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Dire que la Série 3 est un modèle important chez BMW est un doux euphémisme. La berline la plus classique sévit sur le marché depuis plus de quatre décennies, façonnant la vision de voyager à sa manière. 100% BMW, les Série 3 ont toujours proposé des sensations de conduite plus sportives que la concurrence. Un châssis plus joueur, un train avant plus incisif et une immersion totale pour le conducteur grâce à une instrumentation orientée vers lui s’allient à un confort préservé et une habitabilité correcte. Chaque génération apporte son lot d’innovations, la Série 3 étant un modèle central de la gamme. Signe des temps, le SUV X3 est sorti avant la berline et a donné de nombreuses indications sur le futur de la Série 3.
Un an après ledit SUV, la berline est enfin disponible à la commande ! Elle avait été présentée en début d’année 2026 en ne dévoilant que très peu d’indications sur sa fiche technique ou ses points forts. Son allure ne donnait plus de doute, la Série 3 électrique ressemblera à la motorisation thermique et hybride. On s’éloigne donc de la philosophie de l’iX3 pour se rapprocher davantage du grand-frère iX5. La silhouette inhérente aux berlines est donc fortement visible, un dessin classique de tricorps. Alors que la Série 4 a fait couler beaucoup d’encre sur ses proéminents haricots verticaux, ils changent ici totalement de forme pour occuper la quasi totalité de la largeur de la voiture en intégrant même les deux doubles optiques obliques. Entre ces deux haricots deux nervures partent vers le pare-brise après avoir capturé l’air à partir du logo. Les poignées de porte sont légèrement dissimulées pour favoriser le coefficient de pénétration dans l’air.


L’arrière est simple, il rappelle le Vision Neue Klasse Concept avec ces deux barres leds courant, comme à l’avant, sur la quasi totalité du bouclier, simplement scindées par le logo circulaire. Au passage, BMW est l’un des derniers constructeurs à encore faire honneur à son logo, beaucoup le remplacent désormais par un lettrage qui perd son identité… Dans l’ensemble, les dimensions grandissent de quelques centimètres par endroits, rien de grandiloquent. En revanche, cette hausse du gabarit ne profite pas à la capacité du coffre. En version thermique, il plafonne à 450 litres et descend à 420 dans les versions électriques alors que la G20 en annonçait 480 dans le meilleur des cas.
À bord, la technologie envahissante saute aux yeux, la Série 3 accueille sans surprise le tableau de bord initié dans l’iX3, le BMW System Operating X, qui se compose d’un immense écran tactile de 17,9 pouces au centre et d’un bandeau sur lequel est projeté de nombreuses informations sur le bas du pare-brise. Une débauche de technologie qui se manie finalement assez bien. Le volant adopte une forme complexe avec deux fausses branches à gauche et à droite et deux vraies en haut et en bas. En optant pour la finition M Sport, un cercle plus classique à trois branches remplace celui-ci. Cet habitacle, en faisant ce choix pour les écrans, laisse une belle place aux beaux matériaux, même si ceux-ci deviennent de plus en plus recyclés et recyclables et de moins en moins nobles, à l’œil et au toucher, ils donnent une meilleure impression de qualité que les grands écrans, tableaux pour comparer ses empreintes digitales.


De toutes manières, pour les amateurs de BMW récentes, il va falloir s’y faire puisque le constructeur ambitionne de restyler toute sa gamme en quelques mois pour que toutes ses voitures bénéficient de cet intérieur. Série 7, c’est fait. Au tour des autres ! Mais là où la Série 3 est une nouveauté des plus intéressantes, c’est dans sa partie technique et plus précisément dans sa version électrique de pointe, la 50. Contrairement à l’iX3 qui a d’abord été lancé dans sa version la plus huppée et qui reçoit, au compte-goutte, de nouvelles motorisations, l’i3 – on ne parle plus de la citadine ambitieuse mais bien de la berline – est annoncée avec les deux batteries du SUV. Il existe donc l’i3 40 et la 50.
Commençons par la plus petite à la batterie plus petite mais déjà copieuse de 82,8 kWh. Elle envoie jusqu’à 374 chevaux aux quatre roues, puissance élevée dans l’absolue, raisonnable vu que le marché oblige presque les constructeurs à multiplier les chevaux comme d’autres les petits pains, et 520 Nm de couple avec une forte prépondérance sur l’arrière (265 chevaux et 345 Nm). Les accélérations sont dignes d’une sportive mais alors elle devient une piètre électrique de long trajet. Or, c’est ça qu’elle est, une bonne voyageuse, avec une autonomie comprise entre 631 et 710 km en une charge, variant selon plusieurs facteurs (gourmandise du pied droit du conducteur, profil de la route, et pour atteindre les 710 km, les options choisies). Avec une batterie de 82,8 kWh comme indiqué plus tôt, elle consomme donc environ 15 kWh/100 (14,3 à 16,1). Les recharges sont de l’ordre de 20 minutes pour le 10-80, avec jusqu’à 300 kW de puissance de charge.


Plus onéreuse forcément, la version 50 récupère la panoplie de l’iX3, le mariage de la batterie à cellule prismatique de 108,7 kWh sans module et de deux moteurs électriques (un par essieu) pour augmenter la cavalerie à 469 chevaux et le couple à 645 Nm de couple. Le SUV avait fait grand bruit en annonçant une autonomie de 805 km en une charge et plus de 400 km en 10 minutes sur une borne délivrant 400 kW de puissance. Vous n’êtes pas sans savoir qu’un SUV est plus haut, et qu’à ce titre il oppose une plus grande surface frontale à l’air qu’une berline. Ainsi… avec le même couple batterie-moteurs, la berline bat le SUV sur l’autel de l’efficience. Des chiffres ? La consommation baisse, entre 13,4 et 16,2 kWh/100 km annoncés, l’iX3 revendique plutôt 16,1 en valeur minimale WLTP ! Et l’autonomie navigue entre 814 et 912 km en une charge ! À ce niveau de prix, c’est magistral. (Environ 70 000€)
En contre-partie, il paraît que l’accueil aux places arrière est moins bien dans la berline électrique que dans sa version thermique, la faute à l’épaisse batterie. Au passage, la Série 3 continuera d’être proposée, pour les plus réfractaires aux électrons, en thermique légèrement aidé par une batterie 48V. 318 et 320 ont droit à un 4 cylindres de 2 litres. Et en attendant la version M, la M350 xDrive fait office de version la plus sportive grâce à son 6 en ligne 3 litres de 426 chevaux et 540 Nm de couple. Malgré notre affection pour les modèles thermiques de haute performance, nous attendons de pied ferme les essais de la presse spécialisée sur la BMW i3. Le SUV a fait forte impression en étant réellement capable de voyager sur autoroute, et sa technologie de conduite symbiotique révolutionnaire améliorait la connexion homme-machine. Imaginez tous les ingrédients qui ont fait de l’iX3 une réussite commerciale jusqu’ici dans un gabarit plus bas, plus efficient et fondamentalement plus plaisant ? Avouez que ça donne envie.

