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Mercedes-AMG fête son anniversaire

De préparateur isolé à badge prestigieux, voici l’histoire AMG.

En voilà une marque ancienne ! Officiellement, elle est créée en 1926. Ou, du moins, sous ce nom. En réalité, Mercedes-Benz est l’association de plusieurs grands noms de l’ingénierie allemande – ou austro-hongrois à l’époque – pour s’installer en tant que maître de l’automobile. Mercedes donc, doit son existence à Gottlieb Daimler, qui donnera son nom au groupe auquel appartient Mercedes-Benz, et ce dès 1909. Il eut l’idée des trois branches pour symboliser la terre, l’air et la mer. Les lauriers autour du logo n’apparaitront qu’en 1924, avec l’association Daimler-Benz. Le nom Mercedes est en référence à un concessionnaire qui a commandé un moteur à Daimler, et qui l’a nommé du patronyme de sa fille. Un autre nom est à l’origine de la glorieuse histoire de Mercedes-Benz, Wilhelm Maybach, qui donnera son nom aux futures limousines et autres versions très haut de gamme de la marque à l’étoile. S’il est un sujet délicat avec Mercedes-Benz, c’est bien celui du sport automobile.

En effet, si elle a connu une flamboyante carrière après la Seconde Guerre mondiale, notamment grâce à Juan Manuel Fangio et Sir Stirling Moss et à leurs Flèches d’argent, qui ont permis à Mercedes d’être couronnée de lauriers, la marque eut bien du mal à encaisser le choc de 1955. Alors que la 300SLR raflait tout sur son passage, cette année particulière marquera un tournant pour la firme allemande. Cette année est celle du pire accident de l’histoire de l’automobile. Alors que les 24h du Mans battaient leur plein et que Mercedes était favorite avec son équipage Fangio-Moss sur la numéro 19, la 300SLR numéro 20 de Pierre Levegh percute l’arrière d’une Austin Healey après que cette dernière a freiné à cause d’une queue de poisson réalisée par la Jaguar de Mike Hawthorn, qui remportera la course quelques heures plus tard. La 300SLR s’envole. Avec le choc de la collision, des pièces se désolidarisent de la voiture, qui s’écrasera sur la tribune en face des stands. L’accident fera, selon les sources, entre 78 et 84 décès et plus de 120 blessés. Choquée, la marque se retirera de toute forme de compétition officielle dès cette année 55, et ce jusqu’à l’arrivée de l’ère hybride en Formule 1.

Mercedes se détournera alors volontiers du monde du sport, notamment sur la route. Les voitures à l’étoile brilleront pour leurs qualités de confort et de sécurité, parfois de dynamisme mais parler de comportement sportif serait trahir son histoire. Pourtant, elles sont des bonnes bases. En tous cas, de l’avis de certains préparateurs isolés. Dont… AMG. Ces 3 lettres cachent, bien évidemment, une signification. Hans-Werner Aufrecht convainc en 1967 un investisseur nommé Erhard Melcher pour dépouiller et rendre plus sportives les berlines Mercedes. Leur empattement long permet une stabilité exemplaire à haute vitesse. Les associés se basent à Großbottwar en Allemagne. Ainsi, nous retrouvons les lettres A (Aufrecht) M (Melcher) et G (Großbottwar). Les premières courses dénichent un potentiel de la voiture, mais il faudra attendre le championnat de 1971 pour que le préparateur se fasse vraiment un nom important. Car cette année-là, la Mercedes 300 SEL 6.8 préparée par AMG remporte tout sur son passage dans sa catégorie, notamment la course de Spa-Francorchamps. Ces résultats arrivent bien évidemment aux oreilles de la firme, mais il est encore trop tôt, selon elle, pour se rapprocher du préparateur…

Quelques années plus tard, AMG décide d’aller encore plus loin et s’intéresse à une voiture de route à commercialiser en petite série. La Mercedes 300CE, alors une toute sage berline également déclinée en coupé, se dévergonde après un bref passage chez AMG. Si le grand constructeur ne propose pas plus de 200 chevaux dans son 300CE, le préparateur retire le 6 cylindres pour installer un V8 5.6, voire 6.0 de cylindrée. De quoi disposer de près de 385 chevaux, aux roues arrière bien entendu. Travailler le moteur oui, mais il faut revoir également les liaisons au sol ainsi que l’aérodynamisme du nouveau monstre. Un kit aérodynamique spécialement conçu pour elle fait baisser le Cx de 0,31 à 0,25, pour une meilleure pénétration dans l’air. Ses performances sont dantesques et dignes d’une grande, avec une vitesse maximale de l’ordre de 300 km/h. Elle est surnommée ‘The Hammer’, le marteau, tant elle est surprenante et qu’elle assomme les passagers.

Des discussions s’amorcent entre Mercedes-Benz et AMG, qui donneront de nouvelles idées aux deux entités. Une Classe S dévergondée fera son apparition quelques années plus tard, mais c’est surtout en 1990 que, pour la première fois, une Mercedes adopte officiellement le badge AMG. Il s’agit d’une simple berline Classe C280 W202 à qui on a revu le moteur. Il passe alors à une cylindrée de 3.6 afin de sortir 280 chevaux. Son objectif était clair : envoûter les clients de la BMW M3. La Classe C36 AMG, car il faut bien une première à tout. Il faudra pourtant attendre l’année 1999 pour que Mercedes entre de manière significative dans le capital de son préparateur désormais fétiche AMG, à hauteur de 50%. Que va donner cette nouvelle filiale ? De nombreuses surprises !

