Catégories
Nouveautés

Lamborghini Revuelto SV

On attendait avec impatience une version plus piquante, plus puissante, plus performante de la Revuelto qui n’était pourtant déjà pas un modèle de sagesse… Là voilà, cette itération. On était prévenus !

Lamborghini-Revuelto

Ah… La Revuelto. Chez Boucars, elle n’est pas notre Lamborghini préférée, désolé. Mais force est de constater qu’elle est là, qu’elle plait à la presse – surtout britannique – et qu’elle est aussi performante qu’on l’espérait après une Aventador à la page en 2011, moins à partir de 2017. Pour rappel, la Revuelto est la première supersportive hybride de série du constructeur au Taureau. À la place du V12 L539 100% bio de l’Aventador, le L545 de la Revuelto cube 6,5 litres aussi mais est surtout aidé de 3 moteurs électriques à flux axiaux faisant grimper la puissance à 1015 chevaux… Accélérations dignes de la gamme supérieure, look d’enfer, habitacle plus spacieux qu’avant, la Revuelto sidère le monde. Mais son hybridation en déçoit certains… Si on écoute Lambo et d’autres constructeurs, on ne peut faire autrement.

C’est donc sans surprise que la Revuelto SV reste sur cette recette du duo atmo-électro. Lequel est logiquement revu en conséquence pour mériter ce nouveau patronyme. Comme la précédente SV, la nouvelle venue gagne 50 chevaux ce qui, au regard de l’écurie qu’elle avait au départ, ne représente qu’un gain substantiel de 5%. Pire encore, cette hausse ne provient que de la partie électrique, le V12 reste dans sa configuration déjà copieuse de 825 chevaux obtenus à 9 250 tours/minute. Mais une petite cure de puissance nous aurait plu… Sans faire la fine bouche, augmenter la puissance de moteurs électriques est bien plus simple, moins coûteuse en CO2 et permet dans le même temps d’en gagner, du temps. Tant sur le développement que sur la piste.

Lamborghini Revuelto SV
Lamborghini Revuelto SV

Car ne l’oublions pas, un moteur électrique – et là, il y en a trois, à flux axial – intervient immédiatement contrairement au thermique. Trois moteurs donc, un pour chaque roue avant, un sur l’essieu arrière. 1065 chevaux et 1425 Nm de couple. En termes d’accélération, cette avalanche de chiffres propulse la bête de 0 à 100 km/h en 2,4 secondes, de 0 à 200 en 6,7. C’est très bien mais une Ferrari 849 Testarossa roule sur ses plates bandes, alors même qu’elle est (légèrement) moins puissante. Mais là où la SV veut tirer son épingle du jeu, c’est en virages. Et plus globalement, sur circuit. Et pour ce faire, de nos jours, tout passe par un travail aérodynamique de haut vol – ce qui se voit – et une mise au point fine du châssis.

Comme le nez au milieu de la figure, tout cet attirail aérodynamique se voit dès le premier regard. Toute la carrosserie subit une refonte totale. Le bouclier avant déjà agressif de la version de série s’inspire du dessin de celui de la Huracan Tecnica et de son triangle encadrant les optiques à l’avant, donnant un nouveau caractère à cette face avant. Un splitter rejoint cette partie inférieure et génère de l’appui sur l’avant. Le capot noir participe à la radicalité de l’engin, comme les jupes latérales que cette couleur sombre accentuent et surlignent. Pour bien nous faire comprendre qu’elle n’est pas une voiture banale, la SV inscrit ses lettres de noblesse sur ses ailes arrière qui nous conduisent, logiquement, sur le bouclier arrière… chargé. Le diffuseur proéminent rappelle à la fois la Centenario et la Fenomeno. L’aileron actif de la version de série est écarté au profit d’un appendice fixe à la forme complexe, la partie centrale étant légèrement plus basse par rapport aux extrémités qui sont, elles, percées. C’est… radical !

Lamborghini Revuelto SV
Lamborghini Revuelto SV

Globalement, l’efficacité aérodynamique fait un bond, augmentant l’appui de 80% par rapport à la Revuelto sans que la traînée n’augmente de manière considérable. L’aérodynamisme, c’est bien. Mais il faut que le châssis puisse s’en servir ! Ça tombe bien, il a été développé pour. De nouveaux amortisseurs passifs inspirés de la course automobile font leur apparition. Lamborghini assure que cet équipement permet de gagner en agilité et en grip sur circuit, preuve que les bonnes vieilles méthodes ne sont pas à jeter ! Le point négatif concerne le réglage de ces éléments : manuel. Oui, vous avez bien lu, il faut régler par des petits clics à tourner au niveau des suspensions pour rigidifier/assouplir les suspensions. Sur une voiture aussi onéreuse, qui ne sera probablement pas conduite par des pilotes chevronnés, cette solution nous paraît étonnante…

Moins surprenant, la faculté qu’a cette voiture à réduire les distances. Avant la présentation de la voiture – qui a d’ailleurs été très peu communiquée en amont – Lamborghini a annoncé un record sur le circuit d’Hockenheim : 1’41’’6. Le constructeur s’enorgueillit d’avoir signé le meilleur temps pour une voiture de série sur ce tracé… très peu utilisé pour les chronos. Devant elle, on trouve une McLaren Senna dont le temps n’a pas été signé par un pilote de développement, et la Mercedes-AMG One, à la puissance voisine, la devançant de 3 secondes pleines. Ça reste un excellent chrono. Pour y parvenir, vous vous doutez bien que la Revuelto SV a subi une mise au point fine, qui ne s’arrête pas aux quelques éléments précités.

Lamborghini Revuelto SV
Lamborghini Revuelto SV

Le système 6D Sensor initié dans la Fenomeno combinant tous les systèmes d’aides au pilotage dans un seul grand ordinateur pour améliorer le traitement et les performances globales de la voiture fait son apparition sur la SV. Un nouveau mode de conduite Pilota débarque au-dessus du Corsa. Inspiré de l’univers du GT3, ce mode propose de jauger l’intervention du Traction Control sur 5 positions, du plus envahissant au plus permissif. Des jantes inédites à écrou central augmentent la sportivité et limitent les masses non suspendues de la voiture. Elles sont ceintes de pneumatiques en provenant de Bridgestone, des Potenza Race R à l’adhérence optimale. Quant au freinage, il semble de haut vol avec un cocktail carbone-céramique de nouvelle génération baptisé CCM-R Plus. Grâce à une structure imprimée en 3D, cette nouvelle version évacue l’air chaud plus rapidement favorisant des décélérations successives sans perdre en efficacité. Plus besoin de les faire chauffer pour qu’ils délivrent une performance optimale et, combiné au système nerveux central 6D, la partie liée au freinage améliore les capacités en atteignant plus rapidement la limite de performance des freins, avant l’intervention de l’ABS.

En bref, et comme d’habitude, jamais une Lamborghini n’a été plus performante, plus radicale, plus apte à prendre la piste que la dernière. Le chrono en dit long et on attend avec impatience les essais de la presse pour en savoir davantage ! Et aussi de voir d’autres configurations. Il y en aura, à coup sûr, pour la simple et bonne raison que la Revuelto SV sera assemblée à 1963 exemplaires. C’est beaucoup, quand on sait que la précédente Aventador SV n’a existé qu’en 600 unités… (auxquels s’ajoutent 500 Roadster) 

Lamborghini Revuelto SV
Lamborghini Revuelto SV
Lamborghini Revuelto SV

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Boucars

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture