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Lorsque Mercedes a réduit son offre de coupé au simple CLE, nous avons versé une petite larme. Passer de trois à un seul coupé ! Le marché apprécie moins ce genre de carrosserie, et c’est bien dommage. Loin du caractère débordant du Classe C AMG qui ne trouvait que trop rarement la motricité, le CLE incarne le gendre idéal. Pas de place à l’imprévu, il prévoit tout. Quatre roues motrices pour garantir la sécurité, une motorisation hybride légère quoiqu’il arrive pour surveiller les consommations, une panoplie complète de technologies innovantes pour devancer les demandes du propriétaire. Bref, tout dans une seule auto. Loin d’être laide, il lui manque, comme à ses sœurs étoilées, un petit peu de piquant, ce qui faisait des AMG de vraies folies furieuses.
Il semble que les ingénieurs d’AMG se soient accordés à cette idée et ont transformé pour une poignée d’initiés cette folie sur quatre roues. Affreusement radicale. L’élégance du CLE est égale à l’agressivité de cette version 646. La calandre béante occupe la quasi-totalité du bouclier. Le capot arbore une immense entrée d’air juste derrière la ligne du bouclier. Des ailettes sur les côtés dirigent le flux d’air vers l’extérieur des roues, lesquelles adoptent un carrossage visible à l’œil nu ! Le haut des ailes avant est percé pour évacuer l’air chaud des pneus. Les élargisseurs d’ailes arrière sont aussi discrets que l’aileron arrière. Outre ce dernier, c’est probablement à l’arrière que l’agressivité est moindre. Le diffuseur n’est pas exagéré, il n’y a bien que les deux doubles sorties d’échappement qui mettent la puce à l’oreille !


Sans grande surprise, l’intérieur marie la sportivité AMG et la technologie du CLE classique. Le tableau de bord de ce dernier continue sa route ici. Il est probablement le plus « pur » de ceux que propose AMG. Une tablette légèrement inclinée au centre, un écran pour le conducteur et… voilà. Pour la sportivité, quelques parures habituellement de cuir sont remplacées par de la fibre de carbone par-ci, et de l’alcantara par là. Les sièges arborent un profil… sportif. La coque en fibre de carbone est recouverte de mousse mais pour gagner quelques grammes, ladite coque est percée par endroits. Derrière ces deux sièges, un arceau condamne l’espace dédié auparavant à deux strapontins. Radicale à l’extérieur plus qu’à l’intérieur, le CLE 646 l’est aussi quand on regarde dans ses entrailles…
Spezialanfertigung signifie fabrication spéciale. Un nom qui lui sied bien puisque ce CLE particulier ne sera assemblé qu’à 30 unités, toutes vendues. Il est issu de la même lignée que le Speedster AMG PureSpeed, les Mythos. L’autre partie de son nom, 646, apporte une indication… de puissance. On n’est pas loin du chiffre du diable. Sous le capot de cette furie se cache un moteur que le CLE n’avait encore pas connu – la version 53 AMG préfère un 6 en ligne… – un V8. Ou plutôt, le V8 maison de 4 litres de cylindrée. Fort comme un bœuf, il produit 850 Nm de couple à partir de 2500 tours/minute et 646 chevaux vers 6000 tours. Vous me direz que chez AMG, on fait mieux dans certaines motorisations. C’est vrai, avec les S E Performance, AMG GT et SL dépassent les 800 chevaux. Mais ce CLE est un peu… particulier.


Contrairement à toutes les AMG depuis le SL, le CLE ne confie pas sa puissance aux quatre roues mais seulement à l’essieu arrière. Une pure propulsion, de 646 chevaux, qui oserait s’en détourner ? Tous les systèmes embarqués ont dû être calibrés en conséquence : un essieu moteur en moins signifie moins de motricité, moins de possibilité de jouer avec la puissance sur les quatre roues. Ainsi, le différentiel actif électronique arrière a fort à faire… La boîte à 9 rapports reste de la partie. Quant aux suspensions, elles sont ajustables sur quatre voies, de quoi configurer sa propre 646… à condition de savoir la régler, et de vouloir la sortir pour batailler ! Au passage, les ailes proéminentes participent à la rigidité de la voiture, et aident à la motricité grâce à des voies élargies elles aussi. L’aileron génère jusqu’à 250 kg d’appui mais… soyons francs, qui s’en soucie ?
Les pneus arrière seront martyrisés à chaque accélération… Le 0 à 100 km/h est en berne. On frôle les 4 secondes alors qu’une AMG GT 63 Pro flirte avec les 3 ! Merci le système 4Matic. Heureusement, les gommes arrière sont larges, 335 mm. Et pour stopper la course, le freinage est confié au célèbre duo carbone-céramique, lequel se dote de disques de 420mm à l’avant et 360 à l’arrière. Ultra-radicale dans son allure, elle promet monts-et-merveilles. Mais il y a un mais. Le recours à la fibre de carbone, l’ablation du système 4Matic contribuent à baisser le poids… lequel ne descend que d’environ 130 kg. Il en reste 1895 ! Pour une voiture soi-disant pensée pour la piste, ça fait lourd… Qu’importe, les 30 exemplaires sont partis, et ils ne me l’ont pas proposée…

