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Qu’est-ce qu’une belle voiture ? À partir de quels éléments pouvons-nous distinguer une belle voiture d’une moins jolie ? Est-ce une affaire d’objectivité ? Évidemment, les goûts et les couleurs étant ce qu’ils sont, il est presque impossible de convenir d’un commun accord qu’une voiture est largement plus belle qu’une autre. À l’inverse, la laideur est plutôt convenue… C’est étonnant comme les deux antagonistes ne respectent pas les mêmes lois. Toujours est-il qu’il a existé de splendides autos par le passé, qu’il en existe encore aujourd’hui et que demain aussi, il y en aura. Il y a dix ans, l’un des plus beaux modèles de la décennie était lancé : la Lexus LC.
Ce ne devait être qu’un concept-car. Dévoilé au salon de Détroit en 2012, le LF-LC impressionnait par ses proportions, par sa faible hauteur, son incroyable longueur, et son charisme tout entier. La carrosserie dans son intégralité exagérait chaque courbe, chaque arête, de la calandre trapézoïdale concave au profil exhibant les roues arrière, ou les feux arrière empreints de sportivité et de luxe. Ce mélange des genres absolument magistral s’accompagnait d’une promesse mirifique d’un V8 hybride rejetant moins de 150 g/km de CO2. Que d’utopies dans ce concept-car qui explorait les prochaines idées de Lexus ! Et pourtant, la presse, les passionnés, les clients ont validé le projet et presque poussé Lexus à le valider de son côté. Quatre ans plus tard, le concept prit vie au salon de Détroit.


Ah… les salons automobiles, ces vestiges de démesures où la moindre carrosserie exubérante se retrouve noyée car tout autour il y a cette surenchère de lumières, de courbes, d’extravagance. Et pourtant, la LC s’est fait remarquer. Immédiatement ! Avec, Lexus s’est déridée. Le constructeur n’avait pas trente ans mais on disait de lui qu’il n’assemblait que des voitures ennuyeuses, pas très belles, mais innovantes. Et ce, malgré la sculpture LFA ! Le LC agit ici comme un coup de pied dans la fourmilière. Vieillissante, la gamme Lexus ? Oui, et la clientèle n’est pas la plus jeune non plus, mais avec le LC, elle comptait bien rajeunir celle-ci. Pour les amateurs de jolis coupés, impossible de passer à côté de ce représentant de l’antique monde où l’automobile se déguste avec un bon gros moteur à l’avant et une transmission seulement aux roues arrière…
D’un point de vue esthétique, le modèle de série ressemble comme deux gouttes d’eau au concept. Les distinctions sont aisées mais tiennent aux détails néanmoins très visibles. On note par exemple la calandre moins profonde dans le LC 500, calandre qui arbore un nid d’abeilles totalement différent du concept. On apprécie retrouver les jantes (20 ou 21 pouces, en aluminium ou en aluminium forgé) jouant, là aussi, sur la profondeur. Si c’est facile à nettoyer ? Probablement pas, mais dieu que c’est beau ! À l’arrière, les lignes convergeant du diffuseur au « béquet » sont plus timides et cet aileron perd en longueur. Le résultat confine à la perfection. Sous certains angles, on perçoit des clins d’œil à la LFA, presque à la Supra MkV, le LC arbore une ligne à faire rougir une Aston Martin.


L’habitacle mêle la modernité à la sportivité à la manière de Lexus de cette époque. Donc… sans écran tactile. Pour naviguer sur l’écran d’environ 10 pouces, il faut savoir utiliser la molette à droite du sélecteur de vitesse. Mais a-t-on vraiment besoin d’un écran quand on conduit un tel coupé ? Il ne demande qu’à être admiré et conduit, pas besoin de routes prédéfinies ! D’ailleurs, il faudra attendre le restylage de 2021 pour voir la connectivité Android et Apple… On mesure l’âge des voitures à ces commodités… Pour en revenir à la planche de bord, elle n’est pas aussi innovante que celle du concept et mise sur l’horizontalité pour son écran, elle intègre aussi un élégant cadran à aiguilles. Le volant est massif et compte d’innombrables boutons… Savoir sur lequel il faut appuyer demande sans doute la lecture totale du manuel d’utilisation de la voiture !
Enfin, si vous souhaitez utiliser les aides à la conduite et changer d’interface derrière le volant. Sinon, il suffit de savoir où se trouve le bouton de démarrage, de tâter du bout des pieds pour connaître l’emplacement des deux pédales, de tendre les doigts et atteindre les palettes pour diriger les 10 vitesses de la boîte, de régler le siège, et le tour est joué ! Car en plus d’être une belle voiture la LC, elle sait chanter ! En appuyant sur le bouton à côté des boutons de la partie inférieure, enfin, derrière le volant, pas très loin, on se met à entendre un moteur qu’on croyait disparu. Un V8. 100% bio. Enfin, atmosphérique. Oui, un V8 atmo en 2016 ! Sans aide à la puissance, sans scrupule il vous fait dresser les poils des avant-bras en une pression sur ce bouton. Un V8 de 5 litres tout pile fort de 473 chevaux et 527 Nm de couple, le tout dirigé qu’aux roues arrière ! Rien que pour sa ligne et son moteur, j’aimerais rouler à son bord…


Il chante si bien… Pour la suite de la balade, il ne faut pas s’attendre à un comportement de supersportive, de ballerine ou d’Alpine. Le LC n’est pas un amateur de virages virevoltants, il aime les longues balades à rythme coulé, avec quelques accélérations bien venues, mais n’est pas une sportive. Une GT avec un gros cœur, ça oui. Et c’est déjà ça ! Lexus a essayé de nous le faire avaler, qu’elle était plus rigide que la LFA, que les masses étaient centralisées bas et vers le centre de la voiture, que le V8 lui-même était reculé loin du train avant pour optimiser l’équilibre. Mais ce dernier favorise toujours l’avant, à raison de 52%. Rien de bien grave comme expliqué plus haut : ce n’est pas une sportive. Pour mieux le faire comprendre, Lexus lui a adjoint une version épaulée d’une batterie. Cette version LC500h troque son V8 pour un V6 de 3,5 litres aidé par la fée électricité pour promettre 359 chevaux ! C’est suffisant, non ?
En 2019, le constructeur a offert une version encore plus désirable du coupé, le LC 500 convertible. Plus de poids c’est sûr, mais ce dernier étant placé à l’arrière, il aide à l’équilibre ! Et puis, sous son immense capot se cache un seul et unique moteur : le V8 atmo ! Incompatible avec la motorisation hybride, le cabriolet n’en demeure pas moins une sculpture sur quatre roues ! En 15 secondes, la capote quatre couches disparaît pour laisser place à la nature et aux borborygmes du V8 absolument sublimes. Rouler, cheveux au vent, les pieds jouant un concerto en V8 atmo, si proche de notre ère… ça parait si anachronique ! Et pourtant, le LC est là. En 2021, comme précisé plus haut, il a connu un restylage. Quelques éléments ont été revus, l’écran a grandi, le V8 a perdu 9 chevaux (il en reste 464) et des ajustements techniques ont amélioré le comportement de la voiture. Rien qui ne la transfigure. Après tout, améliorer la perfection esthétique c’est mission impossible !

Le LC est encore assemblé. Pour combien de temps ? Il n’a jamais trouvé son public dans notre Hexagone, l’inverse aurait été étonnant. En tous cas, nous, il nous a marqué. Et à coup sûr, dans dix ans, on en reparlera avec une note de nostalgie dans la voix.
