Catégories
Essais

Renault Symbioz – À l’essai

Avec ce nouveau SUV dans sa gamme, Renault souhaite réaliser une symbiose de tous les meilleurs ingrédients de ses autres modèles. Pari réussi ?

Renault Symbioz - Essai

En 2017, Symbioz pour Renault était un concept. Ou plutôt deux concepts, le deuxième étant une mise à jour du premier. Un concept qui donnait à la voiture une autre dimension que celle d’un simple véhicule utile aux déplacements d’un point A à un point B. Le Symbioz de 2017 se vendait comme une extension du foyer, un endroit à vivre qui mettait l’accent sur la connectivité et l’habitabilité à bord. Les sièges avant pouvaient se retourner totalement pour faire face aux assises arrière tout en laissant un grand espace aux jambes. Les portes arrière à ouverture suicide ne nécessitaient pas de structure centrale, ainsi en ouvrant les deux portes l’espace était encore agrandi. Pour le style, on est dans le pur Laurens van den Acker, sans grande prise de risque. 7 ans plus tard, le nom est reconduit pour une version routière s’éloignant de l’avant-gardisme du concept.

Évidemment, la partie technique diffère largement. D’abord, elle quitte sa silhouette de berline compacte / break abaissé pour épouser celle du SUV, encore un… Encore un dans une gamme Renault qui est loin d’en manquer. Captur, Arkana, Austral, Espace, Rafale et maintenant Symbioz, sans oublier les cross-over surélevés Mégane et Scénic E-Tech, électriques. C’est à croire que les voitures basses ne trouvent plus grâce aux yeux du Losange… ou bien est-ce une tendance de la clientèle ? Ou les deux ? Déjà, il faut savoir comment se positionne le Symbioz dans la gamme. En profitant de la plateforme CMF-B rallongée, le nouveau venu se place en dessous de l’Austral. Ce châssis est en fait que se partagent déjà les Captur et Arkana, ce qui signifie deux choses. La première, qu’il est un cousin technique et donc aussi stylistique et technologique de ces deux précédemment cités. La seconde, qu’il ne peut recevoir de vraie hybridation, comprenez par là d’hybridation rechargeable. Ainsi, sans surprise, nous retrouvons dans le Symbioz une planche de bord de Renault Clio, ou Captur comprenant cette tablette verticale de 10,4 pouces fonctionnant grâce au système Google.

Renault Symbioz - Essai Intérieur
Renault Symbioz - Essai Intérieur

Sur le toit, le Solarbay que nous avions apprécié dans le Scénic E-Tech arrive dans le Symbioz, toujours avec ces 4 positions, de 100% opaque à 100% translucide en passant par moitié-moitié. Devant le conducteur, le volant est doté de vrais boutons, bien physiques, contrairement à l’Austral. Moins « techno » mais plus ergonomique. Au centre, la boîte auto est imposée avec ce moteur, le fameux E-Tech hybride de 145 chevaux que l’on connaît bien maintenant ! Pour rappel, il combine les deux motorisations, d’un côté les 94 chevaux issus du 4 cylindres 1.6, de l’autre deux moteurs électriques, l’un faisant office de démarreur à haute tension, l’autre fournissant une cavalerie de 49 chevaux. Le tout s’entremêle et transite aux roues avant, forcément, par une boîte à crabots, technologie issue de la compétition. Nous reviendrons sur ce point lors de la conduite. Revenons au toit panoramique qui, s’il était le plus grand de la production automobile lors de son arrivée sur l’Espace, est ici beaucoup plus petit. Les besoins en rigidité étant différents, il est moins large et moins grand, ce qui donne moins de clarté à l’habitacle qui, sans devenir totalement sombre, n’est pas des plus lumineux.

