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Reportage

La multiplication des GTI électriques

Il fut un temps ancien où les plus grands constructeurs vendaient des petites voitures énervées, rapides comme l’éclair et frêles comme une guêpe, bruyante comme un bourdon, accessible au plus grand nombre. Les temps ont changé… et reprennent doucement.

Hyundai i20 N

Les constructeurs argumentent l’interruption des ventes de ces petites GTI par une baisse de la demande. Les jeunes veulent-ils encore des petites voitures de sport ? Il est vrai que les mentalités ont changé, influencées peut-être par la montée des considérations écologiques… Je me souviens avoir lu qu’un constructeur résumait la demande des jeunes à de la connectivité à bord, pas de la sportivité. Plus conventionnel, mieux vu par la population… Alors, on arrête, petit à petit, ces sportives attachantes devenues, il est vrai, assez onéreuses avec le temps. Mais aujourd’hui, on se rend compte que le prix d’une Clio hybride, pour ne citer qu’elle, avoisine celui d’une IV R.S. ! Et comme elle, elle se vend, on se dit que les constructeurs avaient peut-être un peu raison… Mais il ne faut pas se leurrer, il y a aussi une volonté politique de vouloir baisser les consommations, les rejets de CO2, et ces modèles à faible volume et rentabilité perdaient en attractivité pour les constructeurs… Alors, on les arrête.

Avec l’électrification, les équipes d’ingénieurs trouvent l’immédiateté de la puissance amusante, même avec une faible puissance. Ne faudrait-il pas, dès lors, en extrapoler des versions sportives ?

Chez FIAT, on y a pensé dès 2020 avec le lancement de la nouvelle 500 électrique. L’idée était d’en décliner une version griffée du Scorpion d’Abarth. L’ex-préparateur spécialisé dans les échappements ultra-sonores, les carrosseries délurées, les performances dantesques va imposer sa vision dans la citadine. Il faut signaler que la précédente Abarth 500, la 595, était l’une des sportives les moins efficaces, les moins plaisantes qu’on aie connues ! Que va donner cette nouvelle Abarth ? Même chose, mais avec des ajustements. Déjà, la puissance n’est pas extraordinaire, 155 chevaux soit 40 de plus que la plus puissante siglée FIAT. La rigueur n’est pas sa spécialité, et ses capacités routières n’impressionnent pas non plus. Quant à sa façon d’électrifier la vie de son propriétaire… Sa batterie de faible capacité, 42,2 kWh brute, accuse le poids des années. Elle ne peut espérer parcourir plus de 250 km, même avec le pied léger.

Abarth 500e
MINI Cooper JCWe

La première tentative d’électrification ne donne pas entière satisfaction donc. Mais la suite pourrait améliorer la donne. MINI met les petits plats dans les grands avec sa nouvelle génération de son inénarrable Cooper en 2024. Suivant la vision de BMW d’alors, les électriques et les thermiques ne doivent se distinguer que par de petites touches (le dessin du capot saute aux yeux !). Avec la version JCWe, la Cooper électrique passe de 218 à 258 chevaux. Les MINI ont toujours été particulièrement vives, vivantes presque, et la JCW ne déroge pas à la règle mais elle tempère les ardeurs par son poids, éternelle bête noire des MINI d’aujourd’hui encore accentué par l’électrification. Plus de 1600 kg pour cette jolie citadine, c’est 300 de plus que son équivalent thermique ! Elle se distingue de la FIAT par une position de conduite plus agréable, un centre de gravité bas et une meilleure autonomie.

Cela dit, l’autonomie dans toutes les voitures ici présentées restera le point négatif. Chaque accélération fait perdre en temps réel de précieux pourcentages de batterie. Il faut le voir pour le croire, ça part très vite ! Mais cela n’empêche pas le plaisir derrière le volant. Ce dernier est simplement… différent. L’absence de bruit étonne mais il fascine aussi. Les deux premières tentatives ne sont pas probantes à 100%… Espérons que les suivantes…

