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BMW M2

Après 60.000 exemplaires vendus, la M2 F87 tire sa révérence pour continuer de célébrer le demi-centenaire de BMW M GmbH avec la M2 G87. Une lettre différente pour une voiture qui l’est tout autant.

BMW M2 F87

Qu’il est compliqué de remplacer un modèle si adoré… La BMW M2 F87, cette petite teigne au châssis court mais au moteur gros comme ça avec un caractère bien trempé qui, justement quand il pleut, peut vous envoyer dans le décor en moins de deux sans les aides. Une voiture vivante, vraiment, qui ne veut qu’une chose : qu’on la conduise avec finesse. S’amuser à son volant ne demande pas de grands talents. Pour réussir à la dompter, là c’est plus compliqué. En digne héritière des 2002 Turbo, M3 E30 et de la plus récente Série 1M, la M2 F87 représente pile ce qu’on attend d’une BMW. Courte mais pas trop, joueuse mais rattrapable, puissante mais pas exigeante, rapide mais pas trop, le tout pour un prix finalement pas si élevé… quand on ne parle pas de malus en France. La M2 de 2015 comptait 370 chevaux de son 6 en ligne, et très vite les évolutions sont arrivées. En 2017, la M2 Compétition remplaçait la « normale » en reprenant directement le moteur de la grande soeur M4 et revendiquait désormais 410 chevaux. Mais ce n’est pas fini, puisque en 2019, la M2 gagne le badge CS qui, limité à 2200 exemplaires, augmente la puissance à 450 chevaux et raidit les suspensions. Après un tel ballet de sportives attachantes, et après un couple M3/M4 très convaincant, on attend beaucoup de cette nouvelle génération. 

S’il était possible de se tromper pour reconnaître une M2 d’une M2 Compétition, avec cette génération G87, il est impossible. Sa grande soeur M4 rend une copie presque parfaite, pourquoi ne pas la reprendre ? Le châssis est identique entre les deux, mais les dimensions changent tout de même. La longueur de la M2 est de 4,58 mètres, la largeur de 1,887 et sa hauteur d’1,40, pour un empattement de 2,747, soit 11 cm de moins que la M4 et 5,7 de plus que la M2 sortante. La carrosserie s’inspire des concepts précédents de la marque, comme celui de la réinterprétation de la 2002 Turbo avec le concept 2002 Hommage, ou de la 3.0 CSL hommage. La calandre est moins proéminente que celle des M3/M4, et oriente différemment ses barres, n’étant plus horizontales mais verticales. Plus bas, le refroidissement est toujours conduit via trois entrées d’air. Les roues grossissent aussi, avec du 275/30 ZR19 à l’avant et 285/30 ZR20 à l’arrière, pouvant même aller jusqu’à 20 pouces à l’avant et 21 à l’arrière. Les porte-à-faux avant et arrière courts vont faciliter les manœuvres – et les drifts. Comme pour la M4, la M2 est bien plus agréable en vrai qu’en photo. Et à conduire aussi, sûrement. 

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Car, dans l’habitacle, la M2 accueille toutes les dernières technologies et les derniers équipements de la marque. Le double écran de 12,3 pouces au milieu et de 14,9 derrière le volant, la finition impeccable et sportive… Les sièges M Performance permettent de gagner en maintien et en légèreté, avec près de 10,8 kg de gagnés. La fibre de carbone recouvre une partie de la planche de bord, du tunnel central, du volant, des contre-portes. L’écran central permet de naviguer dans les différents menus de la 8ème version du logiciel, qui comprend dans cette M2 les programmes que nous sommes en droit d’attendre dans une M. Comment ne pas résister à diminuer l’intervention du contrôle de traction avec une voiture faite pour tourner autour des ronds-points ? Impossible, c’est bien ça. D’ailleurs, aux côtés du M LapTimer qui chronomètre les temps réalisés par le pilote sur les circuits, un programme M Drift Analyser vous aide à vous améliorer. Selon l’angle, la vitesse et la trajectoire prise lors du dérapage, la voiture donne une note pour vous améliorer. Un retour à l’école… du pilotage.

Oui, du pilotage. Avec l’inflation de puissance, on ne se rend plus compte que ce que représente une puissance supérieure à 400 chevaux. La fantasmagorique Ferrari F40 en avait 478 avec son V8 biturbo. Autre temps autres mœurs, évidemment, et désormais la simple M2, la plus petite des BMW M, en annonce… 460. 460 chevaux du petit 6 en ligne 3.0 biturbo. Ce n’est pas moins de 90 équidés de plus que la première M2 ! Le couple aussi grimpe en flèche, avec 550nm disponibles de 2650 à 5870 tours/minute. La puissance n’arrive qu’après, à 6250, pour mener vers le rupteur à 7200 tours. Il en a de la santé ce S58, disponible en 460, 480, 510 et 540 chevaux. Que nous réserve-t-il pour la suite ? Nous verrons bien. Quoiqu’il en soit, avec une telle puissance, la M2 G87 ne devrait pas peiner en sortie de péage. En pure BMW, propulsion donc, la M2 détale de 0 à 100 km/h en 4,1 secondes et atteint les 200 km/h depuis l’arrêt en 13,5 secondes, avec la M Steptronic à 8 rapports. Mais une autre boîte existe, la mécanique à 6 vitesses. Si les performances baissent d’un cran, avec un 0 à 100 km/h demandant 4,3 secondes et un 0 à 200 en 14,3, le plaisir, lui, augmentera. On le sait, les boîtes manuelles BMW sont bien faites, alors pourquoi s’en priver ?

BMW M2 G87

Une réponse peut s’entendre, et elle viendrait de la rapidité de l’usure. Car, malgré sa taille de guêpe, la M2 est loin d’atteindre le poids de l’insecte, bien au contraire. Elle annonce le même poids que sa grande sœur M4, 1725kg avec 90% du carburant en boîte auto, et 1700 avec la boîte mécanique. Trop lourde à mon goût, on peut se consoler d’une répartition des masses 50:50, ou de l’utilisation de l’aluminium à outrance pour baisser le poids, ou encore de la présence de freins dernières générations et plus gros que des assiettes – 380mm à l’avant et 370 à l’arrière – et même d’un prix pas si délirant que ça, avec 79.900€ demandés, sans options. Mais justement, le revers de la médaille c’est que le prix grimpe en flèche dès qu’on sélectionne une option, et la somme à 6 chiffres s’aligne rapidement sur le chèque. Ajoutez à cela le malus extrême concocté par la France, et la M2 ne devient plus qu’une illusion, un rêve… Reste qu’elle semble être bien née, et que, si elle est bien trop lourde, elle cache sans doute des évolutions plus légères qui vont prochainement arriver, à des prix probablement indécents… CS ou CSL, je vous attends impatiemment. 

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis étudiant à l'ITM Graduate School au Mans, avec pour objectif de travailler dans le domaine de l'automobile.

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