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Lamborghini Urus SE Performante

Pas assez voyant, le Lamborghini Urus SE de série ? Le constructeur a lu dans vos pensées et a pensé une version Performante plus énervée encore. Incontestablement, le SUV de tous les superlatifs, c’est lui.

Lamborghini Urus SE avant

Je ne suis pas un fan de Lamborghini. Je reconnais bien volontiers que certains modèles ont marqué l’histoire mais je ne suis pas particulièrement touché par la manière d’obtenir les performances des Lamborghini. Toutefois, j’en apprécie certaines. Il en va de la Miura, évidemment, mais aussi de la Gallardo. J’ai grandi avec elle. Et je me souviens que la première fois que Lamborghini a utilisé le patronyme de Performante, c’était pour nommer la Superleggera découvrable. Déjà, quand ils l’ont utilisé sur la Huracan, je pestais un peu même si j’apprécie cette déclinaison. Mais alors pour l’Urus… Qui a besoin d’un SUV déjà flamboyant réhaussé de quelques accastillages en fibre de carbone ? Personne. Mais Lamborghini a réussi à en vendre… C’est… incompréhensible.

L’Urus est devenu Urus S, le SE est arrivé prêter main-forte pour baisser les consommations et augmenter les performances avec son hybridation. Et maintenant que ce dernier est bien installé, le voici décliner en version Performante.

Au programme, un SUV plus inélégant qu’avant. Si, si, c’est possible. La silhouette taillée à la serpe use et abuse d’ouvertures destinées tantôt à refroidir le moteur, tantôt à danser avec l’air. Oui, vous avez bien lu, le SE Performante parle d’efficience aérodynamique et même de déportance. D’appui. Les boucliers avant et arrière et le capot sont totalement revus. La face avant est méchante, une agressivité servie par une calandre tout de noir vêtue et dont les prises d’air aux extrémités dessinent des quadrilatères aux formes étranges rappelant un peu le bouclier de la première Huracan propulsion. Le capot est plongeant, il empiète sur le bouclier et creuse deux sillons de part et d’autre de la partie centrale, captant l’air à partir des deux cavités entourant la caméra qui se voit comme le nez au milieu de la figure.

Lamborghini Urus SE Performante
Lamborghini Urus SE Performante

Le profil ne change que par petites touches. On distingue le capot plus plongeant, on remarque les passages de roues revêtant cette fibre de carbone bien visible, ou encore les (très) grandes jantes qui y passent, du 22 pouces de série, 23 en option ! À l’arrière, les pneus passent à 325mm de large, soit une hausse de 10 unités. Les voies aussi sont élargies, augurant une meilleure empreinte et un dynamisme accru. À l’arrière, la complexité continue son service. Les ailes sont surlignées, ultra-musclées. Aux deux extrémités, des ouvertures laissent imaginer une évacuation de l’air chaud en provenance des roues postérieures. Le diffuseur s’habille de carbone et place les deux doubles sorties à ses extrémités pour faciliter le travail de l’air. Plus haut, on a toujours cette arête centrale au niveau du coffre qui donne une profondeur à la voiture. Les deux optiques prennent place dans un bandeau noir, et un béquet le surplombe. Tout en haut, dans le prolongement du toit, un aileron a été rajouté.

Parce que, c’est bien connu, les SUV roulent souvent sur circuit et ont besoin d’un appui considérable pour passer plus fort dans les virages avec plus de stabilité, non ? Négatif. Pour avoir été sur plusieurs sessions de track days sur le circuit du Mans, je n’ai JAMAIS vu un seul SUV être mené tambour battant sur ce tracé. Qu’il serve à tracter une Lotus, Porsche ou Alpine, c’est possible. Mais de l’appui sur un pachyderme… Reprenons le fil de l’air. Nous avons vu qu’il était canalisé à l’avant, ensuite il est guidé vers le pare-brise jusqu’au toit et à son aileron horizontal pas très élégant. Lamborghini évoque une traînée en légère baisse (3%) et un appui en hausse (16%) par rapport au précédent Performante. L’utilité ? Je cherche…

Lamborghini Urus SE Performante
Lamborghini Urus SE Performante

À l’intérieur, car il faut bien y entrer, c’est encore le meilleur moyen de ne plus le voir, l’Urus accueille ses passagers dans un habitacle empreint de technologie et de lourdeur… Regardez ce tunnel central… habituellement, je peste contre les écrans qui occupent une place trop centrale dans la planche de bord mais, ici, non seulement ill y en a trois de grande taille et en plus il y a des arêtes de partout et des boutons gros et lourds. Le dessin en Y souligne l’écran central. Le volant est inédit et propre à cet Urus, arborant un méplat sur sa partie inférieure et un rappel rouge en haut. Derrière, l’interface homme-machine s’inspire, paraît-il, de celle de la Revuelto. Je m’en excuse, je ne connais pas suffisamment celle-ci pour juger de cet aspect. Les sièges semblent ne pas savoir quoi proposer : un peu baquet, un peu confort… C’est étonnant.

Un nouveau mode de conduite fait son apparition : Rally. Il optimise la réponse moteur, la disponibilité du couple à partir de la surface sur laquelle il roule… Et, là encore, c’est bien connu, de l’appui sur un véhicule aussi lourd en rallye, c’est d’une nécessite implacable ! Tant qu’on en est à parler du dynamisme, évoquons sa partie technique. L’Urus SE Performante annonce 812 chevaux, soit une hausse de 12 équidés, toujours répartis entre le V8 biturbo et la partie électrique. Rappelons qu’entre l’Urus original et sa version Performante, il n’y avait qu’une hausse de 16 unités. Grâce à l’usage de la fibre de carbone, entre autre, le poids baisse légèrement ce qui permet à ce SE Performante d’annoncer un rapport poids/puissance de 3 kg/ch. Le couple, en hausse de 50 Nm pour pointer à 1000, participe à la légère amélioration des accélérations. Mais il se pourrait que tout change grâce à son châssis.

Lamborghini Urus SE Performante
Lamborghini Urus SE Performante

Le système 6D initié sur la Fenomeno se décline pour la première fois en série sur ce SUV… Ce choix discutable augure une meilleure réponse des suspensions et plus globalement du châssis grâce à une plus grande quantité d’informations collectées. Une nouvelle suspension pneumatique à double chambre, baptisée AURA, annonce limiter le roulis et mieux faire travailler les pneumatiques. Leur réglage s’établit à partir du 6D précité, et des données collectées par les 8 accéléromètres placés dans chaque roue et sur chaque extrémité du châssis. Avec, le freinage – copieux système de 440 mm à l’avant et 410 à l’arrière en carbone céramique -, les différentiels, les suspensions pourront travailler plus brillamment encore. Reste à savoir si tout ce travail de puces savantes sera transparent au volant…

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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