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À sa sortie, la Huracan était vue comme une Lamborghini trop sage d’un point de vue stylistique, puis pas assez difficile à conduire une fois derrière le volant. Une Lamborghini facile à vivre, une première ! Mais avec le temps, ses qualités dynamiques et auditives lui ont permis d’occuper une place de choix dans le cœur de nombre de passionnés. Il suffit d’un démarrage du V10 et la moitié de la population tombe amoureuse de ce son bestial. Et puis, ses performances… Alors que l’Aventador continue son chemin avec une simple embrayage rétive, la Huracan préfère la rapidité de la double embrayage et ses chronos le lui rendent bien. Une fusée sur quatre roues (motrices puis directrices à partir de l’Evo) capable de tourner vite sur des circuits tortueux comme le Nürburgring. Son histoire, nous vous la racontons plus en détail ici. Pour l’heure, il est temps de s’intéresser à celle qui veut lui succéder. Non pas la remplacer dans nos cœurs, mais prendre sa place dans la gamme.
Première question lors de la sortie d’une nouvelle Lamborghini : est-elle agressive ? On ne peut que l’admettre. Sa silhouette la rapproche – sans aucun reproche – de la Huracan profondément restylée. Le bouclier se simplifie tout en gagnant en agressivité et en technologie. En regardant bien, on distingue de part et d’autres de la plaque d’immatriculation deux caméras ou radars plutôt mal camouflés. Aux extrémités du bouclier, des feux de jours en forme d’hexagone dessinent des entrées d’air permettant de refroidir les freins ou d’accroître l’efficacité aérodynamique. Les phares s’amincissent sans perdre en efficacité lumineuse. La découpe des vitres rappelle indéniablement son aïeule quand les entrées d’air nous renvoient à sa grande sœur Revuelto (dessinées dans le sens contraire). Si l’avant parait encore un peu sage pour une Lamborghini, le trois-quart arrière ne laisse plus planer le doute de son origine.


Les lignes se complexifient à mesure que l’on tourne autour de la voiture. La ligne basse de la vitre rejoint une prise d’air derrière elle. Une ligne part du capot avant pour parcourir toute la voiture, dessiner l’arche de roue arrière (à la manière de la STO) et terminer sa course jusqu’au train arrière. Une autre, plus basse, parcourt toute la portière, la dépasse légèrement, pour dessiner un renfoncement de la carrosserie pour libérer de l’espace pour l’entrée d’air… Il y en a d’autres encore… Quand à l’arrière, il est bestial. Nous retrouvons la même géométrie qu’à l’avant pour les optiques arrière, laissant s’évacuer quelques particules d’air aussi. Comme la dernière Bugatti Tourbillon, les roues arrière sont totalement dépourvues de pare-chocs. Un immense diffuseur s’accapare la moitié du pare-chocs. Pile entre les deux optiques, un autre hexagone laisse respirer le moteur. Il est temps qu’on en parle d’ailleurs…
La Temerario s’inscrit dans la lignée de la Revuelto, et de l’Urus SE. Autrement dit, le modèle est hybride. Pour la partie thermique, celle qui nous intéresse davantage, Lamborghini a mis les petits plats dans les grands. Nous savions le V10 mort et enterré sans réellement savoir ce qu’on allait gagner à la place… Il s’agit d’un V8 4.0 biturbo répondant au doux nom de L411 en interne. Les Italiens nous rassurent : il est propre (pour l’instant en tous cas) à la Temerario et ne partage pas de gènes avec celui du groupe Volkswagen. En effet, le modèle au Taureau comprend un vilebrequin plat, qu’aucun SUV n’a droit, et intègre ses deux turbos entre les deux bancs de cylindres, permettant une réponse moteur plus rapide. Et effroyable aussi, puisque les deux wastegate soufflent à 2,5 bars ! Enfin, la particularité de ce bloc se résume à son amplitude. De 4 à 7.000 tours/minute, le V8 distribue 730 Nm de couple. De 9 à 9.750 tours, la puissance déboule : 800 chevaux. Le rupteur est placé à 10.000 tours ! Pour un moteur turbo de série ?! C’est du jamais vu…


