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Quand on pense que le groupe Volkswagen a mis des décennies à bâtir son empire avec ses nombreuses marques, pour définir le rôle de chacune sur le marché, entre un Seat pour les jeunes, Skoda pour les familles, Cupra pour les sportifs, Volkswagen monsieur tout le monde, ou Audi pour le premium, on se dit qu’il va falloir du temps, et de la patience, à Stellantis pour au moins faire pareil. Faire mieux nous paraît compliqué. D’autant que Stellantis compte « directement » pas moins de 13 constructeurs sous son contrôle à travers la planète, auxquels s’ajoute Leapmotor. La vie n’est pas un long fleuve tranquille pour ce paquebot de l’auto, à jouer entre les diverses réglementations, à survivre aux changements de direction, et aux tracas de la vie publique… comme les airbags. Mais l’essence d’au moins la moitié des constructeurs dudit groupe étant le sport auto, ils conservent cette branche !
Sur la route, cela se traduit par des investissements globaux dont toutes les marques bénéficient par la suite, notamment en matière de motorisation électrique. La porte d’entrée de la sportivité chez Stellantis s’ouvre forcément sur l’Abarth, la plus petite de la gamme, la 500e. Basée comme son nom l’indique sur la 500 éponyme au logo FIAT, la citadine griffée du scorpion embarque un moteur électrique de 155 chevaux, contre 95 ou 118 pour la classique. Les accélérations sont rapides, mais pas très longues, et elle corrige les quelques égarements de la première Abarth de l’ère moderne, sans pour autant devenir une reine des virages. Surtout, son autonomie est limitée, on s’en serait douté.






Ajoutez 100 chevaux et vous aurez… l’Abarth 600e dans sa version classique, de série. 240 chevaux dans un SUV au look mélangeant la coquetterie de la FIAT et la sportivité de l’Abarth. Pas assez pour vous ? En édition limitée, il y eut la Scorpionissimo, dotée d’un moteur « exclusif » de 280 chevaux, d’un différentiel Torsen et d’une tenue d’apparat plus sportive encore. Délurée, elle est capable de déhancher ses roues arrière ! Exclusif à sa sortie, cette motorisation ne l’est pas tant après… En effet, on retrouve la même cavalerie électrique dans le Junior Veloce, dans l’Opel Mokka GSE, dans la Lancia Ypsilon HF, ou encore dans la toute prochaine Peugeot 208 GTi. Les SUV ont droit à la transmission intégrale, les citadines donnent tout aux roues avant ! Et même si la motricité risque d’être prise en défaut, ce doit être plus drôle dans un châssis bas que dans un haut sur pattes !
En lisant ces deux premiers paragraphes, on pourrait se demander si l’automobile de sport thermique n’était pas morte… Il reste encore quelques heureuses représentantes de ce présent ! Comme par exemple l’excellente et sublime Alfa Romeo Giulia, toujours disponible – mais rarissime -, dans sa version Quadrifoglio, ainsi que son comparse Stelvio aux V6 2,9 litres biturbo de 520 chevaux. Ou alors, l’édition ultra-limitée de la 33 Stradale. Dans le même pays, Maserati joue sur les deux fronts… sans les mélanger. Pas de sport hybride mais du sport électrique avec la gamme Folgore dont la GranTurismo clame haut et fort son incroyable puissance de 761 chevaux. Elle et son pendant GranCabrio sont disponibles aussi en thermique, en Modena (490) et Trofeo (550 chevaux) utilisant le V6 de l’inédite MCPura, ex-MC20, à la différence du carter, sec dans la supercar, humide dans les GT.







Jamais sa gamme n’a été aussi récente et compétitive. Pourtant, Maserati peine à vendre ses voitures… Le Grecale ne trouve pas le public attendu, le Levante attend désespérément un remplaçant, tout comme les deux berlines, Ghibli et Quattroporte. La MCPura végète dans un no-man’s-land : elle est soit trop puissante soit pas assez, mais n’a aucun concurrent direct ! Cela dit, elle brille en piste. Engagée dans le championnat GT2, elle a très vite remporté des courses, grâce paraît-il à une certaine accessibilité pour les pilotes. Après en avoir décliné une version MCXtrema réservée à la piste, plus puissante et performante, Maserati a homologué sa GT2 pour la route, avec la Stradale. Mais les finances ne sont pas au beau fixe, et le Trident a décidé de rompre son engagement en Formula E.
Les Chevrons de Citroën vont remplacer l’élégant logo de Modène à partir de la saison prochaine aux côtés de son ancien badge premium, DS. Bientôt, une nouvelle génération de Formula E, Gen4, remplacera l’actuelle, la Gen3.5. On peut déjà apprécier les évolutions de la discipline depuis sa création en 2014. Il y a plus de dix ans, les pilotes avaient chacun deux monoplaces pour couvrir la totalité du Grand Prix, car la technologie des batteries ne pouvait pas proposer une autonomie suffisante. Les temps au tour étaient tout juste corrects, la prochaine génération avec ses plus de 800 chevaux devrait tourner plus vite que des F2 ! Ça promet !





Mais il n’y a pas que la monoplace dans la vie, le rallye existe aussi. Et chez Stellantis, les constructeurs ayant brillé dans cette discipline sont nombreux : Peugeot bien sûr, Opel avec la trop discrète Manta, Citroën avec les succès qu’on connaît et la mythique Lancia. Ces constructeurs se partagent les catégories. On trouve par exemple un championnat monotype avec la Corsa electric de 136 chevaux. Le grand frère Mokka aussi dans sa version GSE Rally. Peugeot et Lancia proposent leurs 208 et Ypsilon en Rally4 et Rally6, de 145 et 212 chevaux, qui nous scieraient déjà très bien ! Citroën poursuit son engagement en WRC2 avec sa Citroën C3 (stylistiquement basée sur l’ancien modèle). D’ici janvier prochain, Lancia fera son grand retour dans cette discipline. Nous l’attendons de pied ferme !
Enfin, un mot sur Peugeot et sa persévérance en Endurance. La spectaculaire 9X8 engagée depuis 2022 en WEC a bouclé sa troisième saison complète. La voiture semble s’améliorer, les résultats prouvent qu’elle en a sous le pied, que les capacités sont là. Dans les 8 courses de la saison, il est vrai que les #93 et #94 ont souvent navigué, au gré des positions, tout juste autour du Top10. Deux coups d’éclat sont à noter malgré tout : à Austin elles ont fini 3ème et 4ème, alors que la concurrence est rude, et au Japon la #93 grimpait sur la deuxième place du podium ! Un succès malgré tout éclipsé par la plus jeune Alpine victorieuse lors de cette course… L’écurie Peugeot Total Énergies termine à la 7ème place sur 8, loin devant Aston Martin (24) et son inédite Valkyrie LMH dont elle apprend à chaque sortie, et 2 points derrière Alpine. Avec le départ de Porsche (3ème) et l’arrivée de Genesis l’année prochaine, Peugeot peut bien espérer grimper un peu… On lui souhaite !

