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Reportage

Historic Auto

Un mois après Retromobile à Paris, la ville de Nantes accueille son salon dédié aux voitures de collection. Une cinquième édition et une première pour nous.

Flat Out Le Mans

Tous les deux ans, les passionnés de tout l’Ouest de la France se donnent rendez-vous depuis 5 éditions maintenant à Nantes, au parc des expositions. Chaque année, l’affluence augmente et le nombre de stands avec elle. Ainsi, entre autres nouveauté cette année, on note l’arrivée d’un hall dédié aux cycles et motos. Un hall… que nous avons parcouru en vitesse, notre passion n’étant pas tournée vers le deux roues mais bien le double. Et nous serons servis ! Forcément, il est délicat de passer après Retromobile qui nous a tant émerveillé. Mais ce salon aux larges allées nous a permis d’apprécier de nombreuses belles autos et de rencontrer de grands spécialistes de leurs milieux. On vous embarque alors pour une découverte en quatrième vitesse de ce salon de Loire-Atlantique.

Chaque hall avait son lot de stands divers avec des spécialistes en tous genres séparés les uns des autres par des parois, parfois, et des voitures exposées entre les allées. Et parfois même quelques raretés comme ce passionné Venturi que nous avions croisé l’année dernière au MotorFest venu avec le premier prototype de la 400GT en piteux état et la sienne, d’un rouge éclatant. À côté, les sarthois de Flat Out garaient deux autos incroyables sur leur stand, une Ford C100 et une Cooper des années 60. On pourrait tant écrire rien que sur elles… L’un des dirigeants nous a notamment expliqué que la Ford C100 « était très pointue, très bien développée, même si elle n’a pas couru. Elle a servi de base technique aux Jaguar du TWR Racing développées par la suite. » L’histoire automobile est peuplée de ces projets abandonnés et repris in extremis… pour marquer l’histoire !

Venturi 400GT
Grand Palais - Historic Auto

La diversité automobile saute aux yeux par sa variété d’époque, de carrosserie, de moteurs, de dimensions… Tout ce qui constitue la passion automobile en réalité. Il y en a, là aussi, pour tous les goûts et en nombre suffisant pour que les yeux s’illuminent. Car, bien souvent, des raretés se cachent. De rares Lotus, dont une sublime Exige S1 ou une 2-Eleven, une BMW 2002 Turbo, des Caterham, des Alpine… Un stand a même accueilli des gloires du Dakar ! En tournant vers le Grand Palais, de la mezzanine, nous scrutons les nombreux stands de professionnels, les quelques espaces plus vastes accueillant des clubs. Ici, c’est l’assurance de trouver son bonheur, qu’importe ce que l’on cherche ! Il en va d’un serre-écrou pour les mécaniciens aux housses de protection, ou même des fascicules officiels de diverses voitures ! Même des dossiers de presse… Le Graal ! Une mine d’or d’informations !

Parmi les clubs, nous notons la présence de Matra, association venue avec les éternelles 530, Djet Bagherra et Murena mais aussi l’évident Espace dont un exemplaire savoureux, unique et luxueux ne comptant que 4 places ! Lui, le pionnier des monospaces ! Non loin, une poignée de 4CV, des Renault à foison, et des BMW, dont une sublime 1600GT. Nous sommes venus pour toucher avec les yeux, et nous en profitons bien ! Mais nous savons également que nous attend, de l’autre côté de la place centrale, le Hall XXL, un vaste espace encore plus impressionnant que les trois précédents réunis ! Dès l’entrée, le brouhaha est immédiatement perceptible. On peine presque à se frayer un chemin. L’immense plan nous accueille et nous indique les endroits… que nous ne souhaitons pas louper ! C’est ici que nous verrons des artistes aux œuvres intéressantes à l’instar du premier sur lequel nous tombons qui, à partir d’un modèle réalisé en 3D dans un matériau que nous ignorons prend ensuite une photo selon un angle particulier pour donner des tableaux d’excellente qualité.

Moto - Historic Auto
Historic Auto

Pour les manceaux, la présence de François Bruère n’étonne pas, l’artiste officiel des 24 Heures présentait ses nombreuses aquarelles dont la toute dernière, la Rondeau victorieuse au Mans en 1980 ! Et justement, en face, le stand de l’ACO mettait à l’honneur la pilote Christine Beckers, elle qui a roulé pour Rondeau. Elle y dédicaçait son ouvrage, son autobiographie, et discutait avec qui voulait sur son histoire. D’une incroyable simplicité, j’ai pu discuter avec elle et ai pu m’apercevoir qu’elle avait une très belle écriture ! Autre coup de cœur de ce salon, la découverte d’une maison horlogère, Arpiem, qui vend des montres bracelets inspirées de l’univers automobile, notamment une mono-aiguille au cadran duquel est retiré le chiffre 3 et les 12, 1 et 2 sont teintés de rouge. Très élégante !