Et cela ne suffit pas. En bonne hybride, la Temerario a bien l’intégration des moteurs électriques. Ainsi, un premier de 150 chevaux et 300 Nm de couple trouve sa place entre le moteur et la boîte de vitesses (double embrayage à 8 rapports, ça devient commun). Et puis, à l’avant, chaque roue reçoit un moteur électrique de 15,5 kg chacun capable de fournir jusqu’à 300 chevaux en pic à eux deux instantanément. Ils puisent leur énergie dans une batterie de 3,8 kWh logée dans le tunnel central. La voiture bénéficie alors d’une puissance maximale de 920 chevaux en combinant les deux puissances et en sélectionnant le bon mode de conduite. Sinon, la puissance baisse légèrement, et le son diffère lui aussi. Au total, treize modes de conduite sur trois niveaux de puissance sont disponibles, allant de Recharge à Hybride jusqu’à Performance (où les 920 chevaux sont lâchés !). Pour la ville, Città ; pour la route, Strada ; pour aller un peu plus vite, Sport ; pour aller encore plus vite, Corsa ; pour la piste, Corsa Plus ; pour déchiqueter les Bridgestone Potenza Sport ou Race de 325 mm à l’arrière, ESC Off et mode drift.
Sur piste, la Temerario utilise tous les éléments positifs de l’hybridation et améliore l’existant, c’est-à-dire les avancées déjà réalisées sur les dernières versions de la Huracan. Ainsi, nous retrouvons le Lamborghini Dynamic Veicolo ici dans une version 2.0 mise à jour utilisant le couple vectoriel, qui n’agit sur les freins qu’en cas de nécessité cette fois. En effet, grâce aux moteurs électriques, il est plus facile de jouer sur la répartition de la puissance qu’avec un moteur thermique simple. Tant qu’on est à parler de virage, la Temerario améliore nettement son aérodynamisme en pensant aux flux d’air dès les premières lignes directrices du dessin (nous l’avons vu avec les optiques ouverts pour faire circuler l’air), dessinant un joli aileron fixe et intégrant l’échappement le plus haut possible pour libérer de l’espace pour exagérer le diffuseur. Ainsi, et avec tous les éléments actifs invisibles, l’appui est majoré de 103% par rapport à la Huracan Evo, loin d’être lente, voire 158% lorsque le pack Alleggerita est coché.


Moyennant finances, ce pack surveille encore plus sa ligne et utilise de manière intensive la fibre de carbone pour le splitter, les panneaux de portes, le pare-chocs arrière ou encore en amincissant les vitres… Au total, 12,65 kg disparaissent grâce à ce pack… mais il en reste encore beaucoup, puisque la voiture annonce une masse à vide de 1690 kg ! Évidemment, l’hybridation joue un rôle majeur à cette forte hausse, encore que Lamborghini insiste sur le fait d’avoir utilisé les matériaux les plus légers possibles. Outre l’hybridation, il y a toute la partie électronique et de confort qui augmentent considérablement le poids. On distingue cela en pénétrant dans l’habitacle à la finition visuellement qualitative, au mariage des couleurs agréable. Les sièges électriques sont chauffants, ventilés et réglables sur 18 voies. Ou alors, il y a des sièges sport à coque en fibre de carbone, un brin moins confortable, à coup sûr.
Le volant continue sa crise d’adolescence, multipliant les boutons et les fonctions sur chaque branche. Et les écrans aussi se multiplient. Au classique central vertical de 8,4 pouces s’ajoute le désormais traditionnel écran derrière le volant de 12,3 pouces quand un nouveau de 9,1 pouces devant le passager renvoie les mêmes informations que celui du pilote. Voyager à deux dans une Lamborghini est mission possible, à condition de voyager léger. L’habitacle est annoncé comme plus accueillant, plus confortable pour les grandes personnes et un coffre de 112 litres à l’avant permettra de partir en grande vadrouille au son du V8 biturbo. À la moindre ligne droite, il peut s’égosiller. Lamborghini affirme que la technologie des turbocompresseurs électriques comme ici permet une linéarité digne d’un atmo, et que le V8 peut supporter 11.000 tours/minute ! De quoi s’attendre à une hypothétique version Performante tutoyant l’Himalaya ? Déjà, il nous faut digérer les chiffres avancés par la Temerario « classique », qui passe déjà de 0 à 100 km/h en 2,7 secondes, et de 100 à 0 en 32 m. Merci les freins carbone-céramique de 410mm et 10 pistons à l’avant et 390mm et 4 pistons à l’arrière !

En pointe, la Temerario parle de 343 km/h. Nul doute que certains vont tenter d’approcher cette vitesse, supérieure à la Huracan sortante. Lamborghini vend son nouveau modèle comme un objet performant et émotionnel. Mais tiendra-t-il réellement la comparaison avec une Huracan, quasi parfaite ? Il n’y a plus qu’à attendre les essais pour le savoir…


Une réponse sur « Lamborghini Temerario »
[…] Elle était peut-être la plus attendue de l’événement. La Lamborghini Temerario (ou téméraire en Français) prend la place de l’Huracan dans la gamme désormais 100% hybride du Taureau énervé. Mais prendre la place ne signifie pas remplacer. En tous cas, dans le cœur des passionnés, cette nouvelle venue ne fait pas l’unanimité. Des raisons particulières ? Pour le design, il y a beaucoup de choses à dire, tout en restant objectif. Pour faire simple, je suis assez déçu du manque de surprise, les spy shots donnaient un aperçu 90% fidèle à cette version de série. Et je trouve ça dommageable. Les goûts et les couleurs… En revanche, on ne peut que regretter la perte du V10, le dernier de la production automobile de série… la Temerario le troque pour un V8 biturbo 4.0. Lamborghini nous rassure : il est propre (pour l’instant ?) à ce modèle. Et est épaulé par 3 moteurs électriques. Le tout porte l’écurie à 920 chevaux (lire plus). […]