Vous pouvez nous soutenir ici si vous aimez ce que vous lisez.

Depuis quelques semaines déjà, RM Sotheby’s dévoile au compte-goutte les prochaines voitures qui seront mises aux enchères pendant trois jours à la Monterey Car Week. Le clou du spectacle ? La McLaren F1 GTR Pop Art, l’une des deux voitures arborant cette configuration technique et pour la première fois, cet exemplaire est mis aux enchères. Estimation : environ 35 000 000 de dollars. On verra plus tard ce qu’il en est. Le reste du catalogue vaut le détour, lui qui dénombre pas moins de 199 lots dont de véritables raretés à ne pas rater.
Puis, plus récemment, une semaine avant ce rendez-vous de 7 jours ou presque, deux constructeurs dévoilent des voitures extraordinaires qu’on aimerait voir dans notre garage… à condition d’en avoir un, de garage, et d’en avoir… les moyens. D’abord, Bugatti nous a sidéré avec cet exemplaire de Bolide recarrossé comme une diva racée et sublime. Comme à la bonne époque des carrossiers qui concoctaient des robes sur-mesure pour les châssis d’autrefois, Destrier (troisième modèle du programme Solitaire du constructeur de Molsheim) maquille avec élégance ses dessous radicaux. Quant à Hennessey, après avoir livré sa Venom F5 M Roadster à Goodwood, elle présentait en amont de cette semaine sa prochaine supercar, la Blackbird. Ultra-exclusive et onéreuse, elle inaugure surtout un nouveau crédo pour Hennessey : le plaisir de conduite et plus la vitesse absolue ! Une première.






Hennessey n’est pas le seul constructeur à présenter un modèle sur ce segment : McLaren s’y prépare. Le constructeur britannique qui nous a habitué ces dernières années aux performances à outrance, aux temps au tour les plus rapides, va bientôt ouvrir une nouvelle gamme destinée davantage au plaisir de conduire d’ici 2028. Pour témoigner cette envie, le constructeur de Woking nous cachait un projet de longue haleine : la McL 6GT. Une évocation plus qu’un hommage véritable ou qu’un néo-rétro de la M6 GT de 1969 se dissimule dans cette carrosserie audacieuse et convenue à la fois. On apprécie la douceur des lignes, la non-radicalité, la simplicité en même temps qu’on déplore le manque d’originalité globale. Mais ce n’est qu’un concept ! Et son style est si éloigné de ce à quoi McLaren nous a habitué que nous y adhérons sans grand-peine ! Surtout qu’à l’intérieur, une élégante – et vraie ! – boîte de vitesses manuelle permet de jouer avec le moteur ! Ça promet !



Poursuivons dans le registre du plaisir de conduite avant tout pour nous pencher sur la dernière œuvre de GMA, ou plutôt GM SV. Elle s’appelle S1. Comme… celle de l’année dernière, sans le LM ? Vous avez tout compris ! À moins que GM SV (il faut s’y faire) nous cache quelque chose… Celle de l’année dernière a tant plu que ce succès a conduit l’artisan à penser une nouvelle version, la S1. Sa proposition est plus routière, infiniment moins radicale que la S1 LM. Limitée à 64 unités (comme le nombre de McLaren F1 originale de route) elle reçoit un nouveau traitement pour son châssis, une garde au sol réhaussée de 10 mm et une carrosserie entièrement – entièrement ! – nouvelle. À l’arrière, un aileron actif singe la F1 originale, de la plus belle des manières. Sous le capot arrière, on retrouve le V12 dans la configuration de la S1 LM : 4,2 litres, 690 chevaux, boîte manuelle et un bonheur absolu en haut du compte-tours ! Elle est somptueuse…




Restons dans l’élitisme avec un retour audacieux et auquel on peine à croire vraiment mais qu’on salue tout de même. Cette renaissance, c’est celle de Spyker. Vous ne connaissez pas ? Ce n’est pas grave. Le grand public ne connaît pas ce petit constructeur mais en Hollande, il a connu ses heures de gloire au tout début du siècle dernier avant de disparaître avant la Seconde Guerre mondiale et de revenir sur le devant de la scène au début du Nouveau Millénaire, à peu près en même temps que Pagani et Koenigsegg. Son apparence sportive et raffinée, le soin apporté aux détails de finition, au dessin de tous les éléments de l’habitacle la rapproche du style art déco et donc de la philosophie de Pagani. Spyker a fait faillite dans la précédente décennie, mais elle revient de nos jours avec quasiment la même voiture… On vous en parle plus en détail ici.
La radicalité et le souvenir du passé, deux constructeurs cultivent cette nostalgie et cette sportivité avec deux noms tirés de leurs histoires respectives. Deux marques qui naviguent dans des hautes sphères. D’une part, Lamborghini affute sa Revuelto en lui offrant une itération SV plus acérée, plus puissante, plus énervée et forcément bien plus onéreuse. À la clef, des performances de haut vol et un look d’enfer (à découvrir plus en détail ici). D’autre part, Koenigsegg se rappelle au souvenir de la réglementation GT1 du Mans, qu’un temps elle pensait pouvoir intégrer mais lorsqu’elle a commencé le développement de sa CCGT, les règles ont changé… Dommage. La CCGT existe en un seul exemplaire, il y aura 69 unités de plus de cette CCGT1 ébouriffante ! (À découvrir plus en détail ici)



