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On a beau dire, répéter que la puissance ne sert plus à grand-chose, elle continue de vendre et de servir de course à l’armement. Depuis la disparition du W12 biturbo, les Bentley les plus puissantes s’en remettent à une combinaison hybride de grande puissance. En version Speed, on parle de 782 chevaux au maximum. Pour remettre le B au milieu des deux ailes, cette puissance est supérieure à celle d’une Lamborghini Aventador SVJ. Ça fait donc beaucoup de puissance pour un poids tout aussi gigantesque. Le passage au tout électrique ne va faire qu’empirer les choses…
Comme le Bentayga il y a dix ans, le nouveau Torcal n’a pas un physique facile. Il n’y a pas à dire, rares sont les SUV à réussir leur silhouette, leur apparence, et à inclure celle-ci dans une gamme historique. Dans le cas de ce Torcal, le profil dépourvu de courbes et d’extravagances étonne pour une Bentley. Le porte-à-faux avant par exemple, qui forme presque un angle droit entre le capot et le bouclier, rappelle davantage un Rolls-Royce Cullinan qu’un Bentayga. Puisqu’on parle de cette face avant, cette dernière est totalement inédite et s’inspire librement du concept EXP15 de l’année dernière. On y retrouve l’idée de la signature lumineuse à deux étages – comme chez Rolls ! – ici revisitée puisque la partie supérieure et horizontale, deux bandeaux de chaque côté soulignent la démarcation d’avec le capot, et deux gros blocs inférieurs se chargent du reste de l’éclairage. La calandre est massive, comme toujours, même si cette fois aucun cylindre n’a besoin d’air… Et, signe de l’opulence, elle est illuminée dans sa totalité…


Elle ne saute pas aux yeux à l’extérieur mais à l’intérieur, son appartenance au groupe Volkswagen nous agresse immédiatement. Un petit coup d’œil et hop ! Le double écran central avec une grande tablette suivie dans sa partie inférieure par une autre dalle légèrement inclinée… Là-dessous se cache un Cayenne électrique. Même empattement, même hauteur, même silhouette et écrans d’infodivertissement ? Les doutes ne sont plus permis. Rien de bien grave en réalité, car le Bentayga est lui-même un cousin du Cayenne thermique à la plateforme rallongée. Mais comme d’habitude, sur ce genre de gamme, l’originalité est souvent la bienvenue…
Ça tombe bien, car si les écrans sont identiques, une bonne partie du reste de l’habitacle est propre au Torcal et digne d’une Bentley. En lieu et place d’une poignée pas très élégante dans le Cayenne, le tunnel central accueille un élégant bouton rotatif et quelques boutons. Les sièges à mémoire et à réglages électriques (encore heureux !) donnent envie de s’y lover comme dans un lit après une bonne journée de travail. La planche de bord est recouverte de matériaux précieux tout comme les contreportes. Signe qu’elle a également été pensée pour être conduite, une caméra à reconnaissance faciale propose d’activer le mode personnalisé dès l’entrée dans la voiture. Tout ça en écoutant le silence du moteur ou en appréciant une symphonie à bord de ce paquebot de près de 2,7 tonnes (oui oui) grâce à la technologie Dolby Atmos optionnelle à 28 haut-parleurs et 1780W.


Côté technologies, Bentley livre son Torcal avec quatre roues motrices et directrices, lesquelles baissent le diamètre de braquage à 11,1 m en orientant les roues arrière sur 5°. Pour distiller cette singulière sensation de tapis volant, les suspensions actives règlent instantanément l’assiette de la voiture à tout moment. Une voiture de notre décennie n’y appartiendrait pas sans une bonne dose de radars. Aussi, Torcal ne compte pas moins de 25 radars et caméras pour assister le conducteur dans le moindre de ses déplacements. Heureusement, il reste quelques éléments de l’ancien monde que la technologie ne peut remplacer totalement, à l’instar des freins aux dimensions copieuses en acier ou en carbone-céramique en option.
Mais cet équipement de ralentissement forcé n’est pas des plus intéressants dans une électrique où la majorité des freinages, une fois qu’on a pris le pli de la conduite électrique, se fait en levant simplement le pied de l’accélérateur. En revanche, le point crucial pour une électrique restera son autonomie. Sans surprise, comme la Rolls Spectre, le Torcal n’est pas un dieu de la distance. Comme le Cayenne, chaque essieu reçoit un moteur électrique, ces deux moteurs puisent leur énergie d’une batterie de taille… conséquente. 113 kWh nette. Heureusement, la plateforme 800V admet des puissances de charge allant jusqu’à 400 kW (soulignons que plus la puissance de charge est élevée, plus le prix grimpe en même temps) permettant de récupérer 100 km en 7 minutes, et de passer de 10 à 80% en 20 minutes environ. L’autonomie ? Aux alentours des 600 km sans beaucoup plus de précisions. Deux niveaux de puissances sont disponibles, le Torcal classique démarre avec 821 chevaux et plus de 1100 Nm de couple, la version Speed se place à 888 chevaux et 1350 Nm de couple !


Ce Torcal permet d’ajouter une deuxième solution à la vie de famille de la clientèle Bentley. Son autonomie est correcte, son apparence soignée et sa technologie actuelle. Elle ne donne pas un coup de pied dans la fourmilière. En réalité, en électrique, aucune voiture de ce segment ne l’a jamais fait. Nous attendons de voir si la réussite peut lui sourire. Tout va si vite avec cette motorisation…
