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La première Série 7 sortait en 1977, il y a presque un demi-siècle. Et dès son lancement, elle s’annonçait comme le fer de lance de la marque, celle qui multipliait les innovations à bord, motorisée par les moteurs les plus pointus et les plus nobles de son temps. Dans la première génération, seuls des 6 cylindres en ligne œuvraient sous le capot, mais la génération suivante (E32) a eu droit à un V8 et même un V12, la noblesse incarnée. Depuis, ce dernier est devenu une constante dans l’histoire de la Série 7, ne trouvant sa place que dans la limousine, sans oublier la vitrine technologique que fut la Série 8 E31. Le V12 n’a trouvé la porte de la sortie que lors de l’actuelle génération lancée en 2022, la faute aux normes environnementales…
À l’inverse, les normes ne disent rien sur la taille des véhicules. Ce qui tombe plutôt bien pour la nouvelle Série 7 nom de code G11 qui s’allonge légèrement (+1 cm à 5,10m), s’élargit et grandit (en hauteur) et offre un empattement encore plus généreux. Ce dernier atteint 3,07 m dans la version courte, disons classique, de la berline. Une version longue allonge l’empattement, et par la même occasion la longueur totale, de 14 cm, une hausse profitant uniquement aux places arrière. En effet, le coffre annonce le même espace, 515 litres (ou 420 si motorisation hybride) dans les deux dimensions. Le style extérieur paraît moins massif et plus technologique encore que la génération sortante et laisse imaginer à quoi vont ressembler les Série 5 et Série 3 suivantes : la Série 7 a toujours préfiguré les dessins de ses petites sœurs.


Elle ouvre la porte à l’avenir de la gamme tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Tout, dans cet habitacle, respire le mélange de luxe et de technologies dernier cri. Respire ou empeste ? L’espace à bord est royal, les sièges sont épais et larges, la console centrale massive mais tout est recouvert de cuir épais choisi parmi les meilleures variétés. La planche de bord est suffisamment orientée vers le conducteur pour qu’il se sente comme le seul maître à bord sans pour autant couper le passager avant de la tablette centrale, par exemple. Cette dernière montre d’ailleurs l’avancée de BMW dans ce domaine et de quoi sera fait le futur de la marque, également, puisque pour la première fois à Munich, cette tablette de plus de 12 pouces est tactile !
Pour les vieux de la vieille, une molette sur la console centrale résiste à l’envahisseur tactile. Le conducteur a droit à deux vrais compteurs de vitesse à aiguilles, le bonheur ! Les possibilités de personnalisation sont immenses dans le catalogue de série, et deviennent quasi-infinies en optant pour le département Individual. Cuirs, boiseries et teintes exclusives entre autres vous permettent de faire Votre propre Série 7 pour qu’elle ne ressemble pas à celle de votre voisin. À bord, deux systèmes audio sont proposées, soit un Bowers & Wilkins de 14 haut-parleurs, soit un Harman Kardon. Parfait pour voyager en écoutant la radio ou la musique sélectionnée. Pour augmenter le volume sonore, BMW innove en intégrant une caméra 3D devant la tablette. Grâce à elle, il suffit de montrer son doigt à cette caméra et, pour augmenter le volume, de tourner le doigt dans le vide dans le sens horaire, et inversement pour baisser le volume. Est-ce vraiment utile ? Nous vous laissons maître pour cette réponse…


