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Renault Scénic E-Tech longue autonomie

Exit le terme de monospace, le Scénic reste « une voiture à vivre » et se convertit même à l’électrique. Ne serait-ce pas le début de la fin ?

Renault Scénic E-Tech

À première vue, il ressemble à une Mégane E-Tech redessinée. Comme si Gilles Vidal avait voulu corriger le dessin simpliste de la berline compacte qui annonçait le renouveau de la marque, tant stylistique que technologique. À tort. Le Scénic est bien plus que ça. D’abord, il est plus grand. Il mesure 4,47 mètres de long, soit 26cm de plus que le cross-over. Il est également plus haut, plus large et bénéficie d’un empattement plus grand également. Des hausses appréciables sur plusieurs points, que nous verrons par la suite. Mais déjà, d’un pur point de vue stylistique, le Scénic s’apprécie visuellement. Le style de Gilles Vidal est immédiatement reconnaissable. On note les arêtes nettes que l’on croyait alors réservées aux Peugeot. Ou les innombrables losanges sur sa calandre, ses phares fins… Le tout avec une certaine idée d’efficience augmentant visuellement la carrure de la voiture, à l’instar des prolongateurs d’ailes de part et d’autres du pare-chocs arrière. Et puis, il y a les jantes au dessin toujours tarabiscoté, digne de Gilles Vidal. Que ce style soit efficient et distinctif, nous l’admettons, mais le rendu demeure un brin étonnant. 

Étonnante aussi la planche de bord. On ne s’y fera donc jamais ! Ce double écran en forme de L inversé a déboulé en 2021 dans la Mégane E-Tech et continue encore aujourd’hui de nous bluffer. Cette tablette tactile verticale est réactive, intuitive, rapide, lisible, et grande. Lui trouver des défauts ? Difficile. On aurait aimer, peut-être, un peu plus de fantaisie car, depuis son arrivée, on ne voit plus qu’elle, sur toute la gamme. Autrement dit, un acheteur de Scénic aura le même combo combiné d’instrumentation-tablette tactile qu’un propriétaire d’Austral ou de Rafale. Pour l’originalité, on repassera. D’un autre côté, Renault aurait tort de s’en priver. Parfaite à bien des égards, elle convient à tous les usages, et s’accompagne même d’un espace prévu pour recevoir la recharge à induction. Que demander de plus ? Un petit tour à l’arrière avant de prendre la route, et le prévisible saute aux yeux. La hausse de l’empattement, de 9cm, profite à l’adoption d’une plus grosse batterie (on y reviendra dans pas longtemps) mais celle-ci continue d’être épaisse. En d’autres termes, assis sur la banquette arrière, j’ai eu la sensation d’avoir mes genoux très haut par rapport à mon bassin. Peut-être une vue de l’esprit.

Renault Scénic E-Tech

Au centre, l’accoudoir Ingenius continue de faire son petit effet. Tant qu’on parle d’habitabilité, le coffre grandit aussi pour afficher 545 litres, soit 105 unités de plus que la petite sœur Mégane. Point de version 7 places au programme, rien de bien grave cela dit.

Renault Scénic E-Tech

Le tour effectué, il est temps de prendre le volant de ce véhicule pour le découvrir sous la couture qui nous intéresse : la conduite. Très rapidement, les repères sont pris. À gauche, on désactive toutes les aides à la conduite intrusives lisant parfois bien mal les limitations de vitesse. Derrière la branche droite, on met la marche avant et c’est parti ! Le volant se manie avec une aisance folle, donnant l’impression d’avoir un véhicule plus court, plus vif encore. Et pourtant, sur le papier, le diamètre de braquage augmente naturellement, passant de 10,4 à 10,92m par rapport à la Mégane E-Tech. De cette dernière, le Scénic hérite son moteur à rotors bobinés de 220 chevaux et 300 Nm de couple. Des valeurs qui s’obtiennent à la moindre pression sur l’accélérateur. Le moteur tire son énergie de la plus grosse batterie ici à l’essai, à savoir celle de 87 kWh (valeur nette), autorisant une autonomie plus qu’intéressante : sur le tableau de bord était inscrit un chiffre supérieur à 600 km d’autonomie avec 90% de sa capacité. Évidemment, toutes ces données sont à prendre avec des pincettes car l’autonomie dépend surtout de la personne derrière le volant, comme je le disais très justement lors des dernières 24H du Mans à un vendeur.

Avec un pied aussi léger que le mien, l’autonomie ne descend pas beaucoup. Sur l’écran central, un indicateur mesure la conduite écologique/économique et un autre la conduite sécuritaire. Je ne dirais pas ici lequel était le score le plus élevé… Mais je n’étais ridicule sur aucun des deux, et c’est déjà un grand pas ! Il faut dire qu’on se prend au jeu de la conduite électrique by Renault assez rapidement. Celle-ci consiste à fabriquer de l’énergie en jouant avec les palettes derrière le volant, l’une augmentant la régénération du moteur, l’autre baissant ce phénomène. Et ainsi, plutôt que d’appuyer comme un forcené sur la pédale de frein, on laisse couler la conduite… Il faut le vivre pour me croire. L’insonorisation semble avoir encore progressé par rapport à la Mégane E-Tech, tout comme le confort global de la voiture. En conduite plus dynamique, un léger roulis se fait sentir, mais rien de bien alarmant ni de négatif : le Scénic n’est pas une sportive !

Renault Scénic E-Tech
Renault Scénic E-Tech

Non, il est un véhicule à vivre, à partager, à rouler. Le conducteur ne s’ennuiera pas au volant grâce à sa conduite intuitive et appréciable. Si les occupants sont des enfants plus petits que moi, ils ne se rendront pas compte de l’épaisseur de la batterie et apprécieront l’assise moelleuse de la banquette arrière. Quant au partage, une option convainc tout le monde : le toit opacifiant à la demande. Via le bouton sur le toit ou à la voix, le toit s’opacifie que pour les sièges arrière, que pour les sièges avant, totalement ou pas du tout. La cinématique est assez spectaculaire et la clarté apportée par cette option est appréciable également. Elle aurait pu s’appeler Mégane-Scénic, comme au bon vieux temps tant les deux véhicules se ressemblent sur bien des aspects, le nouveau bénéficiant des avancées réalisées par la marque en 2 ans. Peut-être qu’avec son restylage de mi-carrière, la Mégane apportera des correctifs inspirés par le Scénic. Pour l’heure, ce dernier semble être un modèle à suivre. Pour résumer, il n’usurpe en aucun cas son titre de Voiture de l’année 2024 !

Un grand merci à Renault Luçon – Jean Rouyer Automobiles

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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