Les berlines, les SUV, les coupés, les breaks, les 4×4, les citadines, toutes les carrosseries passent sur le grill AMG. Au début de leur histoire, une nomenclature simple réussit à faire vibrer les plus passionnés de la marque : 63 et 65. Non, il n’y a pas seulement 63 ou 65 chevaux dans les moteurs, ce serait ridicule. Il s’agit de la cylindrée des moteurs. Ainsi, les Classe C et Classe E recevaient des V8 atmosphériques de 6.3 aux sons monstrueux. Le comportement est celui d’une Muscle Car, mais c’est ce qui fait le charme. Surtout, elle devient vraiment aguicheuse dans sa robe de Black Series. Sa carrosserie reçoit une couleur jaune moutarde agressive et un aileron imposant. Le tout donne un comportement plus sportif que le coupé de base. Et alors que Mercedes vend ses parts de McLaren Racing pour arriver en Formule 1 en tant que constructeur et non plus seulement en motoriste, AMG reçoit de plus grandes responsabilités. Si la Mercedes-McLaren SLR était brouillonne, le nouveau coupé sportif de la marque devient plus intéressant dynamiquement. La SLS AMG prend le V8 6.3 dans une configuration à 571 chevaux dans sa version normale, puis 591 en GT, et même 631 dans la Black Series. A chaque fois, elle est plus attachante encore.

Pourtant, il faudra attendre 2015 pour qu’AMG sorte son premier vrai modèle, qui prend la place de la SLS AMG. L’AMG GT troque le V8 atmo 6.3 pour un 4.0 biturbo de 476 chevaux dans sa plus petite version. Ensuite, avec la lettre S, le V8 gagne en puissance pour atteindre 510 chevaux (et 522 après le restylage). Le châssis est rigidifié avec cette lettre. Puis, la GT R sort, avec un V8 de 585 chevaux. L’aérodynamisme est revu, adopte un aileron réglable. Son châssis reçoit, pour la première fois sur une AMG, la technologie des quatre roues directrices, qui rend la voiture plus incisive. Le gouffre entre 510 et 585 chevaux étant important, Mercedes s’est inspirée de Porsche et de sa 911 GTS pour sortir la GT C. Cette dernière repose sur le châssis aiguisé de la GT R mais « perd » en puissance pour afficher 557 chevaux. Surtout, elle est la première AMG GT Roadster. Les autres suivront par la suite. 750 exemplaires d’AMG GT R Roadster sortiront, avec à la clef un investissement sûr. Puis, pour signer sa fin de carrière, AMG retravaille son V8, lui adjoint un vilebrequin à plat, des turbos revus, le tout pour gagner une puissance de 730 chevaux ! Conscients qu’il ne faut pas juste mettre un gros moteur pour aller vite, les ingénieurs ont soigné l’aérodynamisme et installé un aileron gigantesque sur le coffre, le refroidissement est également revu. Plus incisif encore que la GT R, cette Black Series perd pourtant ses 4 roues directrices. Enfin, et dernièrement pour fêter son anniversaire, AMG a sorti une édition spéciale de la Black Series, nommée Track Series. Au menu, une grosse baisse de poids faisant descendre la masse à 1400 kg. Elle se débarrasse de l’homologation, et devient encore plus exclusive.

En 2017, Mercedes-AMG présente un concept à Genève. Depuis l’avènement de l’ère hybride en Formule 1, l’écurie a tout gagné. Et pour fêter ça, elle a décidé de mettre sur la route une F1. Le moteur est issu de la monoplace victorieuse l’année précédente, un V6 1.6 Turbo hybride. L’annonce est alléchante, surtout qu’on nous assure la sortie en 2019. Cette année 2019 justement est l’occasion de donner son nom final à l’hypercar, auparavant c’était Project One, désormais c’est AMG One. Nous sommes en 2022, et aucun exemplaire n’est sorti des chaînes.

Mercedes-AMG a 55 ans, alors joyeux anniversaire.

Aujourd’hui, la gamme Mercedes-AMG s’étend de la berline compacte Classe A au gros 4×4 Classe G. La Classe A 45 AMG S accueille le 4 cylindres le plus puissant au monde, donné pour 421 chevaux. La transmission intégrale est au programme, avec à la clef une accélération démentielle. La Classe C AMG devrait sortir avec un 4 cylindres hybride. Une première. Seule la CLS ne compte pas de version AMG autre que la 53, pseudo hybride. Car la berline coupé sportive ne s’appelle pas CLS AMG mais AMG GT 4 Portes. 53, 63, 63 S et même 63 S E Performance. La puissance va de 450 chevaux à 843 chevaux, avec des améliorations châssis à chaque fois. De quoi préférer la berline au coupé ? Non, pas vraiment, puisque l’une est une pure propulsion quand l’autre a autant de portes que de roues motrices. Désormais, les 63, 53 ne cachent pas la cylindrée des voitures mais ne sont plus qu’un symbole marketing. Mercedes est d’ailleurs aujourd’hui la marque automobile avec le plus de déclinaisons sportives de ses modèles, avec, d’après la marque, 39 modèles AMG. Mais bientôt, il va y en avoir moins. En effet, les breaks devraient tirer leur révérence d’après certains médias spécialisés. Peu à peu, les ventes de ces carrosseries baissent, au profit des SUV. Les lois de la rentabilité…

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis étudiant à l'ITM Graduate School au Mans, avec pour objectif de travailler dans le domaine de l'automobile.

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