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Genesis G90

Non, ce n’est pas une nouveauté. La G90 a été présentée il y a fort longtemps, fin 2021. Ce qui est nouveau, c’est sa commercialisation en France. Ça vaut un petit détour, non ?

Ce nom ne vous dit peut-être rien, et c’est bien normal. Genesis n’avait pas eu l’ambition d’arriver sur notre marché, avant la confirmation cette année de l’arrivée de la G90 en France. D’abord, un petit tour du propriétaire s’impose : qu’est-ce que Genesis ? Propriété, ou plutôt création, du troisième groupe automobile mondial en termes de ventes, Hyundai Group, Genesis était le modèle haut de gamme de Hyundai. Longue et luxueuse berline, la Genesis séduit et se vend, si bien que Hyundai arrête sa fabrication avec le logo en H pour en faire une marque à partir de 2015. Genesis prend son envol et la réussite arrive vite grâce à de bonnes ventes dans son pays d’origine, la Corée du Sud, ainsi qu’aux États-Unis. La gamme entière arbore de nouveaux codes stylistiques, uniques sur le marché. 

Par sa prestance et ses dimensions (longueur de 5,27m, largeur de 1,93, hauteur de 1,49, empattement de 3,18) la G90 rivalise avec la Classe S de Mercedes et autres Série 7 de BMW. Son niveau d’ostentation, avec ses imposants optiques, souligne son appartenance à ce marché ultra-compétitif, malgré le tarif. Nous y reviendrons. Le design donc rappelle en un sens celui de la dernière génération de la limousine bavaroise, avec une silhouette très cubique, mais néanmoins anglée. Les phares amincis sont censés rappeler le logo de la marque. Il n’y a bien que les designers pour le voir… L’impression de massivité de la voiture augmente également par la découpe du capot avant, qui descend jusque sur l’aile avant. De 3/4 avant, la filiation avec la maison-mère Hyundai est invisible. Elle devient perceptible une fois que le champ de vision atteint l’arrière, où l’arrière imite un peu la Ioniq 6, l’avant-gardiste berline-coupé. De larges portes laissent présager un confort royal. Mieux encore, une version longue (LWB) allonge l’empattement de 19 cm, portant ce dernier à 3,37m, profitant évidemment aux passagers arrière. 

Les dernières Hyundai continuent de transposer leurs idées stylistiques à l’intérieur. On retrouve donc ce tableau de bord avec cette virgule qui court de la porte passager vers le volant séparant l’écran du conducteur et la dalle centrale tactile. Plus bas, la bande d’aérateurs souligne le dessin de la planche de bord de manière élégante. C’est justement l’élégance et la qualité des matériaux qui distinguent l’intérieur des Genesis des Hyundai conventionnelles. Là, tout n’est que cuir et matériaux précieux, des éléments flatteurs à l’œil. Les sièges invitent au voyage, d’autant plus que ceux à l’avant bénéficient de 10 coussins d’air dans le dossier conçus pour les massage, complétés par deux autres dans les maintiens latéraux. En virage, la partie extérieure gonfle pour que l’occupant du siège ne soit pas balancé de gauche à droite… À l’arrière, les passagers ont doit à un écran tactile de 10,2 pouces chacun et un supplémentaire dans l’accoudoir central de 8 pouces. Évidemment, chaque siège est indépendant et peut être réglé à la guise de son occupant. Ne manque plus qu’une douce mélodie diffusée par les 23 haut-parleurs Bang & Olufsen, et le voyage peut commencer. Ah non, il manque un chauffeur. 

Il n’est pas laissé de côté non plus. À tel point qu’il est même choyé. Genesis intègre même un mode de freinage Chauffeur. Une fois celui-ci sélectionné, qu’importe l’appui du conducteur, les décélérations seront plutôt progressives, permettant de ne pas déranger le passager arrière. D’autant que celui-ci pourrait ne même pas se rendre compte du mouvement de la voiture, tant Genesis a travaillé sur le confort. Ne lésinant pas sur les moyens, la G90 reçoit des suspensions pneumatiques électriques prévoyant les futures aspérités de la route à l’aide d’une caméra et du système de navigation embarquée. Ainsi, à l’approche d’un creux, la limousine raffermit ou assouplit les amortisseurs, augmente ou diminue sa garde au sol afin de gommer cet inconvénient routier. Le tout se faisant, forcément, dans le plus grand silence, grâce au système Genesis nommé ANCR, Active Noise Control Road, censé éliminer ou diminuer les bruits de roulements de la voiture. 

Nous l’avons vu, elle est grande. Pour compenser ses dimensions pouvant faire ruisseler des gouttes de sueur à l’approche de certains carrefours dangereux, la G90 s’en remet à un système de quatre roues directrices. On ne le présente plus tant il est devenu légion ces dernières années dans les hautes sphères automobiles. Ici, les roues arrière braquent progressivement jusqu’à 4° à l’inverse des roues avant à basse vitesse et jusqu’à 2° à haute vitesse. Cela accroît la stabilité, aidée également de la transmission intégrale optionnelle. En tous cas, sur la version « courte ». Sous le grand capot loge un V6 3.5 turbocompressé de 380 chevaux et 530 nm de couple. Suffisant pour circuler dignement, mais les Allemandes répliquent par de plus nobles mécaniques. La G90 joue la carte de la différence, et pourrait bien marquer des points grâce à cela. Du moins, si son tarif lui permet d’être compétitive. Si elle est annoncée en Europe, son tarif ne l’est pas encore. Aux États-Unis, elle demande 115.000$. Ce n’est pas en traversant l’Atlantique qu’elle va perdre en valeur…

Un peu d’exotisme dans ce monde allemand, ça ferait du bien ! Les tentatives plus sportives de Maserati ou Aston Martin se sont transformées en échecs. Mais les efforts étaient bien différents. La G90 semble avoir les bonnes cartes en main pour réussir… il lui manque seulement une image. 

GENESIS EQ900 (Korean Market)

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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