À l’arrière, les larges montants derrière les fenêtres aident peut-être au style mais grèvent à la fois la visibilité du conducteur et la luminosité à la deuxième rangée. Heureusement, celle-ci trouve des points positifs compensatoires comme la banquette coulissante sur 16 cm. Un détail pour certains, mais quand devant le conducteur est grand, pouvoir reculer l’assise pour profiter d’un confort plus important est très appréciable ! Ou à l’inverse, en avançant la banquette, on peut gagner en coffre. Ce dernier passant de 434 à 548 litres d’espace de chargement sous la plage arrière selon la position de la banquette ! Ce n’est pas négligeable, et cela représente 30 litres de plus que le Captur. D’ailleurs, certains parlent du Symbioz comme d’un Captur break. Il est vrai qu’il se calque (trop ?) sur lui à l’avant, mais son arrière-train est totalement différent.

Renault Symbioz - Essai Intérieur
Renault Symbioz - Essai arrière

La technologie a des bons côtés. La carte main-libre par exemple, on l’apprécie grandement (ne pas avoir à sortir la clef, ni à la mettre dans le neyman, à la tourner…) mais le retour à la réalité de la conduite d’une voiture de 2001 est très difficile derrière ! D’une simple pression sur le bouton Start, le démarreur électrique réveille le 4 cylindres et tout l’habitacle avec. Un coup d’œil sur l’écran derrière le volant, la batterie est quasiment vide, ce qui signifie que le moteur thermique va jouer plus que de raison son rôle de maître de la danse. Les premiers mètres se font en silence, tant à l’intérieur (pas de musique et moteur électrique en action) qu’à l’extérieur (insonorisation probante, surtout pour un véhicule de ce segment). Sans surprise, on retrouve vite nos repères des dernières voitures sorties (les aides à la conduite déconnectables chantant à tue-tête que nous roulons trop vite, trop proche du bord de la route ou pas assez) et des dernières Renault. Comme pour les autres hybrides Renault, deux positions de « marche avant » existent, la D et la B, la seconde aidant à la régénération de la batterie de 1,2 kWh qui, je vous le rappelle, est quasi vide.

L’intérêt de cette absence d’énergie tient dans cette régénération : si la batterie est vide, la régénération fonctionne « à plein régime », alors que si elle est pleine, elle ne peut pas fonctionner ! Alors on exagère les lever de pied pour espérer profiter de l’électrique plus tard. En empruntant des routes secondaires, je tente une approche dynamique du Symbioz, qui suit le mouvement mais le subi plus qu’il ne l’apprécie. Rien de bien grave, il n’est pas vendu comme un SUV sportif. D’ailleurs, cette petite portion dynamique a nuit à ma note d’éco-conduite. Oui, le Symbioz vous surveille, vous note et vous conseille, comme toutes les autres Renault d’ailleurs. Deux calculs sont réalisés et vous pouvez voir en temps réel, sur l’écran central, votre score d’éco-conduite et celui de sécurité routière. À la fin de mon petit tour, j’ai obtenu 99/100 en sécurité (aucun conseil pour atteindre la note maximale, mais qu’importe) quand celui d’éco… affichait une note plus sévère, entre 65 et 70, inscrite sur fond jaune-orange. « Éviter d’accélérer en montée » ; « accélérer moins vite » … 

Renault Symbioz - Essai avant
Renault Symbioz - Essai intérieur

Et à la conduite alors ? En essayant d’éviter la sentence de passer sous la barre des 50/100, en roulant donc à une allure plus proche d’une voiture sans permis, le Symbioz se révèle un bon compagnon. Pas transcendant juste bon sous tous rapports. En comparaison des lointains souvenirs que j’ai d’un Captur II phase 1, le confort de conduite, le confort tout court et l’insonorisation ont grandement progressé. Il est plus confortable et plus facile à mener sur des axes secondaires qu’un Captur, plus facile à manier en zone urbaine qu’un Austral. Autrement dit, un entre-deux, à mi-chemin du SUV urbain et du SUV compact. Comme l’Arkana mais avec un coffre plus grand. Il n’est peut-être pas parfait et a parfois du mal à jongler entre l’électrique et le thermique – la faute à la batterie vide qui n’a pas eu le temps de se recharger – mais le Symbioz justifie sa place, en tous cas bien plus que sur le papier lors de sa présentation. Un véhicule à vivre comme un Scénic sans imposer la motorisation électrique et à un tarif plus accessible, telle est l’idée du Symbioz.

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Boucars

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture