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Il y a 4 ans jour pour jour ou presque, Renault évoquait ses plans de révolution sobrement appelés Renaulution. Il ne fallait pas se louper. Le groupe perdait beaucoup d’argent en même temps qu’il employait nombre d’employés. Impossible donc de faire disparaître Renault. Luca de Meo, appelé à la rescousse, expose donc sa ligne de route. Renault doit monter en gamme, Alpine élargir la sienne et Dacia se détournera, de plus en plus, de son image low-cost tout en conservant des tarifs accessibles. Pour monter en gamme et susciter l’envie des acheteurs, le Losange présente un concept, la R5 du XXIème siècle. Et la volonté explicite : le modèle arrivera sous 3 ans sur la route. Chiche !
Plus récemment, il y a environ 9 mois, le Salon de Genève voit débarquer une armada de chiffres 5. La Renault la plus attendue du XXIème siècle arrive enfin ! Et, chose rare, le soufflé n’est pas retombé : la voiture séduit instantanément et partout. Ça commence par une bouille, une silhouette rendant hommage à son aînée et ne changeant qu’à certains endroits par rapport au concept. À l’inverse de la star des années 70, la R5 2024 est campée sur ses roues. Lesquelles, rejetées aux quatre coins, inspirent une certaine confiance en la voiture. L’empattement extra-large invite à prendre place à bord. Et c’est exactement ce que nous allons faire en en prenant le volant.


En s’installant à l’avant, on éprouve un sentiment d’espace. Malgré ses dimensions assez étroites, de citadine finalement, la R5 libère un grand espace à bord. L’habitacle multiplie les astuces, les accessoires et les clins d’œil aux années 70. Les sièges imitent le velours d’antan, à l’instar de la planche de bord matelassée. Les designers sont allés jusqu’à dessiner une sorte de quadrillage sur le pavillon de toit. Ces clins d’œil bienvenus, agréables, prouvent que Renault ne veut plus fabriquer et vendre des voitures simplement utilitaires mais des automobiles à vivre, à aimer, et à conduire ?
Osons le mot : oui. Le volant est un peu grand à mon goût, lequel est directement repris de la Mégane E-Tech à une exception prêt. On lui retrouve les mêmes boutons aux mêmes endroits, sur les branches et derrière comme le sélecteur de vitesse. Mise en route, passage en « D » pour avancer et nous voilà en route pour quelques kilomètres à bord de la star des citadines électriques. Instantanément, on apprécie le confort acoustique de la voiture. L’insonorisation filtre très bien les nuisances sonores extérieures, et les bruits d’air sont rares voire absents à basse vitesse. Ce qui montre bien la qualité de fabrication et l’ambition de la marque, de la voiture. À la conduite, le volant se manie bien, répond au doigt et à l’œil. Son seul petit grief, et encore, or sa largeur, concerne l’absence de palettes derrière les branches, gérant le freinage régénératif. Pour être honnête, il ne m’a pas manqué plus que cela, en basculant sur le mode « B » la régénération m’a suffit.


La visibilité est bonne, on se retrouve proche de tout dans ce semblant de pot de yaourt à la française. Le capot très court facilite grandement les manœuvres en ville. En dehors, la R5 laisse parler la poudre. Évidemment, la bande-son – inexistante – n’excite en rien l’oreille d’un mélomane. Mais le conducteur attentif et appréciant les virages se surprendra à voir sur son visage se dessiner un sourire circonspect. Elle n’a pas le côté incisif d’une vraie sportive, ni la vocation en réalité, mais pour son gabarit, son dynamisme est étonnant. Pas de perte de couple à outrance. Si le pied droit n’est pas plus gourmand qu’un enfant le jour d’Halloween, la motricité sera exemplaire. Chapeau ! Et pourtant, ce n’était pas un pari gagné d’avance. Au contraire même, j’ai craint une mise au point « bâclée » lorsque j’ai lu le dossier de presse. Ce dernier relatait que Luca De Meo a souhaité conserver quasi telle quelle les dimensions, les codes stylistiques du concept, et a demandé aux ingénieurs de concevoir le châssis à partir de la carrosserie dessinée par les designers et pas l’inverse.
Je n’imagine pas les nœuds au cerveau que ces ingénieurs ingénieux ont dû se faire tant la voiture est compacte et qu’il a fallut tout y intégrer… Sans doute ce qu’on appelle le compromis. Que préférer entre un grand coffre et une suspension multi-bras à l’arrière ? Choix difficile… Le résultat n’est pas mauvais, loin de là. Le coffre mesure 326 litres, pas dingue mais pas ridicule, et le train arrière suit le mouvement instauré par l’essieu directeur et moteur. Le principal défaut de la voiture concerne son habitabilité arrière. Nous le savons, les batteries des voitures électriques coûtent cher et occupent une place relativement importante. La quasi-totalité du marché de l’automobile électrique installe ses batteries dans le plancher des voitures, permettant de rapprocher du sol ces éléments lourds, et donc de favoriser une conduite dynamique en baissant le centre de gravité. Or, la batterie doit se loger dans un espace assez exigu dans la R5, et doit donc être épaisse. Mon mètre soixante-dix rentre aisément pour le haut du corps mais les pieds ne peuvent se glisser sous le siège avant. La position n’est pas excellente, mais est-ce vraiment la philosophie de la R5 ?


N’oublions pas qu’il s’agit d’une citadine, et une citadine n’a pas vocation à voyager vers des destinations lointaines. Il faut prendre cette automobile comme ce qu’elle est : une citadine électrique dont la puissance et l’autonomie sont raisonnables pour une utilisation urbaine et extra-urbaine. Il s’agit d’un « second véhicule », pas du véhicule principal du foyer, son habitabilité ne lui permet pas de revendiquer ce titre. Elle est agréable à mener. À vivre. À voir aussi. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas attiré autant de regards dans une voiture, les passants croisés se retournant sur le passage de la citadine au look ravageur et à la couleur flashy. Jamais je n’avais fait tourner les têtes dans une citadine ! Un capital sympathie unique, une conduite excellente. Que demander de plus ? De pouvoir la garder…
Un grand merci à Julien Lamouraux de la concession Renault Luçon – Jean Rouyer Automobile pour le prêt de ce véhicule.

2 réponses sur « Renault 5 E-Tech – essai »
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