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Rolls-Royce Nightingale

Quand le luxe n’est pas suffisant, il existe un moyen de raréfier la rareté : le sur-mesure. Rolls-Royce est déjà connu dans ce milieu, avec les exceptionnelles Droptail, Sweptail, Boattail. Voici venir la Nightingale… un peu moins rare.

Rolls-Royce

C’est devenu une antonomase. Quand on parle du nec plus ultra de chaque branche, on parle de « la Rolls des télés », de la « Rolls des crayons » ou que sais-je. Le meilleur, le fin du fin, le modèle à suivre, l’objectif à atteindre. Depuis plus de 110 ans, c’est la même rengaine. Et depuis 2000, les ventes ne se sont jamais aussi bien portées. Les quelques ralentissements sont principalement dûs au marché, pas à la qualité des voitures, bien au contraire. La gamme cultive l’exception, de la Ghost à la Phantom, de la Spectre au Cullinan, chacun représente la référence de son secteur. Moins dynamique certes, mais en matière de dépaysement, aucun autre constructeur ne parvient à déconnecter autant ses occupants du monde extérieur. Je ne parle pas ici du silence qu’une électrique pourrait générer également, plutôt de l’originalité de son habitacle, tiré à quatre épingles et tranchant avec le monde extérieur où la technologie nous envahit.

En d’autres termes, Rolls-Royce dispose d’une gamme incomparable ne proposant que l’exception dans son plus simple appareil. Mais si, par surprise, vous ne trouvez pas voiture à votre souhait dans cette gamme de série, il existe un moyen de personnaliser à tous points de vue sa Rolls. Rien de plus simple : il faut être un (très) bon client du constructeur, et demander poliment avec un joli chèque et un crayon haut de gamme pour le signer et vous pourrez dessiner votre propre Rolls. Ainsi sont nées les fantastiques Sweptail, Boat Tail et DropTail, des modèles uniques, pour les deux premières, ou à très faible diffusion (4 unités) pour la dernière, dessinés conjointement entre les designers et les commanditaires. Tout est personnalisable, de la teinte extérieure aux motifs intérieurs, du nombre de places au garde-temps du tableau de bord… Il semble que ces éditions limitées s’arrachent. Ou, du moins, fonctionnent bien. On parle de tarifs à 8 chiffres pour chaque exemplaire. Alors, Rolls s’engage dans une nouvelle voie…

Rolls-Royce Sweptail
Rolls-Royce Nightingale

Qui de l’œuf ou la poule ? Dans son communiqué, le vénérable constructeur britannique expose qu’il s’agit d’une demande, d’un défi de la part de ses clients qui aimeraient voir le fruit d’un projet ultra-ambitieux à destination d’une plus vaste clientèle qu’un modèle unique. Il y a sans doute une part de vérité dans ce propos, mais il y a également de fortes chances pour que le projet vienne du marketing… Qu’importe l’origine, le prototype est là, sous nos yeux et… j’aimerais en avoir les clefs ! Il s’appelle Nightingale. Ce nom terriblement anglais se réfère à celui de la maison de vacances sur la Côte d’Azur d’un ingénieur de Royce, Rossignol. Lequel des deux noms est le plus élégant ? En anglais ou en français ? Une fois que vous aurez une réponse, poursuivez la lecture car la Nightingale regorge de secrets.

Elle est longue, infiniment longue, atteignant 5,76 m, identique à la version courte de la Phantom. À la différence de la glorieuse limousine, ce cabriolet ne compte que deux places ! Le rapport encombrement/habitabilité est, de loin, l’un des pires de l’histoire de l’automobile ! Mais il ne faut pas regarder ce modèle avec ce biais là : la clientèle de ces voitures n’a pas qu’un seul véhicule par foyer, s’il y a besoin d’embarquer plus de monde et/ou plus de bagages, il suffit de prendre une autre voiture, ou une supplémentaire ! La Nightingale est d’une élégance rare, un qualificatif que l’on associe très souvent aux voitures dotées d’un fuselage arrière très long, d’un porte-à-faux arrière exagéré comme les Pagani Huayra Codalunga ou Alpine AGTZ. Comme une robe de mariée à longue traine, ce fuselage supplémentaire donne un caractère, une impression de luxe : impossible de voir ça sur une voiture traditionnelle car c’est un élément purement esthétique et absolument inutile. Preuve en est, le coffre qui semble proposer un espace extrêmement réduit.

