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Renault Rafale Esprit Alpine

Et si le Rafale, fleuron de la gamme Renault, permettait à la marque française de revenir sur le devant de la scène du haut de gamme automobile ? Et s’il faisait la blague ?

Renault Rafale E-Tech

Croyez-moi : le Rafale est une bonne surprise. Dans la gamme, il prend le flambeau abandonné par le grand SUV Koleos, boudé par le public tant dans sa première que dans sa dernière génération. Cette place est celle du haut de gamme au Losange, le Koleos la trustait sous la forme d’un SUV, très en vogue en son temps. Et comme la mode actuelle est aux SUV coupés, pourquoi ne pas s’y engouffrer ? Le Rafale, qui tire son nom du Caudron Rafale, avion que Renault a motorisé en 1934, espère attirer la clientèle des marques allemandes en inclinant sa poupe et en apparaissant plus haut de gamme que les autres modèles de la marque. Précisons d’ailleurs qu’il s’agit du premier modèle dessiné entièrement par Gilles Vidal, l’ancien responsable du design de Peugeot, depuis son arrivée en 2020 au siège de Renault. On sent immédiatement sa touche dès le premier regard de par les lignes acérées de la voiture. La signature lumineuse en demi-losange élargit visuellement le Rafale, quand les phares amincis l’abaissent. Au centre, la calandre joue avec la lumière et les couleurs et nous avec elles. Celle-ci est composée de dizaines et dizaines de losange noirs posés sur un fond bleu. Sur le papier, rien de bien intéressant. En réalité, la calandre ressort bel et bien en faisant ressortir les losanges en fonction de l’angle de vision. Il faut le voir pour l’apprécier pleinement.

Tout comme à la conduite. Dans un premier temps, je ne m’attendais à rien de plus qu’un Austral amélioré, un peu plus dynamique évidemment, pour convenir et à son patronyme et à son positionnement dans la gamme. Et la surprise s’apprécie d’autant plus. Immédiatement, l’environnement déjà connu rassure. Malgré son tarif copieux, l’intérieur se calque sur les modèles du segment C. Autrement dit, on retrouve la double tablette OpenR Link en forme de L inversé fonctionnant – très bien – avec le système d’exploitation Google. Plus bas, un emplacement avec charge à induction pour le téléphone et des rangements divers et variés au centre. Pour se différencier du reste de la gamme, le Rafale raffole de détails changeant la donne. Le volant au dessin identique à celui initié sur la Megane E-Tech arbore d’élégantes surpiqûres tricolores. Les sièges sont inédits. Ils utilisent de l’alcantara recyclé à 61% ! Un point de plus en plus important pour les acheteurs… ou pour l’image de la marque plutôt. À l’arrière, l’accoudoir central Ingenius porte bien son nom. Il est large et accueille très bien les coudes, des documents et des appareils électroniques. Le clou du spectacle se trouve en hauteur : le toit Solarbay avec technologie Amplisky. Sur le toit ou par la voix, il est possible de gérer l’opacification de la vitre, allant de totalement opaque à transparent. Les deux rangées peuvent être opacifiées indépendamment.

Renault Rafale E-Tech
Renault Rafale E-Tech Ingenius

Cela permet donc de laisser plus ou moins de soleil rentrer à l’intérieur de la voiture. Lors de cet essai, la température a fortement grimpé – il m’était même difficile d’empoigner le volant… – aussi le toit s’est vite opacifié… à ma demande, évidemment. Une fois pris mon courage, et le volant, à deux mains, je prends la route pour rejoindre des axes pour lesquels le Rafale est conçu. Mais dès les premiers mètres, le SUV appelle à plus de nervosité. Les lignes droites, il va s’y ennuyer. Alors, pourquoi pas des virages ? Les quelques carrefours giratoires croisés laissent présager un réel plaisir dans les tournants plus importants. Et plus larges. Ça promet ! Avant d’oublier, une pause photo s’impose. En sortant de cette séance souhaitée la plus courte possible pour découvrir de quel bois se chauffe ce Rafale, une ligne droite déserte se dessine, idéale pour savoir comment galopent les 200 chevaux du SUV. Lesquels ne sont pas issus ni d’un 6 cylindres, ni même d’un simple 4 pattes, mais de la combinaison de deux énergies. Utilisant la technologie Full Hybrid E-Tech de la marque, le Rafale utilise un 3 cylindres 1.2 L de 130 chevaux associé à une batterie de 2 kWh reliée à un moteur électrique de 70 chevaux. Additionnez ces deux puissances, et vous obtenez 200 équidés sur les seules roues avant. Une traction ne sera jamais une reine des drag race, mais le Rafale s’en sort plutôt bien malgré le couple conséquent de 205 Nm pour chaque moteur. Surtout, par rapport aux E-Tech 145, la boîte semble bien plus rapide et n’hésite plus autant qu’avant lors des passages… Quel bonheur ! 

