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Son immersion dans le segment premium n’a duré que deux décennies et s’est soldée… par un échec. Les XJ, XF, XE, F-Pace et E-Pace n’ont jamais trouvé la route du succès malgré d’évidentes qualités. Comme mourir peut attendre, Jaguar se renouvelle, pour, peut-être, la dernière fois de son existence. Personne ne veut d’un premium anglais face aux Allemands ? Soit, mais s’il y a bien un segment sur lequel les Britanniques excellent, c’est le luxe. Un échelon au-dessus, Jaguar se définit plus ou moins comme la porte d’entrée du luxe, en-dessous de Bentley, lui-même en-dessous de Rolls. La Type 01, version finale du concept présenté voilà deux ans, nous embarque dans cette nouvelle vie, que dis-je, dans cette nouvelle identité.
La berline est longue, large, basse, presque caricaturale. Du passé de Jaguar, il ne reste qu’une miette qu’on verra à la toute fin. Enfin, si, il y a la longueur gargantuesque du capot avant… qui ne cache rien. La face avant se compose d’une vraie-fausse calandre avec le nom du constructeur inscrit en toutes lettres au centre de stries horizontales donnant un caractère certain à ce bouclier qui ne peut pas compter sur l’originalité de ses projecteurs, de simples barres leds. Le profil est extrêmement long, une longueur (5,23m) accentuée par la même ligne horizontale qui court du bouclier jusque sur la poupe. Les grosses jantes (jusqu’à 23 pouces !) participent à cette caricature de la grosse voiture. La découpe de la surface vitrée et du toit, en un seul tenant procure à la voiture un dynamisme certain, tout comme le choix de la couleur noire pour les montants A, comme invisibilisés…


Plus un coupé quatre portes qu’une vraie berline, le toit de la Type 01 se prolonge jusque sur le dernier morceau de carrosserie supérieure de l’arrière, presque fuselée avec les parties latérales qui tentent de se rejoindre… Pas de lunette arrière, une caméra fera l’affaire. Les hanches sont proéminentes, elles aussi donnent un sérieux gage de stature à la voiture dont la largeur est exacerbée par, encore elles, des barres horizontales, comme une calandre bis sur le bouclier postérieur. Un petit aileron s’ouvre en cas de besoin. À en croire les quelques chanceux qui ont pu la voir, la Type 01 serait intimidante. Et… on veut bien les croire ! Ce n’est pas seulement dû aux dimensions, mais aussi aux lignes presque géométriques. À nos yeux, elle semble presque être une sculpture plus qu’une voiture.
Pourtant, elle a cinq ouvrants, bien que les poignées soient dissimulées. On découvre un habitacle dans lequel la technologie est omniprésente. Sur ce point, on s’éloigne de la noblesse absolue des Rolls et Bentley puisqu’ici, l’écran occupe une place prépondérante sur le tableau de bord. D’une diagonale de 24 pouces, cet écran se divise en deux parties, l’une informe le conducteur de sa vitesse, de son autonomie, de son mode de conduite… quand l’autre permet de voyager sur les différents onglets du système, du GPS aux informations plus utiles de la gestion de la batterie probablement. Une tablette verticale de 7 pouces fait la jonction entre le tableau de bord et le tunnel central, on y règle les sièges, la température… Tout pour vivre au mieux dans un habitacle qui donne envie d’y rester.


Les matériaux paraissent agréables, chaleureux. Cela dit, heureusement qu’un toit panoramique est proposé, sinon l’ambiance paraîtrait bien sombre… L’accueil aux places arrière n’est pas extraordinaire. Ce n’est pas la faute de l’inclinaison des sièges ou des matériaux employés mais de l’espace aux jambes, ou plus précisément aux pieds. Sur ce point, la Type 01 partage un grief avec nombre de voitures électriques : la batterie prend trop de place et grignote l’habitabilité. Et les sièges avant ne sont pas creusés pour accueillir les pieds des passagers arrière. Dommage. Il faudra donc profiter de la Type 01 à deux. Allumez la voiture et sélectionnez au plus vite la plus belle musique de votre playlist. Vous y êtes ? Parfait. Car la Jag accueille un système audio qu’elle nous assure comme de bonne qualité se reposant sur une barre de son panoramique intégrale, et pour parfaire l’ambiance, les sièges disposent d’un système audio sensoriel.
Dommage de ne pas pouvoir en profiter à plusieurs… Ou alors, il faudra que les occupants arrière n’aient pas de trop grandes jambes… D’autant que si vous comptiez profiter des arrêts fréquents en voiture électrique pour vous les dégourdir, vous perdez votre pari ici ! Oui, car la Type 01 annonce des chiffres très intéressants. Le châssis accueille une batterie de 118 kWh, du genre copieuse donc, et repose sur une architecture 850 V. Jusqu’ici, tout va pour le mieux. Et ça continue. Trois moteurs électriques, un sur l’essieu avant et un pour chaque roue arrière, fournissent une puissance de 1030 chevaux et 1365 Nm de couple aux quatre roues. Pour ne pas faire fondre l’autonomie, il ne faudra pas titiller trop souvent l’entièreté de la cavalerie, mais si jamais vous voulez tester, sachez que le 0 à 100 km/h ne prend que 3,2 secondes.


Quant à l’autonomie, elle est indiquée dans une fourchette entre 400 et 450 miles, soit entre 640 et 720 km ! C’est excellent. Au rayon de la recharge rapide, elle porte bien son nom puisqu’elle passerait de 10 à 80 % en 22 minutes sur une charge délivrant un courant de 350 kW de puissance. Et, en cas d’à-point rapide, en 13 minutes elle peut récupérer 320 km. Pas mal non ? À titre de comparaison, les chiffres de sa fiche technique rivalisent avec la BMW i3. La Bentley Torcal est légèrement derrière, malgré une batterie comparable. Quant à la Rolls Spectre, elle est larguée… Pire, Jaguar conserve du passé un élément central dans l’achat d’une voiture : le prix compétitif. Au lancement de la Type E, Jaguar l’a placée près de 3 fois moins chère qu’une Ferrari rivale. Rebelote 60 ans plus tard, la Type 01 est annoncée à partir de 160 000 livres Sterling. Beaucoup dans l’absolu mais pensez qu’une Ferrari Luce demande environ 450 000 € !
