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À une quarantaine de kilomètres du Mans, le château de Chéronne nous ouvre les portes et son parterre pour accueillir quelques professionnels (nous notamment) et des propriétaires de voitures sportives et/ou exclusives. Le ciel est découvert, mais les nuages guettent. Depuis une semaine entière, le ciel est bleu le matin et vire au gris l’après-midi. En sera-t-il de même pour ce jour-là ? Suspens… Dès notre arrivée, nous sommes bien accueillis pour nous placer, mais le bout d’herbe qui sert de parking s’est gorgé d’eau avec les pluies incessantes de ces derniers jours. Il faut veiller à ne pas dépasser une certaine limite sur le terrain, auquel cas on s’enfonce. Aussi, nous plantons le décor à côté de la tente ronde mise à disposition par l’organisation à nos deux retardataires de voisins. Après avoir réussi, non sans mal, à monter notre stand, nous voici fin prêts pour l’événement !
Nos voisins arrivent. Par chance, nous les connaissons déjà bien. Juste à côté de nous, Emma propose ses services de graphiste avec son entreprise Eclat Moderne (@eclat_moderne_graphisme). « Il faut que j’arrive à me vendre… » pense-t-elle tout le long de l’événement. Hugo, un photographe et ami d’Emma, passe régulièrement pour l’entraîner « alors, que faites-vous ? » lui répète-t-il à longueur de journée… À côté d’elle, l’artiste @car.drawings_2 expose de nouveau ses dessins. Certains déjà vus, d’autres qu’il sort pour l’occasion. Il y en a pour toutes les tailles, du format A5 paysage au A3 portrait en passant évidemment par des œuvres en A4 sublimées par ses dessins. Je ne m’en lasserais donc jamais… Je le salue quand arrivent les premiers véhicules. Devant nous se garent deux Clio IV R.S., directement soumises à débat. Un moteur turbo, mais une bouille sympa, une efficacité sur route sinueuse, mais la passion en moins. Preuve, une nouvelle fois, qu’une petite voiture peut toujours susciter de l’émotion ! Tout comme celle qui prend place à côté, l’Alfa Romeo Giulia Veloce. Sa ligne latine convainc beaucoup de monde, un public qui termine de tomber sous son charme quand la mention Quadrifoglio s’ajoute à son patronyme. Ici, point de badge à 4 feuilles, mais un moteur essence tout de même ! Aphone, mais présent.


Un peu plus tard, Le Centre Alpine Le Mans arrive sur le gravier devant le joli château. Une A110 classique : la meilleure de la gamme ! Un temps, il y eut un drapeau et un roll-up, mais si l’organisatrice avait bien commandé le beau temps, ce dernier n’a pas toujours été au rendez-vous… Aussi, Thibault a-t-il rapidement laissé le coupé français seul, car il attire tout seul ! Pendant que des Américaines vont et viennent (Mustang, Pontiac…) une frêle Lancia se fraye un chemin pour trouver sa place là, devant le château. Sa parfaite robe rouge est contrastée par un capot d’un blanc recouvert d’une bande aux couleurs italiennes. Quelle beauté que cette Lancia Fulvia ! Comme sa presque voisine, son histoire la relie incontestablement aux rallyes. La poussière soulevée vers le public, les performances stratosphériques (même pour une Fulvia) dès les années 60… L’automobile a ça de fou : réussir à nous rendre nostalgique d’une époque que nous n’avons finalement pas connue… Plus tard, une Porsche 944 un peu préparée épaule l’italienne.
Pas de pause déjeuner, pas le temps pour ça. Mais des sandwichs compris dans le contrat (merci Laurena !). Le ballet des exposants continue avec des Porsche (911 type 997, Boxster), des Japonaises, des Américaines… l’une d’elle se gare d’ailleurs un peu loin, dans une parcelle de terrain dont on ignore si l’eau n’a pas gorgé la terre… De plus, il s’agit d’une Chrysler 300C Break, d’un poids hallucinant à ne pas mettre entre toutes les mains, assurément ! À l’opposé, une légère R8 Gordini pose un peu plus loin de la Lancia. Son bleu pétant, sa ligne blanche… quoi de mieux ? Pas grand chose. La traditionnelle question se pose alors « avec laquelle tu repars ? » Passée celle non moins originale « avec celle qui m’a conduit ici », le débat peut s’allonger. Car le plateau est éclectique. Devant nous, quelques Clio R.S., un peu plus loin une rare Hyundai i20 N me fait de l’œil. La Supra MkIV ? Non sans façon, pas trop mon style. La MkV alors ? Non plus, même si son comportement me laisse un goût de miel encore… Ah ! Cette direction… Les quelques Corvette m’attirent, pour leur exubérance, mais sans pour autant m’aimanter à leur volant. Non, je crois que j’ai trouvé…


