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CS, le badge existe depuis des lustres chez BMW et est revenu sur le devant de la scène avec l’excellente M4 CS en 2016-2017. Cette itération améliore l’existant par petites touches mais en les additionnant toutes, elles deviennent si importantes que la voiture en elle-même est transfigurée. À tel point qu’entre une M4 Compétition et une CS, il n’y a pas photo : la CS est mieux partout. Sauf à l’achat, où elle demande forcément un tarif plus élevé. Revigoré après ce succès, il y eut la M3 CS, au look ravageur, puis la M5 CS s’inscrivant dans une niche très discrète de berline délurée avec la Jaguar XE SV Project 8. Plus récemment, le trinôme M4 – M3 berline et Touring a connu les services de ce badge. Mieux partout que les versions classiques mais… quatre roues motrices imposées. Certes, l’essieu avant est déconnectable. Mais une BMW doit se conduire en regardant par les portières…
Dans cette gamme BMW M qui tend à se réduire, la M2 représente une époque que l’on croyait révolue. Alors que la totalité des M est passée à la transmission intégrale M xDrive, le « petit » coupé (de 4,6 mètres de long) perpétue l’héritage d’une transmission seulement dirigée aux roues arrière. Une vraie propulsion. Le pied ! Certains essais de la presse spécialisée font état d’une voiture plus lourde, plus pataude, moins joueuse que par le passé. Difficile de ne pas les contredire en regardant sa fiche technique. Dans cette époque où chaque centime doit être rationalisé, les plateformes techniques se réduisent comme peau de chagrin et alors que la M2 F87 – ancien modèle – bénéficiait de la plateforme de l’ex-Série 1 F20 (propulsion), la G87 hérite du châssis raccourci de la M4 G82. Forcément, on ne fait pas de miracle. Avec la boîte automatique, la M2 chuchote son poids : 1800 kg. Gloups !

Même si elle est une propulsion, même si elle est plus courte, la voiture reste proche de sa donneuse. La puissance, fixée dans un premier temps à 460 chevaux (10 chevaux de plus que la M2 CS F87), est relevée à 480 chevaux avec le restylage de mi-carrière. Alors, qu’attendre de la M2 CS ? Un miracle ?

Pas vraiment… Notre cœur balance d’un coté pour un coup de l’autre pour un relent. Comme son badge l’indique, elle n’est pas L, pas Leicht, pas légère. La carrosserie bodybuildée, avec cet élégant et surprenant ducktail à l’arrière, est par endroits constituée de PRFC (plastique renforcé de fibres de carbone), mais les gains sont trop timides pour avancer une perte de poids significatives : 30 kg. Soit 1770 kg au total. On est loin des 1600 de l’ex-CS. Mais ne boudons pas notre plaisir, une BMW M se savoure, encore plus quand il s’agit d’une pure propulsion ! Les jantes en magnésium participent au look ravageur du coupé bestial. Elle ne semble pas faire dans la dentelle, davantage dans l’extermination de pneumatiques. Mêmes dimensions que la version normale (275/35 ZR19 – 285/30 ZR20) mais les voies paraissent élargies. Une meilleure prestance sur la route qui augure de meilleures performances face au chronomètre.
Que d’évolutions depuis la M2 première du nom ! Sur l’exercice du 0 à 100 km/h, son temps n’a fait que diminuer : 4,5 secondes puis de moins en moins pour atteindre dans la G87 un joli chrono de 4 secondes piles ! Chaque millième économisé se fait souvent sur l’autel du plaisir… en effet, une boîte automatique perd moins de temps dans les passages de vitesses qu’une manuelle. Et la CS, à la vocation pistarde, oblige l’utilisation des palettes au volant au lieu d’un levier. Résultat : 3,8 secondes. Ce très beau chrono n’est pas à mettre au crédit de la perte de poids, mais bien à la hausse de puissance. Sous son capot, la M2 CS embarque le 6 en ligne 3.0 biturbo de la M4. Ni plus ni moins.


Au programme ? 530 chevaux et 650 Nm de couple, tous dirigés, faut-il le rappeler, aux roues arrière exclusivement. 530 chevaux, 160 équidés de plus que la M2 F87 de 2016, qui donnait beaucoup de plaisir avec ses « seulement » 370 têtes. Où vont-ils s’arrêter ? Aller vite en ligne droite demande du courage, une fois le 0 à 100 km/h expédié, le doublé se fait en 11,7 secondes depuis l’arrêt. Sur l’autoroute allemande – et seulement là bas – le compteur de vitesse peut grimper jusqu’à 302 km/h à condition d’avoir coché le pack Expérience M. 302 km/h ? Dans un châssis aussi court ? Sans moi ! L’ambiance sonore serait améliorée grâce à un échappement en titane plus volubile et 8 kg plus léger. 8, 8 mm, la garde au sol est réduite de 8 mm pour descendre son centre de gravité.
C’est bien beau mais… La M2 CS reste une voiture affreusement lourde. Heureusement pour elle, nos cerveaux sont désormais habitués à lire des masses absolument démentielles dans les dossiers de presse de grossiers SUV électriques tous plus lourds les uns que les autres. Comme les autres CS, cette nouvelle version est limitée – on ignore son nombre – et affiche un autre gros chiffre que celui de son poids. Il se trouve en bas de la facture. 119 900 € hors options. Et en France, hors malus prohibitif doublant presque le tarif.

