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La raison de sa réussite s’explique facilement : le XC60 mélange les atouts d’un monospace avec celui d’une berline. On pourrait me répondre que c’est la définition même d’un SUV. C’est tout à fait ça. Le plaisir de conduite d’un véhicule bas avec l’habitabilité d’un mono volume. Le XC60 choisit de parler à la famille plutôt qu’à son conducteur, de son design à son ressenti de conduite. De l’extérieur, même si ses dimensions froides effraient, avec 1,9 m de large pour 4,69 m de long, la deuxième génération du SUV suédois rassure un peu par la douceur de ses lignes. La douceur, un mot qui définit parfaitement ce modèle, comme nous le verrons plus tard. Revenons au design, et à son identité stylistique qui passe par sa calandre proéminente soulignée de chrome et où se rejoignent les phares. Ces derniers reprennent la forme du marteau de Thor en guise de signature lumineuse, immédiatement reconnaissable. Cette identité lumineuse concerne également la face arrière, avec des feux qui descendent le long du coffre. De profil, le XC60 comprend un long capot et un habitacle rejeté vers l’arrière. Il apparaît d’ailleurs davantage comme un break surélevé qu’un SUV comme on l’entend aujourd’hui… Et préfère le terme d’Utility que de Sport du patronyme de son segment.
Un segment fortement représenté en Allemagne. Le trio premium représente l’objectif de toutes les marques. Le XC60 avance, en plus des arguments stylistiques, un habitacle bien différent de ses concurrents. Il comporte, comme 99% de la production automobile actuelle, un écran derrière le volant et un autre au centre. Le XC60 dispose d’un écran central vertical d’une taille amplement suffisante. Il intègre le système de navigation signé Google, avec Google Maps et la reconnaissance vocale. Mais plus que les écrans, que l’on retrouve dans toutes les autos d’aujourd’hui, les Volvo épatent par leur habitacle et le soin apporté. De l’épaisseur du cuir du tableau de bord aux poignées de portes très rigides, tout est bien pensé et respire le monde du premium. La couleur de la sellerie assombrit l’habitacle, mais il suffit d’une pression sur le bouton du toit pour que le volet s’ouvre et laisse apparaître le toit panoramique. Une seconde impulsion et la vitre s’ouvre, pour mieux respirer. Aérateurs élégants, placage bois rugueux – du plus bel effet – et barre d’aluminium qui souligne ce placage subliment un habitacle tiré à quatre épingle. Fier de son pays d’origine, l’habitacle reçoit le drapeau suédois directement sur cette barre d’aluminium, d’une élégance extrême. Les passagers arrière ne sont pas laissés pour compte, avec un bel espace à bord. Le siège central se transforme en trappe à ski ou en accoudoir. Dans ce dernier cas, il dispose de deux portes-gobelets et d’un rangement, idéal pour cacher le goûter des enfants !


La taille importante à l’extérieur explique l’habitacle spacieux, agréable pour toute la famille. Il réussit, même dans cette motorisation, à conserver un coffre plutôt spacieux, en ne perdant que 15 litres – passant de 483 à 468 litres – de coffre avec la batterie supplémentaire. Il est temps de décliner la carte d’identité de notre SUV. Il s’agit d’un XC60 T8 hybride rechargeable. À l’avant, sous le capot, un 4 cylindres 2.0 essence de 303 chevaux et un moteur électrique de 87 chevaux. Il compte 4 roues motrices et annonce 2 tonnes sur la balance, pour une puissance cumulée de 390 chevaux. Après avoir fait connaissance avec la bête, il est temps de jouer avec. Une fois au volant, ses dimensions gargantuesques ne rassurent pas forcément… Mais la voiture est conçue pour être facile à vivre. Et dès les premiers mètres, le mot douceur me revient en tête. Le moteur thermique laisse sa place, dès qu’il ne se sent pas utile, à son équivalent électrique. Le SUV se meut donc en silence… pendant les 80% du temps de notre essai. Il n’y a que lors des insertions et des grandes accélérations que le 4 cylindres se réveille. Un silence au service de la douceur de conduite, qui s’accompagne d’une direction… douce elle aussi.
Assez directe, pas floue du tout mais légère, la direction rassure lors du maniement de ce gros véhicule. Alors que ses dimensions insinuent une conduite assez difficile, où le gabarit prendra du temps à venir en tête, il n’en est rien ici. Le volant se manie avec aisance, et les habitudes arrivent vite. À cette facilité de conduite s’ajoute les éléments de sécurité. Volvo incarne cette sérénité en voiture, elle qui n’hésite pas à proposer ses voitures toutes neuves à des équipes d’intervention pour les entraîner à sauver des victimes après un accident. Les données récoltées leur permettent, parfois, de revoir leur copie. Parmi les aides intéressantes dans cette auto, nous pouvons citer l’avertisseur d’angle mort, qui prend la forme d’un élément lumineux rouge qui éclaire directement le rétroviseur, assez utile aux feux tricolores lorsque des deux roues remontent la file… Mais il y a aussi celles presque inutiles, comme le régulateur de vitesse. Je dois cela dit reconnaître que le système de Volvo est très intuitif et semble bien pensé, puisqu’il suffit d’une seule pression sur un bouton et la voiture enregistre la vitesse. En revanche, le maintien dans la voie, s’il fascine et intrigue, il n’inspire pas une totale confiance. La voiture prend souvent les virages très large, attendant de voir via ses caméras les deux lignes pour rester entre elles. Rien ne vaut un bon vieux conducteur.


Un conducteur qui peut jouer avec les modes de conduite, entre Éco, Hybrid, normal, Sport ou encore Off-road. Les suspensions hydrauliques jouent leur partition, s’abaissant, en mode Éco et Sport, ou exagérant la hauteur de caisse, en off-road. À l’arrière, les suspensions peuvent s’abaisser pour diminuer le seuil de chargement et faciliter le rangement des valises ou des courses. À la conduite, l’amortissement joue la partition de la souplesse, de la douceur. Les aspérités ne sont pas surjouées, et sont même, pour la plupart, effacées. En revanche, dès que les virages serrés arrivent sur le tracé, le roulis se dessine. Et pour contrer la force centrifuge, on ne peut rien faire d’autre que diminuer la vitesse. Enfin, dernier signe de la douceur, il concerne l’habitacle et son insonorisation. Le XC60 joue au roi du silence, quand les fenêtres sont fermées… et les enceintes muettes. Pourtant, il serait fâcheux de ne pas les faire jouer. Signées Bowers & Wilkins®, elles diffusent un son quasiment parfait, à une puissance très importante et sans grésiller le moins du monde. Plusieurs ambiances sonores sont disponibles, comme la Salle de concert.
Alors, que peut donc apporter une Volvo à un paysage de SUV déjà bien garni ? Sur son segment, il affronte les BMW X3, les Mercedes GLC ou Audi Q5. Plus petit mais suffisamment bien équipé, le DS7 joue le rôle d’alternative française, différente et bien finie au trio allemand. Mais alors, le SUV suédois, qu’apporte-t-il ? En bon Volvo, le XC60 met les bouchées doubles dans le secteur de la sécurité. Il s’adjoint les services, nous l’avons dit, d’un design intéressant, qui peut attirer une certaine clientèle, dépassée par le classicisme des allemandes. Enfin, le XC60 sait accueillir, soigner ses passagers, et rendre les voyages paisibles, à l’avant comme à l’arrière. Il nous reconnecte non pas à la route, mais à notre famille. N’est-ce pas le rôle d’une familiale ?



