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Spyker C8 Preliator XXV Coupé

Pour une surprise ! C’est à l’aide d’une stratégie média bien ficelée que Spyker a annoncé son retour, prévoyant il y a plusieurs mois son retour pour le 15 août 2026. C’est désormais chose faite : bienvenue C8 Preliator XXV Coupé !

Spyker C8 Preliator XXV Coupé

S’il y a bien un constructeur dont on n’imaginait pas un retour en grâce, c’est bien Spyker ! Et pourtant, Spyker est de retour. Un deuxième retour. Car si l’artisan revient à la vie en 2026, il était déjà revenu d’entre les morts en 2000 avec la C8 après plus de 70 ans de sommeil. En effet, Spyker a connu l’éclosion de l’automobile. La petite officine hollandaise s’est tout d’abord intéressée à la carrosserie en façonnant quelques jolies autos pour le compte de clients fortunés avant de concevoir elle-même ses propres voitures. Les livres d’histoire se souviennent de Spyker pour être le premier constructeur à avoir installé un 6 cylindres dans une voiture, en 1903. Avec la Grande Guerre, les intérêts pour l’aviation ont grandi, et l’automobile peu à peu délaissée, et Spyker de disparaître purement et simplement en 1925.

Retour dans notre ère. Spyker revient donc en 2000 avec la C8. L’automobile vient de traverser une période délicate pour les supercars (McLaren F1, Jaguar XJ220… tant d’échecs commerciaux…) mais certains visionnaires (qui a dit fous ?) tentent à nouveau l’expérience en Europe : Spyker donc, mais aussi Pagani et Koenigsegg. Chacun a sa vision de l’automobile qui transparaît dans ses voitures, chacun a sa façon de développer son image. Spyker, pour respecter son héritage lié au sport automobile d’avant-guerre, s’engage dans des compétitions avec une C8 optimisée qui donne naissance à une version de route. Dans les années 2010, on verra Spyker au Mans, à Spa, à Monza, au Nürburgring, et même en Formule 1 pour deux saisons. La C8 sera sans cesse améliorée jusqu’à la faire ressembler à la C8 Preliator de 2016. D’un dessin digne de la fin des années 90, la C8 deviendra cette supercar qu’on associe aux années 2010.

Spyker

Malgré son acharnement en compétition – jusqu’à décrocher une belle 5ème place dans sa catégorie GT2 au Mans en 2009 – Spyker ne parviendra pas à jouer à armes égales avec Koenigsegg ou Pagani. Et à partir de 2016, plus de son ni d’image de Spyker…

Spyker C8 Preliator XXV Coupé

Jusqu’à ce début d’année 2026 où un post sur les réseaux sociaux annonçait le retour de Spyker. Une vidéo semblait interroger le PDG sur ce retour, lequel disait qu’une Spyker électrique n’était pas incompatible ! Horreur ! Malheur ! Mais plutôt que de crier avant d’avoir mal, autant patienter jusqu’à la date fatidique et découvrir… la C8 Preliator XXV Coupé. Un nom à rallonge qui nous apporte à peu près autant de questions que de réponses… C8 Preliator… Mais, c’est le nom de la dernière itération !? Oui. Fort heureusement, tout n’est pas identique à la voiture de 2016, on aurait crié ! Mais la silhouette est suffisamment proche pour qu’on la reconnaisse au premier coup d’œil. Elle est loin d’être laide, sa couleur de présentation est originale et le soin apporté aux détails confine à l’obstination.

À ce titre, Spyker se rapproche de Pagani plus que de Koenigsegg. Les lignes de la Spyker, comme vous le voyez, sont plutôt douces, assez convenues, classiques pour une supercar. Sur ce point, elle me fait davantage penser aux Koenigsegg Agera par exemple, dont les lignes sont assez simples. Mais la finition de la grille aux très faibles ouvertures, l’inscription Spyker qu’elle intègre, l’ouverture des portières, très élégante, tous ces parements aérodynamiques – jupes latérales, splitter, aileron dorsal – en or ou en imitation donnent un cachet à cette voiture, un caractère exceptionnel. La face arrière avec cette grille en nid d’abeilles également dans laquelle les feux s’intègrent de la plus belle façon, les échappements dirigés vers le haut et placés après la lunette arrière, témoignent du travail orienté vers l’originalité globale de la voiture. On aime ou non.

Spyker C8 Preliator XXV Coupé
Spyker C8 Preliator XXV Coupé

La division se poursuit à l’intérieur avec un habitacle aussi sur-dessiné que l’extérieur. La planche de bord, dépourvue de tout écran surdimensionné, nous ravit, nous qui avons l’habitude de présenter des Mercedes ou BMW aux immenses écrans. Non, ici le bois occupe plus de place que le digital, des vrais compteurs circulaires, à aiguilles, se placent dans le champ de vision du conducteur. Derrière le volant, un petit écran vertical – seule vraie concession à la modernité – indique le rapport engagé ou l’autonomie de la voiture. Sans doute pour pouvoir être commercialisée sur davantage de marché qu’auparavant, le volant écarte le dessin en hélice d’avion de la C8 originale pour une forme plus convenue tout en étant façonné par Spyker. Les sièges donnent envie de se glisser, de se lover dans cette écrin de cuir véritable. Et ce levier au centre nous invite à en découvrir plus sur la mécanique !

Ça tombe bien, on a de quoi se ravir. Car sous le capot de la C8 Preliator XXV Coupé, il n’y a pas l’once d’un électron ! À part pour la batterie 12V. Toute la cavalerie est issue d’un vrai moteur, un bloc qui, comme l’originale, provient d’Audi. Un bloc de 4 litres de cylindrée donc chaque rangée de cylindres est gavée par un turbo pour fournir la bagatelle de 800 chevaux et 1000 Nm de couple ! Tous ces chiffres qui font pleurer les manufacturiers de pneus ne sont transmis qu’aux roues arrière via une boîte manuelle, comme on le voit à l’intérieur ! Ça titille notre curiosité ! Et ce n’est pas tout.

Spyker C8 Preliator XXV Coupé
Spyker C8 Preliator XXV Coupé

Au début il n’y avait que Ferrari, Lamborghini et McLaren, plus tard. Puis Porsche, Pagani, Koenigsegg, même Alpine ou BMW. Globalement, tout le monde s’y est mis ou presque, au développement de la fibre de carbone. Mais si certains, comme Pagani, parviennent à un excellent visuel aussi luxueux que technologique et beau, certains l’utilisent simplement pour faire baisser le poids ou pour dire « nous aussi on sait faire ! ». À ce matériau composite dont elle reconnaît les qualités, Spyker préfère l’aluminium qui la rapproche de sa première activité où l’artisan frappait l’aluminium pour lui donner les formes qu’elle voulait. C’est plus artisanal pour eux… Au total, il faut environ 2100 heures de travail pour donner naissance à une C8 Preliator XXV Coupé, ça occupe pas mal de journées !

Pour les intéressés, sachez que cette voiture entièrement personnalisable sera assemblée à 25 unités seulement. Et s’il est trop tard, ne pleurez pas. Spyker ne semble pas vouloir s’arrêter là puisque le communiqué explique que d’autres voitures pourraient arriver. Quelque chose me dit que la prochaine Spyker qu’on verra sera un roadster… 

Spyker C8 Preliator XXV Coupé

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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