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Il n’y a plus beaucoup de choix… Les voitures grossissent, s’électrifient à forte dose, et pour autant l’habitabilité n’y gagne pas toujours. Les segments autrefois porteurs perdent des parts de marché à vitesse grand V. Le segment des micro-citadines ne rapporte que peu d’argent, la faute à des investissements trop lourds. L’offre de berlines et de breaks – hors premium – s’amenuisent au profit des SUV toujours plus gros et moins efficients. Les monospaces, il y a encore 15 ans, ultra-demandés, disparaissent. Même Renault va retirer son Espace bientôt… Alors que l’offre de véhicules familiaux se réduit, chaque nouveau modèle accueillant plus de 5 sièges attire forcément les regards. Encore faudrait-il que ces modèles soient… accessibles.
Il est clair que l’accessibilité monétaire d’une Lexus n’est pas le premier point fort. Toujours est-il qu’il convient de s’y intéresser pour ce qu’il a à proposer, ce TZ.
Partons d’un point catégorique, il ne sera pas le modèle Lexus le plus vendu en France, c’est sûr, et plus globalement en Europe compte-tenu de son gabarit qui ne colle pas à nos contrées aux voies étroites, et à son design architecturale lui donnant plus l’air d’un immeuble que d’une voiture. Il dépasse les 5 mètres de long et tutoie les 2 mètres de large. Sa hauteur rivalise avec celle de votre auteur, soit 1,70m. Le style n’est pas très raffiné, le bouclier est massif, très vertical et multiplie les arêtes donnant un regard agressif au véhicule, très Lexus dans l’âme. On devine la calandre, surlignée de noir. Le bouclier se poursuit vers un capot très droit qui donne naissance à un pare-brise très incliné. Les ailes sont exagérées pour donner de la musculature à ce parallélépipède rectangle pour qui les courbes sont réservées aux roues et à leurs entourages. La surface vitrée semble longue mais pas très haute et surtout très teintée ! L’arrière continue dans la verticalité et est souligné par des éléments aérodynamiques pas très discrets comme ceux en-dessous des extrémités de la barre de feux.


Massif, à coup sûr. Après tout, peu de SUV familiaux aussi longs sont très élégants. On ne les achète d’ailleurs pas pour leur style mais bien pour leurs prestations intérieures. Des matériaux durables côtoient d’immenses dalles numériques et des sièges plus gros que des canapés. Le logo disparait du volant pour laisser place aux 5 lettres du nom du constructeur. Vous n’avez pas suffisamment forcé pour fermer la porte ? Un système permet d’assister cette fermeture de manière automatique afin que vous ne vous fatiguiez pas à rouvrir pour refermer cet ouvrant. Derrière le volant, un écran d’instrumentation de 12,3 pouces étonne par sa profondeur et sa forme, habitués que nous sommes désormais aux grands écrans de Mercedes, Audi ou même Renault qui tombent sous nos yeux et sont rectangulaires. Ici, il est comme enfoncé dans le tableau de bord, pour éviter les rayons du soleil peut-être. Au centre, en revanche, le traditionnel écran tactile trône toujours, mesurant 14 pouces. Il est basé sur le même système que Toyota, baptisé Arene. Comme dans la dernière ES, les boutons sont invisibles lorsque la voiture n’est pas en fonctionnement. Une fois qu’on appuie sur le bouton start, les fonctions s’illuminent.
L’horizontalité de l’habitacle, l’ouverture des angles au niveau des portières ou du tableau de bord nous procurent une impression d’espace immense. Chaque matériau, textile, surface donne envie de la découvrir, de la caresser. On devine la présence des enceintes à des endroits stratégiques pour offrir un excellent niveau acoustique. Lexus est associé depuis des lustres à Mark Levinson pour la fourniture de ses haut-parleurs de haute qualité. En option, le TZ peut en compter jusqu’à 21 pour fournir un excellent son 3D. Plus haut je craignais que les fenêtres teintées peinent à éclairer l’habitacle, à tort. Ou bien est-ce dû à la présence d’un toit panoramique ouvrant – chose rarissime dans des voitures électriques, car en ouvrant la vitre, l’efficience descend – d’une taille impressionnante. Trois rangées de sièges prennent place à l’intérieur de cette longue auto. Les sièges de la deuxième rangée sont individuels, chose rare, chauffants et ventilés (en option) et même sur la troisième rangée, les sièges peuvent être chauffants !


Évidemment, le coffre est limité en configuration 6 places, mais il est – heureusement – possible de baisser la troisième rangée pour avoir un grand espace. Lexus appuie sur le fait que l’absence de réservoir d’essence a permis aux ingénieurs de baisser l’assise de la troisième rangée, offrant ainsi un meilleur accueil. Électrique disais-je, on y est contraint. Pas par son marché de prédilection, les États-Unis, mais par les COP. Dans ses soubassements, le TZ cache donc une batterie de 95,8 kWh. Il est disponible en deux versions, 450e avec 313 chevaux et 550e avec 408 chevaux. Les quatre roues sont motrices et directrices (jusqu’à 4°) et risquent de mettre plus de temps à fatiguer la batterie que le conducteur. Lexus a conçu la voiture selon leur concept driving Lounge littéralement un habitacle relaxant et une conduite dynamique.
Plus précisément, ce concept signifie que les fauteuils sont accueillants, moelleux, et que mener la voiture devrait être agréable pour le conducteur. Fier de sa trouvaille, le constructeur a intégré l’Interactive Manuel Drive à son SUV, une technologie dérivée de son RZ qui simule une vraie boîte de vitesses alors qu’il s’agit d’une électrique ! La blague ne s’arrête pas là, le TZ a été développé sur simulateur et a fait quelques sorties sur circuit pour tirer au mieux profit des suspensions MacPherson à l’avant et multibras à l’arrière. On attend de voir, volant en main, comment ce pachyderme de plus de 2,6 tonnes s’en sort réellement en conduite dynamique. Ce qui semble moins certain, c’est sa réussite face aux cadors de l’électrique…


Nous vous le disions plus haut, sa batterie est copieuse, 95,8 kWh, c’est un véhicule premium qui devrait être vendu aux alentours des 75-85 000 € si ce n’est plus. Son autonomie navigue entre 480 et 530 km. C’est dans les standards, mais la concurrence s’arme vite et bien. BMW va bientôt lancer son X5 qui devrait dépasser son frère iX3. Pire, la recharge rapide peine à mériter son nom, compte-tenu de la concurrence, toujours : 38 minutes pour passer de 10 à 80%. En cause, une puissance maximale de 150 kW ! Attendons de voir une concurrence directe, mais sur le papier, le TZ paraît en retard…