Il y a trois ans nous découvrions un restomod sur base de Lamborghini Diablo, l’Eccentrica V12. Après en avoir décliné une version encore plus extrême dotée d’une carrosserie toute en fibres de carbone, la nouvelle venue se débarrasse de son toit ! Pour combler le manque de rigidité, la fibre de carbone est employée à outrance, 3500 composants sont inédits juste pour elle. Plutôt intéressante ! Toujours dans l’amélioration de modèles d’antan, nous avons eu droit à une Gunther Werks extraordinaire que le préparateur présente comme la plus performante de ses modèles atmosphériques. Son nom est barbare, GXR-Evo, tout comme sa fiche technique ! En porte-à-faux arrière, le flat-6 atmo de 4 litres est entièrement revu pour développer 455 chevaux et grimper à environ 9 000 tours/minute ! Le rêve… à déguster en boîte manuelle. Un peu moins de 1100 kg, un rapport poids/puissance extraordinaire et un look d’enfer pour cette 993 qui n’a plus rien de la sage 911 d’antan…




Restons chez Porsche avec un autre préparateur, Singer, qui a signé une collaboration avec Louis Vuitton. Le storytelling du communiqué explique que l’origine vient de la commande d’un client de Singer qui souhaitait une montre de LVMH et que de cette association est née l’envie de réaliser deux modèles, un coupé et un cabriolet, à l’intérieur soigné par LV ainsi qu’avec une galerie de bagages signée des deux lettres françaises. Quant à la maison-mère Porsche, elle n’en finit pas de dire adieu à la 991 ! En particulier à la GT2 RS. Un client a souhaité en avoir une tout à fait particulière, inspirée du passé en compétition de Porsche, des quelques exemplaires de la Turbo flatnose déclinée de l’idée de la 935. Le résultat s’appelle GT2 RS Flachbau. La commande ne s’arrête pas là puisqu’en plus d’un capot plat et incliné, l’aileron est inédit, inspiré de celui de l’incroyable GT3 R Rennsport, et la carrosserie agrémentée de quelques éléments Manthey Racing nous font totalement adhérer au projet. Sans compter qu’elle réussit à perdre – encore ! – du poids : -31,6 kg.



Pour certains la vie automobile, surtout sur la côte, se vit en cabriolet. Et les constructeurs le savent, la preuve.

Premier exemple, Ford qui décline sa fameuse Mustang Dark Horse en un cabriolet savoureux. Rien de mieux qu’un toit en moins pour entendre des décibels en plus ! D’autant que sous le capot, le V8 est loin d’être du genre taiseux. Pour rappel, ce bloc de 5,2 litres développe – en Amérique – environ 800 chevaux et 900 Nm de couple. Et, ô bonheur, il transmet sa puissance qu’aux roues arrière et via une boîte à double embrayage ! C’est si rare de ce côté de l’Atlantique ! Pour garantir un certain confort malgré l’ablation du toit et le manque de rigidité, la pony car s’en remet à la technologie Magneride. Quant à ce modèle tout de blanc vêtu qui pourrait apparaître sans faire tache dans un clip de rap US, il nous vient pourtant… d’Europe. De Brabus précisément. Il y a quelques mois, à la Villa d’Este, Brabus a présenté ce modèle en coupé, la Bodo du nom de son fondateur. Aujourd’hui, c’est le cabriolet. Même base technique, simplement un couvre-chef en toile qui dénature encore plus sa ligne… Est-ce un modèle d’élégance ? Pas vraiment. Mais derrière les 13 barres verticales de la calandre, le V12 5,2 litres biturbo attend sagement de délivrer ses 1000 chevaux et 1200 Nm de couple. Élégance non, diablerie oui !



