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Reportage

Opel Corsa

L’Opel Corsa n’est pas vraiment une nouveauté, loin de là, mais elle attire les projecteurs sur elle depuis peu grâce à un concept-car déluré.

Opel Corsa famille

Un peu plus de 40 ans depuis son lancement, la citadine d’Opel se renouvelle et séduit sa clientèle. La Corsa a toujours rencontré un succès, au moins d’estime, avec son public. Longtemps sous la tutelle du géant américain General Motors, leurs dernières Corsa se sont éloignées des attentes du Vieux Continent… Le poste de conduite haut, la silhouette peu élégante… Mais tout a changé à partir de 2017 quand le groupe PSA a repris le flambeau du duo européen Opel/Vauxhall, General Motors abandonnant ses deux seuls constructeurs alors présents de notre côté de l’Atlantique (le bon côté). Tout est à refaire ! Et la Corsa entame une nouvelle ère en 2019 lors de la présentation de sa 6ème génération.

Inédite ! L’Opel Corsa de l’ère PSA (futur Stellantis) ne ressemble pas à sa précédente itération, elle change tout. La carrosserie est moins agressive, semble plus basse, plus large, et les assemblages paraissent plus sérieux. Il faut au moins ça pour plaire à son public national… Car Opel, ne l’oublions pas, est un constructeur allemand, et que la rigueur germanique est loin d’être un fantasme. Les bons alignements font les bonnes voitures, qui elles attirent les bons clients. La Corsa affiche donc une carrosserie plus consensuelle peut-être mais aussi plus élégante et presque sensuelle. Les optiques circulaires internes procurent un regard doux tout comme la grande calandre. Évidemment, le profil peine à dissimuler les origines françaises de la Corsa : oui, elle repose sur la plateforme de la Peugeot 208. Rien de bien grave cela dit, la lionne est une réussite.

Opel Corsa e
Opel Corsa

À l’intérieur, à l’inverse de la française, les formes sont moins alambiquées. Encore une fois, l’ADN germanique oblige à une certaine retenue dans l’originalité. Comme le slogan d’Audi le précise « l’avance par la technologie », les constructeurs allemands préfèrent intégrer des innovations fiables et qui vont plaire et être utiles à tous plutôt que de tenter de réinventer la roue… On retrouve alors à bord un volant circulaire avec des boutons sur les deux branches horizontales, un écran d’information derrière de 7 pouces et un autre au centre, tactile, de 7 à 10 pouces en fonction du pack et des options. La planche de bord est assez sombre, tel est le cas pour la quasi totalité des voitures de ce segment, la quête de la baisse des dépenses conduisant à réduire les touches de couleurs, même s’il ne faut pas oublier la présence d’une barre séparant la planche du tableau de bord.

La Corsa nouvelle génération a droit à une perte colossale de poids, de l’ordre d’un quintal ! Preuve que GM cherchait surtout la facilité et pas l’efficience lorsque les ingénieurs concevaient leurs voitures… Et ce n’est pas tout, car en plus d’une perte de poids, Opel a travaillé la silhouette de la citadine en soufflerie pour lui faire atteindre, dans le meilleur des cas, un Cx de 0,28, que le constructeur s’empresse de préciser comme étant l’un des plus bas du segment. Chapeau ! Évidemment, PSA n’a pas seulement permis aux ingénieurs d’Opel de découvrir la rigueur de la mise au point « à l’européenne » ni seulement la plateforme de la 208 ; elle laisse aussi à disposition ses moteurs. Dont le fameux 1.2 PureTech de 75 à 130 chevaux. Ce dernier moteur est obligatoirement associé à la boîte automatique à 8 rapports, sans nul doute l’EAT 8 de Peugeot.

Opel Corsa Intérieur
Opel Corsa

Un moteur n’arrivant jamais seul (peut-être me trompe-je de formule…), la motorisation électrique de la 208 est proposé ici aussi. Ainsi, après la trop rare Ampera (hybride), voici la Corsa-e véritable citadine électrique dont les caractéristiques techniques sont identiques à la 208, embarquant la batterie de 50 kWh de la française et l’associant à un moteur électrique de 136 chevaux placé sur l’essieu avant. L’autonomie est promise à 330 km, tablons sur 300, une valeur déjà suffisante pour une citadine. En 2023, la Corsa connut le traditionnel restylage de mi-carrière. Pour lui permettre de prolonger sa durée de vie avant sa retraite prévue pour les environs de 2027, la Corsa change un peu tout, mais pas touches. La face avant se débarrasse de ce bouclier à deux entrées d’air l’une au-dessus de l’autre pour une seule, en bas, et une calandre noire inspirée du concept car Vizor reliant les deux phares. La face avant gagne encore en personnalité grâce au nouveau dessin interne des optiques, plus expressif.

Le restylage a conduit à simplifier la gamme. Non pas des moteurs, ils s’accompagnent d’ailleurs de nouvelles motorisations micro-hybrides et d’un nouveau moteur électrique de 156 chevaux en plus du 136, mais des finitions. Alors qu’entre la Corsa et la finition GS il y avait deux niveaux complémentaires, désormais il n’y a plus que Corsa et GS. Le choix est rapide ! Ou pas, car il reste les choix de peintures (dont la teinte inédite Gris Grafik), de jantes (nouveau catalogue pour l’occasion), et de packs entre le Techno, le Confort et l’Infotainment, ce dernier n’étant disponible qu’en complément de la finition GS. Une question intéressante subsiste : est-ce que ça fonctionne ? En regardant les chiffres de ventes, on pourrait statuer plutôt rapidement sur un oui. Depuis son lancement, la Corsa conserve sa place au milieu du tableau des 10 meilleures ventes en Allemagne avec environ 50 000 ventes par an. Car, à la différence des Français qui aiment acheter des citadines françaises (Clio et 208 s’affrontent toujours pour la première place), les Allemands préfèrent des gabarits plus imposants, la Golf conserve la tête du classement outre-Rhin !

Opel Corsa

À la différence de Peugeot, qui relance le badge GTi, ou d’Alfa Romeo, avec le Quadrifolio, ou encore d’Abarth pour Fiat et de HF pour Lancia, Opel n’a pas de vrai modèle sportif dans sa gamme, alors même qu’elle en a déjà un badge, le fameux GS.

Opel Gran Turismo

Et, non, ce concept ci-contre ne verra pas le jour. Il s’agit d’une étude de style d’un prototype pensé pour le jeu Gran Turismo 7. Comme la Renault 5 Turbo 3E, il s’agit d’un modèle 100% électrique et… 100% déluré. Sauf que, dans le monde virtuel, les crashtests n’existent pas. De ce fait, la Corsa GSE Vision Gran Turismo peut se targuer d’annoncer des chiffres totalement ubuesques pour affoler les compteurs : puissance, 800 chevaux ; couple 800 Nm ; 0 à 100 km/h en 2 secondes, un moteur électrique pour chaque essieu et un poids de seulement 1170 kg. Les joies d’un monde virtuel : tout ce qui n’est pas impossible, ne l’est pas ! Pour l’homme à la tête d’Opel, ce concept est « une interprétation dynamique de la Corsa ». Dynamique ? Au moins cela. Plus basse, plus large, plus agressive, elle revendique une puissance 4 à 5 fois supérieure pour un poids bien inférieur par rapport à sa base « technique » Corsa E.

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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