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Reportage

Lamborghini a 63 ans

Ça parait un âge balancé comme ça, un chiffre d’apparence classique. Mais pour Lamborghini, le 63 est un chiffre-clé, celui de sa naissance. En 1963, Ferruccio présentait sa première voiture. Et tout a changé depuis…

Lamborghini

Pensait-il qu’il allait à ce point avoir une influence sur le monde automobile ? Difficile à dire… Comme la phrase célèbre du nez de Cléopâtre, s’il avait été plus court… C’est ce qu’on appelle communément l’effet papillon, Lamborghini a, il faut le reconnaître, influencé son petit monde de bien des manières. La 350 GT, sa première voiture, a impressionné par la qualité de son exécution. La Miura a été comme un feuilleton. D’abord, Lamborghini a présenté le châssis, nu, de la voiture avant d’en délivrer tous les détails et la forme de sa carrosserie, immédiatement reconnaissable. Après la pureté des courbes de la Miura, Lambo a choqué le monde avec la Countach et ses lignes tendues, son étrange compacité et sa faible hauteur. C’est elle qui va définir le style Lamborghini, des traits musclés, un pare-brise presque horizontal, un regard acéré, des lignes agressives. 8 ans après sa création, le constructeur au Taureau a dévoilé son chef d’œuvre absolu. Comment en prendre la succession ? 

Le constructeur y répond par la Diablo qui restera jusqu’en 2003 sur le marché, non sans évoluer et sans avoir presque été renouvelée au milieu des années 90… Le rachat du Taureau par Volkswagen via Audi a permis de concevoir le meilleur des deux mondes : la passion italienne associée à la rigueur allemande. Et la fin du Bizzarrini, le début du L539, le début et la fin du V10… C’est toute cette histoire, et ses autres tentatives d’ouverture de nouveaux marchés auxiliaires – Jalpa, Urracco, Espada entre autres – que Lamborghini a célébré le week-end dernier sur le circuit d’Imola. Un choix ironique quand on y pense : le véritable nom du circuit étant Autodromo Enzo e Dino Ferrari !

Lamborghini Miura
Lamborghini V12

450 voitures siglées du Taureau enragé étaient présentes et des centaines de spectateurs et de journalistes triés sur le volet. Pour les 60 ans de la Miura, plus d’une vingtaine de cette ancêtre, de cette icône absolue représentait le point de départ de cette histoire. Même si parler argent dans ce genre de moment glorieux et émouvant est mal venu, sachez qu’une Miura côte à partir de 1,4 – 1,5 millions d’euros pour une « classique ». Ajoutez les lettres SV et la somme s’envole… Longévité oblige, le fameux V12 Bizzarrini a été fortement représenté, lui qui a commencé sa carrière en 1963 dans la 350 GT, en 3,5 litres, pour la terminer en 2009 dans la Reventon, à 6,5 litres.

Que d’évolution en 63 ans ! Non seulement dans les performances mais aussi dans les philosophies des voitures et même du constructeur. Lorsqu’il a fondé sa marque, Ferruccio refusait d’engager ses bolides en compétition, un refus catégorique qui s’explique par un accident dont il a été victime alors qu’il conduisait lui-même. Avec les changements de direction successifs, nous avons eu la chance de pouvoir entendre et voir des Murcielago en catégorie GT1, ou plus récemment les Huracan en LMGT3 en WEC. En 2009, Lamborghini lançait le Super Trofeo, un championnat mono-voiture où les pilotes s’affrontent à bord des bolides maisons, à l’époque des Gallardo. Ces dernières années, c’était évidemment des Huracan, dont la dernière évolution Super Trofeo Evo2 connaît son ultime saison en cette année 2026. À Imola, elle a roulé, pour le plaisir, aux côtés de la relève, la Temerario Super Trofeo.

Lamborghini Temerario Super Trofeo
Lamborghini Essenza SCV12

Du V10 au V8, on a perdu au change… Mais qu’importe, le plaisir du pilotage prime sur l’auditif des spectateurs. Ces derniers, sur le tracé de l’Emilie-Romagne, ont pu profiter des vocalises d’un autre bloc, le V12 de l’Essenza SCV12. Ou quand la Squadra Corse s’inspire de Ferrari et de son programme XX pour dévergonder son monstre le plus impressionnant. Base d’Aventador mais carrosserie propre, un exercice de style et d’aérodynamique exceptionnel. Et volubile. Aux côtés de la gamme classique, de route, 100% hybride du constructeur étaient garés deux concept-car, la Terzo Millennio et le Manifesto, explorant l’un et l’autre des voies totalement différentes. Le premier se faufile dans un trou de l’espace-temps pour voir dans le futur et tenter d’imaginer à quoi ressemblerait une voiture de sport du prochain millénaire. Le second est un exercice de style projetant un futur plus proche, celui de la génération actuelle et tout juste prochaine de la gamme Lamborghini. L’originalité de la Terzo n’est pas approchée.

Lamborghini Terzo Millenio
Lamborghini Terzo Millennio
Lamborghini Manifesto
Lamborghini Manifesto

Lamborghini est l’un des rares constructeurs de voitures de luxe qui continue de présenter des concept-car, alors même qu’il a été l’un des premiers à explorer son futur avec ses éditions limitées. Je m’explique. La Reventon servait de lien stylistique entre la Murcielago et l’Aventador. La Centenario ouvrait sur l’actuelle Revuelto. La Veneno explorait un possible travail aérodynamique ultra-poussé pour ce qui deviendra la SVJ. Et aujourd’hui, la représentante de cette lignée extra-ordinaire s’appelle Fenomeno. Si elle doit explorer le futur du design et des technologies de la gamme Lamborghini, nous ne serions donc pas étonnés de voir apparaitre bientôt la technologie 6D, sorte d’ordinateur ultra-performant fonctionnant sur trois axes optimisant la puissance envoyée sur chaque roue et la force de freinage, ou bien des carrosseries encore plus longues, plus élancées.

Lamborghini Fenomeno
Lamborghini Fenomeno Roadster

Ou bien, tout simplement, des roadsters ! Car depuis la fin de la production de l’Huracan, il n’y a plus de Lamborghini dépourvues de toit dans la gamme ! Mais c’était avant ce week-end et cette présentation en grande pompe de sa Fenomeno Roadster. Les nouveautés ne sont pas à espérer d’un point de vue technique ou technologique, c’est blanc bonnet bonnet blanc avec le coupé. En revanche, l’ablation du toit et la nécessité d’en avoir un « de secours » a conduit les équipes du constructeur à redessiner la partie arrière. La prise d’air NACA n’est pas conservée, mais en remplacement on perçoit plusieurs ouïes sur cette partie. Le semblant de capot est lui aussi parsemé d’ouvertures différentes du coupé. Et le profil… sans le toit… ajoute encore au caractère de la voiture. 15 unités seulement, c’est suffisant pour rêver, non ?

Lamborghini Fenomeno Roadster
Lamborghini Fenomeno Roadster

Ce n’est que le début d’un anniversaire qui va continuer d’être célébré tout au long de l’année. Lamborghini vient d’annoncer une édition limitée à 63 unités de Revuelto destinées au marché américain dont la spécificité ne sera qu’esthétique : des bandes sur la carrosserie, entre autres. À voir ce que l’avenir nous réserve ! 

Lamborghini Revuelto NA63

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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