Vous pouvez nous soutenir ici si vous aimez ce que vous lisez.

On ignore quelle mouche a piqué Skoda, mais la marque Tchèque multiplie les nouveautés. L’année dernière, la firme a restylé ou renouvelé la quasi totalité de sa gamme. Octavia, Superb, Kodiaq… tous y sont passés. N’oublions pas de citer l’Elroq, le nouveau venu, un modèle 100% électrique plutôt alléchant. Il ne manque plus que la Fabia et le Karoq et toute la gamme sera renouvelée. L’Enyaq, lui, vient de recevoir son coup de bistouri.
L’Enyaq a été dévoilé au troisième trimestre de l’année 2020. Il y a un peu plus de 4 ans donc. Si ça ne paraît pas une éternité, en matière de véhicules électriques, c’est presque une éternité. En ces temps-là, on pensait encore que les voitures électriques n’allaient durer qu’un temps (on l’espère toujours) et comme il fallait vite sortir ces véhicules à batterie, il fallait aller au plus simple. Ce chemin de la facilité est en réalité semé de compromis. À l’époque, pour avoir une grande autonomie, on mettait de grosses batteries (parce que l’autonomie reste un chiffre primordial lors de l’achat d’une voiture électrique). Or, ces grosses batteries occupent beaucoup de place et coûtent cher. Aussi, en développant des gros véhicules, on éloigne en quelques sortes les mauvaises langues : certes la voiture est chère, mais elle a de l’espace et de l’autonomie.


C’est une idée qui a fonctionné, et qui fonctionne encore aujourd’hui, même si les concurrents – notamment en provenance de Chine – réussissent désormais à faire aussi bien ou mieux pour moins cher. Sur le papier, la recette de l’Enyaq n’était pas promise à un avenir radieux. Pourtant, Skoda en est fière, arguant que son SUV est le cinquième modèle électrique le plus vendu en Europe. En 4 ans, il s’en est écoulé 250 000 ! Bravo. Rappelons qu’il s’agit donc d’un véhicule au gabarit plutôt imposant de plus de 4,6 mètres de long. Il est disponible en deux carrosseries, classique et coupé. Cette carrosserie guide la ligne de toit jusque sur l’arête du coffre, profitant au Cx mais pas à l’habitabilité, le coffre étant amputé de 15 litres (585 contre 570 litres).
Le restylage permet surtout à la voiture de s’inscrire dans la nouvelle philosophie stylistique de la marque, le Modern Solid. À l’avant, la calandre Tech Deck est illuminée par 36 leds pour reconnaître la voiture de (très) loin, comme le reste de la gamme. Les phares s’affinent grandement, lui faisant perdre une part de son identité. À l’instar des derniers modèles, le logo disparaît, remplacé par le nom de la marque inscrit en toutes lettres. Auraient-ils honte de leur logo ? À l’arrière aussi, ce remplacement chagrine. Les deux carrosseries gagnent quelques millimètres en longueur (8 au maximum). Mais surtout, ce restylage profite à l’efficacité aérodynamique. En effet, depuis 2020, ils en ont fait du chemin en soufflerie ! Quelques éléments techniques migrent ou sont mieux profilés, permettant ainsi à l’Enyaq à carrosserie classique de passer d’un Cx de 0,264 à 0,245. Le modèle coupé descend de 0,240 à 0,229 !


Le restylage améliore la dotation de série de la voiture en technologies embarquées. On retrouve ainsi l’ordinateur de bord de plus de 5 pouces associé à l’énorme dalle tactile de 13 pouces. Les sièges avant sont chauffants de série ! S’ensuit le choix entre 4 packs d’options et les différentes teintes intérieures comme extérieures. De quoi donner des cheveux blancs à l’acheteur ! Skoda évoque 6 ambiances différentes disponibles dans l’habitacle du SUV. Ajoutez les couleurs d’ambiance, et vous obtiendrez une voiture personnalisable tout le temps !
Autre choix, primordial, peut-être même le plus important : la batterie. Il existe deux tailles de batteries et trois motorisations possibles. L’Enyaq 60 installe une batterie de 59 kWh (nette) capable de rouler environ 430 km n’envoyant sa puissance de 204 chevaux qu’aux roues arrière. Sa puissance de charge maximale est de 165 kW, suffisante pour passer de 20 à 80% en 28 minutes. L’Enyaq 85 utilise une batterie de 77 kWh proposant 574 à 584 (pour le coupé) km d’autonomie. Un seul moteur électrique là aussi, à l’arrière, fort de 286 chevaux et 545 Nm de couple. Le 85X utilise la même batterie mais ajoute un moteur asynchrone (plus progressif) sur le train avant pour une sécurité accrue à bord. L’autonomie, elle, descend forcément : 531 km environ.


Tous ces chiffres d’autonomie sont en (légère) hausse par rapport au modèle sortant. Rien de transcendant donc, mais un restylage qui inscrit l’Enyaq dans sa gamme, dans sa marque. Ce n’est donc pas rien. Les prestations, meilleures un peu partout, risquent d’augmenter la facture… il ne faudra pas compter sur une somme inférieure à 45 000 €.