Cabriolet toujours avec un constructeur local, Czinger. Nous vous en avions parlé il y a quelques mois, ce jeune constructeur ambitionne ni plus ni moins que d’être la référence du 21ème siècle, d’où le nom de sa supercar 21C. Après une version développée pour l’appui aéro et une autre pour la vitesse maximale, voici la Spyder. Voilà. C’est tout. Non car, un peu comme Pagani, Czinger améliore sa copie à chaque développement. Ainsi, un nouveau système de freinage baptisé BrakeNode fait son apparition. Celui-ci intègre la suspension verticale, l’étrier de frein et son liquide en un seul et même élément réduisant sa taille et la réponse à la pédale. Pour faire court, les distances d’arrêt diminuent de 15% ! Pour les clients de 21C qui nous lisent (si jamais vous voulez nous faire faire un tour nous sommes intéressés), sachez qu’il serait possible d’intégrer BrakeNode sur des exemplaires déjà fabriqués, et sur les prochains également, moyennant finance. Pour le reste, statu quo ou presque : V8 2,88 litres et électrique cumulant 1250 chevaux, quatre roues motrices, environ 1500 kg d’appui (18 kg de moins avec le toit ouvert), et un poids en hausse de 10 kg, passant de 1610 à 1620 kg.




Le poids, est-ce si important ? Oui, mille fois oui. Mais parfois, on ne va pas chez certains constructeurs pour leur recherche du poids minimum mais pour d’autres raisons. Prenez Lambo, on y va pour les lignes acérées, le moteur délirant… Ferrari pour les lignes latines, le comportement de ses voitures. Et Aston, c’est avant tout un style. Gaydon n’est pas venu les mains vides cette année ! En plus de trois modèles rendant hommage aux trois premières Aston DB2 aux calandres surlignées de couleurs osées, elle a présenté un nouveau modèle développée par sa branche Q : la Valen. En latin, ce mot signifie force, vigueur. Et, quand on voit la Valen, on comprend tout de suite le choix de ce nom ! Spectaculaire, époustouflante, enivrante et totalement décalée dans une gamme où l’élégance prime, la Valen fait le choix de la radicalité assumée et des lignes droites rappelant les années 80. À découvrir plus en détail en cliquant ici.
La Monterey Car Week permet aussi de montrer à quoi pourrait ressembler le futur de sa gamme. Land Rover par exemple a présenté une étude de style d’un futur modèle limité basé sur le Defender Dakar. Sa base technique est celle de l’incroyable Octa, lequel est élargi au possible pour abriter ses grosses jantes de 20 pouces entourées de pneus de… 35 pouces ! On en saura plus d’ici l’année prochaine. Acura, le label Honda aux USA, a présenté la Nexera, un concept agressif, aux lignes acérées et pas inintéressantes (capot plongeant, long porte-à-faux avant, surface vitrée arquée…) qui annonce une nouvelle direction esthétique. À suivre ! Cadillac pour sa part semble suivre Ferrari avec sa 499P Modificata avec la V-One Concept. Qu’est-ce ? Il s’agit de la voiture engagée en WEC et en IMSA, simplement débarrassée des contraintes réglementaires. Un nouveau siège inspiré du GT3, une instrumentation plus lisible et accessible, une puissance majorée à 830 chevaux et le tour est joué ! Est-ce à dire que plusieurs exemplaires pourraient voir le jour ? Possible… mais Cadillac ne l’affirme pas. Ni ne l’infirme.






Revenons donc aux ventes aux enchères qui se sont tenues en Californie. Sans surprise, RM a explosé les compteurs. Mais pas avec celle qu’on pensait. L’enchère la plus élevée de cette maison est de 40 000 000 de dollars, et a été adjugée pour… la Luce châssis n°0. Oui, vous avez bien lu, l’électrique de Ferrari, vendue neuve aux alentours de 500 000 €, partie pour 80 fois plus ou presque. Mais cette somme est entièrement reversée à une association et déductible des impôts… La McLaren F1 GTR quant à elle est partie pour un tout petit peu moins des 35 millions demandés. L’engouement pour les Ferrari ne faiblit pas : une SP3 partie pour 17,8 millions, une F50 autrefois mal-aimée pour 12,1 millions, la Enzo frôle les 10 millions demandés dollars et une 812 Competizione a atteint 4,8 millions ! Les berlinettes aussi s’envolent, celles à moteur atmo (360, 430 et 458 surtout et versions spéciales).
La mayonnaise ne prend pas pour Aston Martin, la DB4 GT Zagato est partie au prix d’estimation sans affoler les compteurs comme Ferrari. Les plus élégantes voitures de l’entre-deux guerres impressionnent toujours pour leur tarif exorbitant, mais leur beauté n’a pas de prix… Le cours des Bugatti semble grimper, une jolie Mistral a trouvé un nouveau propriétaire pour 8,3 millions de dollars, et un exemplaire de Veyron classique a atteint les 2 millions ! Les Américaines, les locales, ont trouvé de nouveaux propriétaires également, comme les Corvette de la vente RM, à la rareté infinie. Mais la plus grande surprise vient de la maison concurrente Gooding qui a adjugé l’une des 6 authentiques Shelby Daytona coupé pour 42 millions de dollars ! Plus encore que la Luce et que la F1 GTR ! Chapeau !