Mais évidemment les meilleures places à bord d’une limousine comme la Série 7 se trouvent en ouvrant les portes arrière. Là, le confort n’est plus princier mais royal. L’assise est large, l’espace aux jambes immense, à la tête aussi, les sièges sont très confortables… Deux configurations arrière sont possibles, soit une banquette à trois places, mais une centrale pas très accueillante, soit deux sièges séparés par un large tunnel central dans la continuité de celui à l’avant. Les écrans derrière les sièges avant deviennent un équipement commun, mais à l’époque, d’aussi grandes dalles représentaient une option à saluer. En bonne voiture allemande qui se respecte, la G11 multiplie les packs et les options pour configurer la meilleure limousine possible. Nous vous avons sélectionné quelques équipements plus ou moins étonnants ou indispensables pour vous montrer l’étendue de la personnalisation.
Prenons l’exemple du Pack Confort Thermique. La climatisation bizone devient une quadrizone, une température par siège. Les sièges avant et arrière sont désormais chauffants, tout comme le volant – plutôt classique – mais aussi les accoudoirs et la console centrale – avouez que ça, c’est plus étonnant ! Là encore, est-ce vraiment bien utile… Le Sky Lounge est une option pour le toit panoramique qui, dans ses extrémités, disposent d’innombrables éclairant, dans la nuit, autant de segments dans la vitre pour créer une atmosphère particulière. En version Longue, le Pack Exécutive Lounge Expérience est une option quasi obligatoire. Avec, la place derrière le passager avant devient la meilleure. D’une simple pression sur un bouton, le siège avant, s’il n’est pas occupé, se baisse et s’avance de presque 20 cm. Le siège arrière, lui, s’incline sur 40° pour offrir une position allongée à son occupant, et un repose pied devant permet de ne pas salir le siège avant. En plus, une fonction massage s’invite, de quoi voyager sereinement et arriver plus détendu à destination…


Enfin, ça, c’est si le conducteur a conservé un pied léger. Car sous le capot, la cavalerie peut hennir fort. Au lancement, il y avait encore du diesel… La 730d devait être la version d’entrée de gamme avec son 6 en ligne turbo à géométrie variable fort de 265 chevaux et 620 Nm de couple, tout de même. La seule, par ailleurs, indisponible en version longue. Elle est déclinée en une version à quatre roues motrices avec exactement les mêmes spécifications. En essence, la 740i s’offre les services d’un 6 en ligne turbo twinscroll de 3 litres fort de 326 chevaux et 450 Nm de couple ; la 750i a droit à un V8 biturbo 4,4 litres de 450 chevaux et 650 Nm. Jolis scores. À part, la 740e était davantage présente au catalogue pour montrer qu’elle savait s’adapter à son époque que pour ses performances énergétiques, au demeurant excellentes, mais vérifiées selon le cycle NEDC, pas très représentatif. Œuvraient ensemble un 4 cylindre en ligne biturbo twinscroll de 2 litres (258 chevaux et 400 Nm) et un moteur électrique permettant d’annoncer 326 chevaux. Sans émission, la berline annonçait une autonomie de 40 km et une consommation moyenne en hybride de 2,1 litres aux 100 km. On y croit… pas vraiment.
Plus tard, viendra la version 760i à moteur V12 biturbo de 6,6 litres. Sûrement minoritaire dans les ventes, cette motorisation sert surtout l’image de marque davantage que les ventes. Il est intéressant de noter que, même si les meilleures places sont à l’arrière, le conducteur ne se trouve pas lésé pour autant. En effet, il dispose d’innombrables aides à la conduite comme la direction intégrale qui, pour la première fois chez BMW, pouvait s’accorder avec la transmission intégrale (xDrive) et la suspension Active Confort Drive. Il n’a pas à se soucier du passage des vitesses grâce à la boîte automatique, ni même au stationnement car, grâce à la clef, il peut piloter la voiture de l’extérieur de la voiture !


Il peut voir loin grâce à l’option des feux lasers. Il peut rouler fort grâce à une structure châssis intégrant des innovations développées par le département BMW i, comme l’utilisation du PRFC, plastique renforcé par de la fibre de carbone, baissant le poids de 130 kg pour une rigidité accrue ! Ou encore la double triangulation avant et le train multi-bras à l’arrière, associés à la suspension active descendant automatique l’assiette de la voiture pour limiter les perturbations… Ou encore l’assistant de conduite, en réalité l’aide au maintien dans la voie, opérationnel même jusqu’à 210 km/h ! Inutile en France où, pour rappel, la vitesse est limitée à 130 km/h sur route ouverte.
La Série 7 ouvrait la voie à un avenir plus technologique, plus dynamique et plus confortable que jamais. Et… ça a payé, les ventes se sont bien portées durant son règne. Elle a connu un restylage en 2019 lui donnant un bouclier aux naseaux pardon, aux haricots surdimensionnés. Trop clinquants en photos, ils s’intègrent mieux dans le paysage urbain !