La charge vient à Alpine qui promet de grandes choses et qui doit assurer : son avenir sera électrique ou ne sera pas. La base technique est reprise de l’excellente Renault 5 E-Tech, qui nous a déjà surpris par sa mise au point dynamique, sa vivacité, son entrain, sa personnalité globale. Nous n’avions pas pointé du doigt un manque de puissance dans la version la plus haute, 150 chevaux. Pourtant, certains clients ont préféré se tourner vers Alpine qui propose depuis l’été 2024 l’A290. Quatre versions, deux puissances – 180 et 220 chevaux – et une masse surveillée. La citadine française pourrait être celle qu’on attendait ! Celle dont on rêvait ! Tout juste un peu moins de 1500 kg, 220 chevaux et surtout une mise au point aux petits oignons. Rigoureuse, sportive, vive, efficace mais aussi plaisante et jolie, elle a tout pour elle ! Sauf un tarif accessible… Si proche du but !

Alpine A290 GTS avant

En parallèle, Stellantis espère coiffer au poteau ses rivaux et envisage purement et simplement de relancer les badges sportifs de la quasi-totalité de ses marques. Lancia ré-utilise les lettres HF ; Peugeot ressort le GTI et récemment Opel inaugure GSE, Grand Sport Electric. Tout un programme ! Les mêmes ingrédients sont utilisés dans les trois citadines Corsa, 208 et Ypsilon à savoir une batterie de 54 kWh brute, des suspensions spécifiques, une direction revue, une puissance de 280 chevaux pour un couple de 345 Nm essuyant le 0 à 100 km/h en 5,5 secondes dans l’Allemande, 5,6 pour la Française et 5,7 pour l’Italienne. Pour arrêter ces bêtes, le sort est confié aux freins Alcon à 4 pistons. Torsen fournit son différentiel autobloquant et Michelin ses PS4S de 215 mm de large. Quant aux styles, plus affirmés, plus sportifs, mais pas révolutionnaires. On sent que, dessous, ce sont toutes les mêmes… Pour l’instant, il n’y a pas eu de confrontation directe entre les deux rivales Françaises, mais nous avons hâte de la voir !

Sur le domaine des accélérations, l’Alpine ne pourra tenir la distance, elle qui demande plus d’une seconde de rab pour le 0 à 100 km/h, mais en virage… tout reste à jouer ! Un temps, il se murmurait qu’Alpine prévoyait d’ajouter un moteur sur l’essieu arrière de son A290 pour la transformer en une quatre roues motrices ultra-rapide !

Nous n’en sommes pas là. Et son rival le plus tenace risque de venir de l’autre-côté du Rhin : l’Allemagne. Éternelle rivale. Volkswagen veut surfer sur la mode des renaissances des modèles d’antan et copie Renault : la future Polo ressemblera à la première du nom, comme la R5 E-Tech et son aïeule. Soit ! Et aux 24 Heures du Nürburgring, Volkswagen a dévoilé sa citadine électrique sportive, ID Polo GTI. Avouez, elle donne envie ! Comme l’Alpine, sa puissance est raisonnable, 226 chevaux et 290 Nm de couple, 0 à 100 km/h en 6,8 secondes. Comme elle, elle compte sur son look et sur sa mise au point. Elle y ajoute un aspect non négligeable, l’habitabilité. L’Alpine admet un coffre de 326 litres, la VW annonce 441. Même les pneus sont, comme l’A290, spécifiques à la Polo GTI. Cette fois, comme Stellantis, VW compte bien faire profiter de ces trouvailles à tout son groupe : la Cupra Raval, clone de l’ID Polo, dispose des mêmes caractéristiques techniques dans sa version VZ.

Volkswagen ID. Polo GTI

Il y a 15 ans, l’électrique n’était pas sexy, ni même très intéressante. Regardez une Peugeot Ion, une Renault Zoe ou une Nissan Leaf. Elles n’étaient ni élégantes, ni performantes, ni franchement polyvalente. Maintenant que la technologie est mûre, on peut s’amuser avec. Je ne parle pas seulement de l’accélération en ligne droite, assez puérile, mais bien de performances en virage qui dessinent des sourires sur les visages. On n’aurait pas cru à ces résultats il y a ne serait-ce que 5 ans. Alors, si celles-ci ne vous conviennent pas (encore), pensez que d’ici quelques mois, il pourrait y en avoir à votre convenance.

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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