Plutôt prometteur pour la suite du trajet ! Ça tombe bien, en face du rond-point, quelques tournants se dessinent. Ceux-là même qu’il y a quelques mois, nous avons arpentés avec la Volkswagen Polo GTI. Et, croyez moi, j’ai été davantage surpris par le Rafale que par la Polo. Même en mode Confort, les 200 chevaux galopent vite vers l’avant, atteignant des vitesses bien souvent supérieures à la limitation en vigueur… Le premier virage se négocie très facilement. Trop même, à croire qu’il ne s’agit pas d’un SUV… mais d’une berline ! N’exagérons rien, un – très – léger roulis se ressent, mais le Rafale tourne si vite, si fort, si bien qu’il en devient vif. Si ce n’est pas sportif, c’est bel et bien dynamique. Le SUV utilise la technologie 4 Control dans une version encore améliorée par rapport à l’Austral et à l’Espace, souhaités plus polyvalents que performants. Dans les virages négociés sous la barre des 50 km/h, le train arrière oriente ses roues jusqu’à 5° dans le sens inverse des roues avant. Résultat, le Rafale semble pivoter. Point de corde dépassé, on laisse la puissance s’exprimer mais pas trop longtemps, la route n’étant pas très large, et avec une envie en tête : tester le même enchaînement en utilisant le mode Sport. Dans un premier temps, il faut faire demi-tour. Et la quête d’une route suffisamment large pour le réaliser en toute sécurité demande quelques hectomètres supplémentaires et un petit tour en centre-ville. Juste de quoi découvrir le Rafale dans un environnement destiné à ses petits frères.

Renault Rafale E-Tech
Renault Rafale E-Tech

Sans surprise, et sans nous déplaire, le Rafale se révèle le plus ferme de la famille Renault, sans être inconfortable. Merci aux sièges confortables dotés d’un très bon maintien latéral pour le segment. Il ne se plaît pas tant en ville, tant les vitesses atteintes en une légère flexion du pied droit paraissent invraisemblables. Le mode Eco limite la puissance et permet de diminuer les excès de vitesse. À l’inverse, le mode Sport réveille toute l’écurie et intensifie les réponses des trains directeurs. Un petit tour vers les virages. Tout est plus vif encore. Ai-je vraiment pris du plaisir ? J’ai plutôt été agréablement surpris et impressionné par la maîtrise de la voiture en virage, la rigueur du châssis. Attention, il n’est pas parfait non plus, le train moteur semble parfois un peu dépassé par les événements (d’où le rôle primordial des roues arrière directrices). À tel point que je me demande s’il est bien nécessaire de mettre 300 chevaux dans un tel véhicule… Il est plutôt agréable à mener, et vraiment surprenant de voir un tel comportement pour un tel gabarit… Preuve, s’il en fallait encore une, que les marques françaises savent concevoir de bonnes voitures !

Avant de rendre la carte nécessaire pour démarrer la voiture, l’écran central affiche deux scores : sécurité et éco-conduite. Autant sur le premier je m’en sors bien, avec plus de 75/100, autant le second… Avec une évaluation à 34/100, la moyenne n’est pas là. Mais le Rafale ne me demandait que rarement de baisser mon rythme. Il n’y a guère bien que les aides à la conduite qui m’y incitaient… Heureusement, elles se désactivent facilement.

Un grand merci à Julien Lamouraux de la concession Renault Luçon – Jean Rouyer Automobiles pour nous avoir permis de prendre en mains ce Renault Rafale.

Renault Rafale E-Tech
Renault Rafale E-Tech
Renault Rafale E-Tech
Renault Rafale E-Tech

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

2 réponses sur « Renault Rafale Esprit Alpine »

Moi je suis content de ce SUV super voiture Renault a fait fort ça conduite gracieusement comme une berline et ce n’est pas une berline c’est Renault c’est pas une voiture allemande mais il s’en approche quand même à mon avis il a un look d’enfer quand même

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