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Excusez mon manque d’enthousiasme, mais des SUV, des électriques, des SUV électriques, je commence à en avoir ma dose. Mais que voulez-vous, c’est l’époque qui veut ça ! Ce changement suffira-t-il à endiguer le réchauffement climatique ? Au-delà de ce débat qui n’a aucun sens à l’écrit mais que je vous invite à aller soumettre dans le bar de votre quartier, regardons un peu de plus près la marque Audi. Pionnière dans l’électrique avec le lancement de la R8 e-tron au début des années 2010, elle s’est reposée sur la confidentielle Audi A3 e-tron avant de se réveiller en 2019 avec l’e-tron, devenu Q8 e-tron récemment. D’ici 2027 donc, tous les segments clés seront couverts par une Audi électrique. Pour l’instant, la gamme électrique se compose de la berline cousine du Taycan, e-tron GT, du gros SUV Q8 e-tron et du plus petit Q4 e-tron. Mais entre les deux, entre 4,59 m et 4,92 m, Audi ne proposait rien. Jusqu’à maintenant.
Entre le presqu’accessible (53.000 €) et le vaisseau amiral sur roues voici venir le Q6 e-tron. Sa longueur de 4,77 m le place en effet pile entre les deux SUV. Son dessin le rapproche, lui, du thermique Q5. Et pour cause, il en est l’équivalent électrique, même s’il repose sur un châssis bien plus récent (chut, c’est pour plus loin dans le texte). Il s’éloigne du conventionnel Q5 par un bouclier un brin torturé… La calandre single frame signature de la marque arbore encore des ouvertures en nid d’abeilles. Est-ce encore utile pour une voiture électrique ? D’autant que plus bas, le bouclier est aussi ouvert que sur les deux extrémités. Quelques rondeurs contrebalancent les lignes droites du SUV comme celles qui trouvent leur origine au niveau des optiques avant. Ces derniers, ou plutôt la technologie intégrée, font la fierté de la marque. Il s’agit d’une signature lumineuse numérique active, la première sur le marché paraît-il. À quoi ça sert ? À changer le dessin interne des phares. L’utilité ? Mhm… « de démontrer la vivacité de la voiture et sa capacité d’interaction personnelle en rendant visible l’activité cérébrale » dixit le dossier de presse. À l’arrière, les segments génèrent une nouvelle image toutes les 10ms. Autant dire… invisible à l’œil nu, ou presque.


Restons à l’arrière et ouvrons le coffre. Ce dernier laisse apparaître un espace de 526 litres, soit 24 unités de moins que le Q5 thermique. En baissant les sièges arrière, 1000 litres s’ajoutent. N’oublions pas non plus le frunk à la place du moteur à l’avant, sous le capot, de 64 litres. Et les quelques rangements intérieurs qui n’accaparent pas autant l’attention que la finition ou la qualité des matériaux… et encore moins la technologie embarquée ! On est loin du petit écran érectile au centre du tableau de bord d’une Audi A3 de 2010. Un, deux, trois écrans. Le plus grand est tactile, la classique dalle centrale mesure 14,5 pouces et est largement orientée vers le conducteur. Lequel dispose derrière son volant peuplé de boutons d’un écran d’affichage de 11,9 pouces. Deux écrans suffisent, mais Audi en ajoute un autre, devant le passager, pour le divertir et parcourir les informations de la voiture à travers cet écran de 10,9 pouces invisible depuis le siège conducteur. Tout ce petit monde fonctionne avec l’Android Automotive OS de dernière génération. Et ce n’est pas fini, puisqu’en option un affichage tête haute à réalité virtuelle de 88 pouces s’ajoute à la panoplie pour les plus gadgets des clients… Sans oublier l’(in)dispensable assistant vocal utilisant l’intelligence artificielle. Et pour parfaire ce sentiment de bulle digitale et ultra-connectée, 22 haut-parleurs de la gamme Premium de Bang & Olufsen sont disséminés un peu partout dans la voiture, dont 4 dans les appuis-tête avant…
Ça a du bon la technologie, mais là je suis proche de l’overdose… Mais, ce n’est pas encore fini. Car il est temps de parler de la technique. Le Q6 e-tron est basé sur la PPE, la Plateforme Premium Electric, développée conjointement par Audi et Porsche pour le Macan. Elle suit la philosophie d’Audi : Vorsprung durch Technik. Ce qui signifie, grâce à mes 5 années de pratique scolaire de la belle langue allemande à « l’avance par la technique ». En l’occurrence, cela passe par une architecture 800V « E3 » End to End Electronic Architecture. Le fin du fin actuel en tous cas. Avec 12 modules et 180 cellules prismatiques, la batterie de 94,9 kWh peut encaisser des puissances de charge allant jusqu’à 270 kW ! De quoi récupérer 255 km en seulement 10 minutes et passer de 10 à 80% en 21 minutes ! Enfin, dans le meilleur des cas. Tout comme l’autonomie promise, ou plutôt espérée pour ce SUV de 625 km pour la version Long Range. Celle-ci prend la moindre puissance des moteurs électriques, mais déjà suffisante : 285 kW/388 chevaux. Au-dessus, la version S Q6 augmente l’écurie de protons à 380 kW/517 chevaux. Elle descend le 0 à 100 km/h en 4,3 secondes contre 5,9 pour le Q6 classique.

Un énième SUV électrique, bourré de technologie embarquée… La philosophie d’Audi s’apparente à vouloir réinventer la roue, à vouloir faire compliquer plutôt que simple… Et puis, il y a le prix aussi. Pourquoi faire accessible quand on peut tutoyer la barre des 6 chiffres sur le chèque ? Si le Q6 classique s’affiche à 83.450 €, le S Q6 demande 99.870 € ! À puissance quasi équivalente, un Q5 est encore moins cher…


Une réponse sur « Audi Q6 e-tron »
[…] Lui, nous vous l’avons présenté il y a peu de temps. À partir de maintenant, toutes les nouveautés Audi seront hiérarchisées comme suit. Les lettres restent (A pour les voitures basses, les meilleures ; Q pour les voitures hautes sur pattes, les moins meilleures) mais les chiffres… aussi. Une différence toutefois, les chiffres pairs ne désigneront que les voitures 100% électriques, les chiffres impairs les voitures avec un moteur thermique. Désormais, quand on parle de Q6 aujourd’hui, forcément on devine qu’il s’agit d’un électrique, d’autant plus que son vrai nom est Q6 e-tron. En Chine, il reçoit même une autre lettre, pour devenir Q6 L e-tron. Pourquoi L ? Pour long. Le pays émergent est un grand marché pour les berlines, et les chefs d’entreprises aiment à voyager à l’arrière, ainsi les marques adaptent elles leurs voitures pour ce marché en allongeant leurs berlines (dans un premier temps) et désormais les SUV (le virus de ces carrosseries les a aussi atteints…). Il s’allonge donc, et pas qu’un peu : 105mm de plus ! L’empattement tutoie les 3 mètres (2995mm). Audi en profite pour ajouter des cellules de batterie pour compenser cette prise de poids, passant à 107 kWh au lieu de 100 pour la version européenne. Une hausse qui n’améliore pas pour autant l’autonomie… […]