N’en déplaise à son propriétaire, ce n’est pas vers la jolie berline Volvo S60 Polestar que je vais jeter mon dévolu. Non, une un peu plus… passionnelle ? Et passionnante aussi. Si vous nous lisez régulièrement, vous savez mon amour pour les voitures légères. Aussi, je choisi cette splendide Lotus Elise S2. Et l’artiste ne me contredira pas beaucoup « l’intérieur est dépouillé » oh que oui. Et encore, il se complète par rapport à celui de la S1 essayée il y a deux ans. Un seul élément le prouve : sa commande de boîte. Moi, je n’avais pas de schéma pour savoir où placer le levier pour chaque vitesse. Évidemment, je savais où je devais aller, mais quand même. Et puis, ce compteur « ça s’appelle l’optimisme ça, non ? » hèle Sacha en voyant que l’instrument est gradué jusqu’à 300 km/h. Perso, j’essaierai pas, doutant à la fois de mes capacités et de celles de la voiture ! Aux alentours de 16h – 16h30, un rallye est arrivé. Et mon choix risque de tourner…
Ce ne sont pas les deux Ferrari, une Portofino et une F430, qui me font changer d’avis, non. En réalité, deux autos me font douter. Tout d’abord, la simplicité, la fébrilité, la perfection sur quatre roues : la Caterham. C’est simple, c’est une voiture dans son plus simple appareil. Des roues pas tout à fait couvertes, mais pas tout à fait nues non plus. Un pot d’échappement latéral, des roues aux quatre coins, un long capot moteur et un tout petit volant. Rien ne sert d’aligner les zéros sur le chèque et les chevaux dans l’écurie, c’est dans la simplicité que le bonheur réside. Ou alors, dans l’incongru. Comme cette idée saugrenue que l’on doit à Renault, celle consistant à retirer le moteur de sa citadine R5 pour en mettre un (bien) plus gros à l’arrière. Sur le côté, le chiffre 2 est inscrit. Car oui, Renault n’a pas fait qu’une seule folie, elle l’a réalisée deux fois, coup sur coup. Cette dernière est la plus civilisée. Ce qui ne signifie pas qu’elle rentre dans le rang pour autant. Car avant le 2, un mot attire forcément : Turbo. Non pas l’émission, mais la suralimentation. Une hélice qui fait grimper la puissance et perler le front du conducteur à chaque frayeur.


Alors, ne faire qu’un seul choix serait réducteur. Et pourquoi ne pas choisir trois autos ? Finalement, une certaine philosophie commune se dégage de ces trois autos : la compétition. L’Elise utilise l’aluminium pour son châssis. La Caterham a été conçue par un pilote, Colin Chapman. Et la R5 on en parle même pas ! Et l’événement alors ? Pas de fausse note. Apparemment l’attente fut longue pour les visiteurs pour se sustenter. Mais de notre côté, rien à signaler. Poséidon (ou Neptune selon vos croyances) aurait pu se calmer un peu sur le robinet juste pour l’événement, mais il a décidé qu’il en serait autrement en déversant de grosses larmes pendant une petite demie-heure. Juste de quoi nous effrayer pour nos magazines et nos appareils électriques. De même pour les dessins de Sacha ou les cartes de visite d’Emma. À charge de revanche Laurena. Apparemment, jamais deux sans trois. Alors, après l’ECG02, un ECG03 est-il en préparation ?