Parmi les autos présentées, je ne peux ne pas nommer l’incroyable Aston Martin DB2 garée en face de deux descendantes, une V12 Vantage S et une DB9. Moi, je n’avais d’yeux que pour la DB2… Ses élégantes rondeurs me séduisent tant… En fait, dans mes rêves, ce stand compte une partie de mon garage de rêve. Il se complète avec d’autres voitures présentes sur d’autres stands, comme la sublime F355 Challenge, à boîte mécanique. Ou bien avec la Ferrari 12Cilindri, d’un bleu éclatant. Incontournable, l’Aston Martin Vanquish garée au centre du stand de Nache Automobiles. Impossible de passer à côté de Jaguar sans le voir tant l’immense logo (d’un bon mètre de haut) agrippait nos regards. Une Type E, forcément, coupé, attire et retient jusqu’à ce que le regards se pose sur son originale voisine, une Jaguar XJS Shooting Brake ! Une poignée seulement a été assemblée. Le maître des lieux, Nahel Furkhan de Furkhan Classic Cars, nous a ouvert le capot de cette sculpture et nous avons découvert un V12 qui a à peine la place de loger !

Nache Automobiles - Historic Auto
BMW - Historic Auto

Il est évident que ces deux autos au charme délicieusement british (nationalité qui, je m’en rends compte, compose les trois quarts de mes goûts automobiles) prendraient place dans mon garage de rêve. À côté, il y aura aussi un ronronnement germanique, en provenance de BMW. Partenaire de l’événement, le constructeur allemand dispose d’un large espace pour présenter parmi ses modèles les plus importants et les plus marquants : la lignée des M3, une Isetta, une autre 1600 GT, une 635CSI, une Série 8 E31, un Z1, un Z3, un Z8 et un duo rarissime, M1 et i8. Parmi elles, je ne les prendrais pas toutes dans mon parking privé, mais une bonne partie tout de même ! La modernité était également de mise, BMW a fait venir son inédit iX3. Verdict ? Nous attendons de le voir dans une autre couleur qu’en noir, en mouvement, ça pourrait être intéressant. Quant à son intérieur, il faudra s’y habituer mais ça semble prometteur !

Nous n’arriverons pas à citer tout le monde, ni toutes les voitures du salon. Il y avait tant… Volkswagen a célébré ses 8 Golf GTi avec la présence d’une représentante de chaque génération. Ce rassemblement témoigne de l’effroyable hausse de dimensions réalisée en quelques décennies. Même l’actuelle Polo est plus grande que la première moitié des Golf… Réfractaire au changement ? Non, simplement il faudrait surveiller ses hausses, car si les voitures occupent des espaces toujours plus importants sur nos routes ou nos parkings, elles ne sont pas toujours beaucoup plus logeables que leurs aînées… Alors, plutôt que de pester contre le présent, retournons dans le passé sur le stand de cette étonnante Sunbeam à moteur V8 ! Ou bien même des Morgan… mauvaise pioche, elles sont toujours plus larges, elles aussi…

Jaguar - Historic Auto
Historic Auto

Il semble qu’il vaille mieux prendre l’époque comme elle est. Le succès de cette édition et plus largement de ce genre d’événements (Epoqu’Auto à Lyon, Retromobile, Historic Auto, dans un autre registre les rencontres de Peter Auto) prouvent que les Français aiment l’automobile, la chérit presque. Et qu’importe les époques d’ailleurs, car même si celui-ci célèbre le passé, combien de visiteurs se sont arrêtés, un moment, devant la 12Cilindri de Ferrari ? Beaucoup. Alors certes, les nouveautés rassemblent moins, elles parviennent moins à faire consensus que les anciennes. Mais l’intérêt est bien là. Pas de voitures rayées, pas de débordements, pas de mouvements de foule, juste de la passion. J’avais peur que Historic Auto, après Retromobile, me paraisse fade. J’avais tort. J’ai eu beau adorer, et j’ai envie d’y retourner, Retromobile, Historic Auto me parait plus proche de la « vie réelle ». Le rêve, oui, toujours, et en plus accessible. Finalement, loin de supplanter l’autre, ils se complètent. Pour notre plus grand bonheur !

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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