Rolls-Royce Nightingale
Rolls-Royce Nightingale

En revanche, son ouverture particulière, que Rolls-Royce compare à celle d’un élégant piano à queue qui se découvre pour voir les cordes se tendre et sonner, lui donne un cachet incroyable. Quel autre constructeur peut prendre autant de risque tout en restant élégant ? Je vous laisse y penser. Pour souligner la pureté de ses lignes, la Nightingale ajoute à sa carrosserie de fines barres d’acier inoxydable poli qui suit toute sa longueur, des phares avant verticaux aux doubles optiques arrière légèrement inclinés. Elle se double à l’arrière, partant de la fin de l’aile postérieure pour rejoindre le feu extérieur. Même les immenses jantes, de 24 pouces, arborent un dessin particulier, tellement travaillé qu’elles paraissent en mouvement alors qu’elles sont statiques ! Le dessin s’inspire des hélices de yacht sur lesquelles des paillettes d’aluminium ajoutent une touche de brillant dans la finition noire des jantes. La partie inférieure de la carrosserie, peinte en noir, surlignée d’une fine barre d’acier inoxydable poli, s’inspire de la coque des bateaux, de la ligne de flottaison. Voilà ce qu’est la Nightingale : un bateau sur rou(t)es !

Et l’habitacle le confirme. La qualité de finition n’est plus à vanter, tout comme celle des matériaux. Depuis toujours et pour encore un bon moment, Rolls-Royce reste le maître en la matière. Tous les éléments tombent sous la main et offrent exactement le ressenti que l’on espère : la chaleur et la profondeur d’un cuir, la froideur de l’aluminium, la souplesse du volant, le moelleux des sièges… C’est comme un film dont on connaît toutes les répliques mais dont on ne se lasse pas : on sait par cœur toutes les scènes, mais on les redécouvre avec bonheur. Plus que les autres Rolls, celle-ci sera à conduire. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas de places arrière ! Le chauffeur se retrouvera au chômage, ou au volant d’un Cullinan qui suivra cette Nightingale (n’oublions pas la faible capacité de son coffre !). Le conducteur aura donc tout le loisir de conduire sa propre voiture, configurée par ses soins, personnalisée jusque dans les moindres détails.

Rolls-Royce Nightingale
Rolls-Royce Nightingale

On parle bien de conduite ici, une conduite même coulée bien plus que sportive ou extrême. Un bateau sur roues, n’oubliez pas. Son immense longueur la limitera dans nos parkings souterrains, tout comme sa largeur lui restreindra l’accès à nos centre-villes historiques. Elle doit se savourer sur les bords de mer, sur la Côte d’Azur ou Atlantique, en plein soleil pour se délecter du bruit de la nature en mouvement. Et si la pluie commence à tomber, l’élégante capote composée de tissus, cachemire et de matériaux composites se met en place en une poignée de secondes. Et la nature d’offrir un autre concert, celui du clapotis de la pluie sur une épaisse capote. De quoi se laisser bercer au volant de la belle.

Le feulement du V12 disparaît, place ici à une base technique 100% électrique, celle de la plantureuse Spectre. Silence radio sur les spécifications exactes, on ignore donc la puissance, la taille de la batterie et, plus important encore, l’autonomie de la voiture. Le poids risque de s’élever encore un peu, le fuselage arrière pourrait faire gagner quelques kilomètres d’autonomie mais nous sommes là dans de réelles suppositions… Et pour cause, si les photos sont d’excellente résolution et donnent envie de prendre le volant de ce torpédo, la voiture n’existe pas encore tout à fait. Les premières livraisons devraient débuter en 2028. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts pour espérer la toucher… du doigt !

Rolls-Royce Nightingale

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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