elle annonce une nouvelle solution pour recharger sa voiture à domicile, nous la croyons ! Enfin, nouvelle… il s’agit d’une plateforme à induction, de 117cm de long sur 78 de large et 6 de haut, au-dessus de laquelle il suffit de placer son véhicule (en l’occurrence, le futur Cayenne électrique encore camouflé) pour qu’il se recharge. Porsche s’est intéressée à cette technologie car environ 75% de ses clients d’électriques rechargent leurs voitures chez eux, en charge non rapide. Elle équivaut ici à une prise de courant de 11 kW. L’induction, BMW l’a aussi développé il y a quelques temps mais elle a abandonné, estimant que l’efficience n’était pas suffisante. Porsche clame une efficience de 90% ! Suffisant, non ?
Mais celle que nous attendions davantage encore sur le stand Porsche est celle que le constructeur nous a annoncé sur ses réseaux sociaux. Des prises d’air sur le côté, un aileron braqué à l’arrière… oui, une nouvelle 911 arrive ! Après la Carrera et la GTS, puis la Carrera S, T et la GT3, la gamme n’attendait plus que le renouvellement de la Turbo pour partager les mêmes habitacles. D’ailleurs, avant la Turbo c’est la Turbo S qui est ici présentée. Comme de bien entendu, elle gagne en puissance et en performances. Difficile à croire sur le papier quand on sait que la Turbo S fait déjà partie de ces missiles sur roues. Mais depuis la GTS, Porsche cache un as dans sa manche, des électrons dans sa PDK. Oui, la Turbo S devient hybride…


Passons du coq à l’âne et allons en Suède où les constructeurs se font rares… Là bas, il y a Volvo. Mais aussi Polestar. Le tout jeune constructeur spécialisé dans les voitures électriques premium et sportives ne rencontre pas (encore ?) le succès prévu à sa création. Pas de quoi (trop) décourager les têtes pensantes qui ont donné leur aval pour la commercialisation de leur première vraie berline de haut standing, la Polestar 5. Elle dérive purement et clairement du concept-car Precept de 2020, une silhouette de berline coupé longue et élégante. Depuis la fin de la production de la Polestar 1, confidentielle, le constructeur suédois a perdu son meilleur modèle d’image. Peut-être que ce numéro 5 peut jouer ce rôle…
Premium toujours, le constructeur à l’Étoile n’est pas venu les mains vides à Munich puisque, en plus des premiers bains de foule de son couple CLA berline et break, elle a présenté le nouveau GLC. Plus qu’un succès, le GLC est un best-seller pour Mercedes. Remplacer un succès est délicat. Il ne faut pas trop changer, sous peine de froisser les clients adeptes de la continuité, sans trop rester de marbre, sinon ils ne voient pas les différences avec la précédente mouture. Alors, que faire ? Changer. Car GLC oui, mais GLC électrique. Exit les noms EQ pour baptiser les véhicules électriques, désormais ils auront le même nom que leurs homologues thermiques. Encore des changements… Le GLC électrique se rue sur l’innovation à bord, la technologie à outrance, mais est-il suffisamment armé par rapport à son rival tout désigné ?


Oui, car dans le même salon, BMW a levé le voile sur le modèle le plus important de la décennie, le iX3. Qu’est-ce ? Le X3, en version électrique. Non, pas seulement. Il s’agit du premier modèle de la Neue Klasse, une nouvelle lignée de modèles de dernière génération développée par BMW reprenant le nom de celle de années 70. BMW revient ici aux bases : une surface vitrée importante, des lignes plus simples, moins alambiquées, une calandre plus étroite, et toujours une personnalité inimitable. Les révolutions esthétiques sont nombreuses, de la nouvelle signature lumineuse au redimensionnement du double-haricot, mais à bord aussi elles se bousculent. Tout comme dans sa partie technique. Si le GLC s’apparente à une petite révolution au sein du constructeur à l’Étoile, le iX3 est en réalité une grande révolution à tous points de vue.
Cocorico ! Chez nos voisins allemands, Renault présentait une nouvelle voiture. Encore ! Oui. Et il s’agit de la nouvelle Clio. La citadine championne des ventes en France – et pas que – réduit la durée de vie de la 5ème génération pour proposer une voiture plus cossue, plus haut de gamme, mais toujours Clio ? Alors qu’on pointait du doigt un style trop proche entre la Clio IV et la V, la nouvelle venue tranche radicalement d’avec les précédentes. La face avant est plus dynamique, le profil joue les coupés… La prise de risque est énorme, mais probablement mesurée. Dans la gamme, elle se place entre la R5 et la R4 en termes de dimensions. Mais à l’inverse de ces deux dernières, la nouvelle Clio dispose de moteurs thermiques.

