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Au risque de me répéter, la gamme électrique de Kia est l’une des plus intéressantes du marché actuel. Il y en a pour tous les goûts et toutes les autonomies. Vous appréciez les SUV ? les EV3, 5 et 9 vous iront parfaitement. Vous aimez l’originalité ? L’EV6 cultive sa différence depuis plus de 4 ans maintenant et l’EV4 en version berline sort du lot également… Côté autonomie, l’EV6 demeure encore aujourd’hui un maître-étalon, lui qui est capable grâce à son architecture 800V d’encaisser des puissances de charge élevées lui permettant de passer de 10 à 80% en 18 minutes seulement ! Dans le meilleur des cas, évidemment. L’EV9 repose sur la même plateforme, mais les EV3, 4 et 5 préfèrent une structure moins onéreuse et une tension de 400V. Elle suffit à récupérer 70% de son énergie en 30 minutes environ.
Et l’EV2 dans tout cela ? Il se place tout en bas dans la chaîne alimentaire de Kia. Dernier sorti, il hérite de tout le travail des ingénieurs effectué au préalable sur ses grands frères, tant d’un point de vue technique qu’esthétique. On perçoit d’ailleurs, sans surprise, que l’EV2 s’intègre dans la lignée des EV3, 5 et 9, en imposant leur charisme dans un gabarit bien plus petit ! On se demande presque sur quel terrain il va batailler à première vue. Et puis, en regardant les dimensions, on comprend qu’il se place en concurrence directe avec une Renault 4 E-Tech dont il partage la hauteur. Pas tout à fait un SUV, clairement pas une berline ni un SUV et pas vraiment une citadine, l’EV2 est un cross-over véritable à la croisée des chemins. Son chiffre 2 laisse augurer un éventuel petit frère encore, sans oublier qu’il existe le Kia Syros, cousin du Hyundai Inster. Pas désagréable à regarder, l’EV2 veut montrer qu’il est un baroudeur avec ses pare-chocs apparents, une vraie Kia avec sa signature lumineuse, un véhicule familial et lumineux avec sa grande surface vitrée.


Il n’est pas tout à fait un canon de beauté, et en regardant son profil, il nous fait penser à un Mercedes-Benz GLB en réduction, mais il n’effraie pas ni ne dégoûte. Les poignées de portes affleurantes bernent les observateurs et donnent un caractère haut de gamme à cette carrosserie lissée. À l’arrière, le coffre s’ouvre sur un espace de 362 litres en configuration 5 places et banquette statique, ou 403 en 4 places et banquette avancée au maximum. C’est moins que le rival français et ses 420 litres, mais ce dernier mesure 8 cm de plus. À bord, on aura compris qu’un choix sera à réaliser dans la configuration, 4 ou 5 places, en sachant que celle du milieu de la deuxième rangée est rarement une sinécure.
Devant, la planche de bord n’étonne plus. Comme Renault finalement, Kia s’évertue à intégrer les mêmes modules numériques dans tous ses intérieurs : un premier écran de 12,3 pouces, un deuxième de 5 et un troisième et dernier de 12,3 pouces. Rappelons que celui de 5 pouces est configurable en y intégrant les items favoris du conducteur. Le reste dernier l’habitacle est clair, aéré, Kia explique notamment qu’elle a souhaité réduire l’épaisseur du montant A pour améliorer la visibilité. Sur la planche de bord, le tissu remplace le plastique. Plus salissant, peut-être, mais plus qualitatif au toucher et l’ambiance s’en voit réchauffée, ce qui n’est pas du luxe. Car dans la partie inférieure, réservée non pas aux yeux mais aux jambes, le plastique règne en maître. Il y a aussi un espace réservé à la recharge à induction, des prises USB et USB-C au centre, sous la planche et son interface centrale. Les boutons font de la résistance, présents sur le volant à foison comme au centre pour régler le chauffage, le volume de la musique…


Soyons clair, l’EV2 ne révolutionne pas son monde comme l’EV6 à sa sortie. C’est comme si Kia avait préféré investir, tester sur les véhicules à plus faible volume mais à plus grande autonomie des technologies qu’elle intègre aujourd’hui dans ses petits. EV6 et EV9 comme vaisseaux amiraux, le reste ne fait que suivre le mouvement. L’idée n’est pas nouvelle, elle a d’ailleurs toujours existé, mais qu’elle s’applique déjà à la motorisation électrique, c’est la preuve que Kia ne compte pas rester sur le banc de touche. Au contraire, même si les autonomies ne sont pas extraordinaires. Là aussi, un choix entre deux est à faire lors de la commande : batterie de 42,2 ou 61 kWh ? Ah… la fameuse question… Nul doute que la première sera moins chère, même si on ignore encore son tarif d’appel. Le choix sera donc en fonction du tarif et de l’autonomie, 317 km pour la première, 448 pour la grande autonomie. 30 minutes suffisent pour récupérer 80% de la capacité de sa batterie. Charge rapide, oui, mais la puissance maximale encaissée n’est pas annoncée…
Alors, face au rival français, l’EV2 s’en sort comment sur le papier ? L’autonomie est plus importante sur le coréen, grâce à sa batterie plus grosse de 9 kWh. La R4 a, sur le papier toujours, l’avantage d’une consommation légèrement inférieure, tablant sur moins de 13 kWh/100 km. Le style n’est qu’une affaire de goût, nous tenons à préciser que contrairement au Renault, l’EV2 ne cultive pas autant son héritage, et ça peut faire du bien même s’il ressemble aux grands frères. Nous attendons le tarif, mais il devrait se trouver aux alentours des 25 à 30 000 €. Quant aux aides à la conduite, elles sont nombreuses et classiques, noyées entre celles rendues obligatoires par la norme GSR II et celles qui sont devenues classiques (caméras de recul, 360°, aides au stationnement…). L’EV3 a longtemps été en lice pour remporter le titre de voiture de l’année, l’EV2 pourrait être un prétendant aussi !

