Vous pouvez nous soutenir ici si vous aimez ce que vous lisez.

On me rétorquera qu’il faut vivre avec son temps, que les coupés ne se vendent plus autant qu’auparavant, et que mine de rien, il s’agit d’un SUV coupé. Et Ford appuie qu’il s’inspire du modèle iconique des années 70-80. Vous ne voyez pas ? Mais si. Regardez, comme le modèle iconique, le pur produit marketing relie ses deux double-phares avant par un bandeau noir. Avant, il servait à refroidir un peu le moteur. Aujourd’hui, il est là pour le style. À l’arrière aussi, le même bandeau noir rejoint les deux feux. On est loin, très loin d’une réinterprétation moderne de ce qu’était la Capri, la vraie. Les ouvrants latéraux sont multipliés par deux, permettant aux passagers d’accéder plus facilement aux places arrière. Question jante, toutes les tailles de 19 à 21 pouces sont disponibles, de quoi choisir : le style ou le confort.
Déjà, à l’extérieur, la filiation avec le vrai modèle était compliquée à réaliser. Mais à l’intérieur, c’est mission impossible ! On saute à pieds joints dans le XXIème siècle avec une planche de bord pensée pour correspondre aux standards européens. Ça tombe bien puisque la Capri 2024 a été pensée et va être fabriquée en Europe, mais avec l’ADN américain. La planche de bord est donc horizontale et le tableau de bord vertical, accueillant un écran en guise de combiné d’instrumentation réduit à son plus simple appareil. Vitesse et aides à la conduite. Le reste se commande à partir de l’écran vertical tactile de 14,6 pouces utilisant la technologie SYNC Move. L’écran glisse ainsi à la verticale pour s’adapter aux yeux du conducteur. En-dessous de cet écran, un « coffre-fort » peut accueillir un téléphone et le recharger (induction). Une fois la voiture fermée, cet espace est caché par l’écran. À l’avant, Ford célèbre l’arrivée de nouveaux sièges chauffants et massant pour le conducteur. Ils sont dessinés en un seul bloc (appuie-tête et dossier ne font qu’un), ce qui n’aide pas forcément à l’allègement visuel de l’habitacle…

À l’arrière, la banquette accueille plus ou moins dignement jusqu’à 3 occupants. Le coffre atteint 572 litres. Et le moteur dans tout ça ?

Pour se mouvoir, le SUV Capri ne confie plus son sort à des quatre ou six cylindres. Non, il préfère les électrons issus d’une batterie lithium-ion utilisant un mélange NMC (Nickel-Manganèse-Cobalt) d’une capacité inconnue. La version propulsion est celle appelée « Extended Range ». Cette longue autonomie utilise un moteur de 286 chevaux envoyant cette puissance aux roues arrière et autorise une autonomie de 627 km. Pour passer de 10 à 80%, il faudrait patienter 28 minutes, à condition que la borne distribue du courant continu à la puissance de 135 kW. La version 4 roues motrices ajoute un moteur sur le train avant pour disposer de 340 chevaux. L’autonomie fond à 592 km. La vitesse de charge augmente grâce à la capacité de la batterie d’accepter jusqu’à 185 kW de puissance, permettant de passer de 10 à 80% en 26 minutes…
Qui croisera-t-il sur le chemin de la réussite commerciale qu’il espère ? La concurrence débarque en masse… On peut le considérer comme un rival des BMW iX2, Audi Q4 E-Tron (et Volkswagen ID.4 et 5) à la popularité grandissante et aux puissances étonnamment très (trop ?) proches. Comme le reste de la gamme Ford, le Capri arrive avec un tarif agressif et des équipements et une proposition globale qui tiennent la route face à la concurrence. Le SUV demande 49.400 € hors options. Entre la passion et la raison, c’est cette dernière qu’a pris le dessus sur la seconde… pour notre plus grand malheur.


