Vous pouvez nous soutenir ici si vous aimez ce que vous lisez.

Ah… le DBX. Ce bon vieux SUV bien lourd, bien gros, bien grand, bien… sous tous rapports ! Certains journalistes le qualifient de meilleur SUV sportif – avant que le Purosangue ne sorte – grâce à un dynamisme typique Aston, une ligne dans les standards de Martin, un moteur AMG mais revu par les Anglais… Il n’est pas parfait, mais contrairement aux concurrents qui le sont presque, le DBX a du charme. Heureusement d’ailleurs, vu les attentes d’Aston Martin sur ce véhicule haut comme trois Valkyrie. J’exagère. Deux. Ils ont investi énormément d’argent dans ce véhicule en développant une plate-forme propre à ce gabarit encore inconnu à Gaydon. La dernière familiale de la gamme ne l’était pas vraiment, familiale, eut égard de l’espace aux jambes à l’arrière de la Rapide ! Et comme le segment des berlines était en perdition, elle n’a pas connu la carrière que son design et son moteur nous laissaient imaginer…
Le sort de la marque repose sur les épaules de ce véhicule au gabarit gigantesque, digne d’un SUV du meilleur cru. De sa calandre extra-large au capot presque plus bas que les ailes avant ou encore ce bandeau arrière hérité de la Vantage, le DBX multiplie les codes stylistiques des Aston Martin classiques. Sous le capot, aussi. À sa sortie, il comptait sur le V8 4.0 vu pour la première fois à Gaydon dans la Vantage, celui de la Mercedes-AMG GT. Mais ici, poids en hausse oblige, le moteur a été revu et la puissance augmentée : 550 chevaux et 700 Nm de couple. Habituellement, nous préférons les propulsions mais sur des gabarits comme celui-ci, la transmission intégrale s’impose – une première pour une Aston Martin ! Et, bonne pioche, à en croire de nombreux essais, il se comporte tout à fait convenablement, pour un SUV. Puis, la concurrence a commencé à montrer les gros bras.


Et Aston Martin a suivi. En surfant sur la vague des puissances mirobolantes, et en sachant que Ferrari n’allait pas tarder à débarquer sur le marché, la firme au blason ailé a dégainé ni plus ni moins que le SUV le plus puissant du monde… à sa sortie. C’était en février 2022, le DBX devenait DBX707. Même moteur, mais profondément remanié. Deux nouveaux turbos soufflent plus fort et une nouvelle gestion du moteur permettent de faire grimper la puissance à 707 chevaux. Une hausse significative qui oblige les designers et les ingénieurs à revoir les dimensions des entrées d’air, le refroidissement étant une priorité, le tout sans dénaturer la ligne de ce DBX. Pour le reconnaître, rien de plus simple : le DBX classique dispose de feux de jours en forme de quadrilatère aux extrémités, le DBX707 a droit à des entrées d’air et à deux barres leds horizontales. Avec une telle puissance, le 0 à 100 km/h réside dans le domaine de l’expéditif : 3,3 secondes. Une seconde de mieux que le DBX « 550 ».
Aston Martin a semble-t-il eu raison de proposer cette alternative, puisque depuis plus d’un an maintenant, la version de sortie, à 550 chevaux, n’est plus disponible, le 707 représentait la quasi-totalité des ventes.
Qu’en sera-t-il de cette nouvelle version ? Elle s’appelle DBX S. Depuis 2004, le badge S est utilisé dans la gamme Aston Martin pour des raisons évidentes consistant à améliorer les performances sportives des autos. Et comme la totalité de la gamme a été renouvelée l’année dernière, le retour du badge S ne pouvait se faire sur un autre modèle que le DBX, le plus vieux modèle de la gamme ! Ce modèle, sorti en 2019, a seulement connu un restylage visible à l’intérieur, en profitant de la planche de bord initiée par la DB12. Alors, que pouvons-nous attendre du DBX S ? Plus de sport, à en croire son badge. Et donc, plus de puissance ! Comme si 707 chevaux étaient insuffisants, les motoristes ont intégré quelques composants internes, notamment l’hélice du turbo, de la Valhalla dans ce SUV familial et sportif. Et hop ! 727 chevaux. Pour deux équidés, le DBX devient le SUV thermique le plus puissant du monde (devant le Purosangue) !


Une hausse imperceptible sur le 0 à 100 km/h, toujours réalisé en 3,3 secondes, mais palpable sur le doublé, qui baisse de 0,3 seconde, soit 11,4 secondes. La sonorité de ce bloc risque de changer légèrement, Aston Martin ayant profité de cette nouvelle déclinaison pour changer l’orientation des deux doubles sorties, abandonnant leur horizontalité pour une verticalité. C’est l’un des éléments principaux pour différencier le 707 du S. Sinon… il y a bien la calandre en nid d’abeille en polycarbonate léger composée de 25 000 composantes et permettant de gagner 3 kg, mais il est possible d’avoir la même calandre que le 707 en option. Les jupes latérales sont plus imposantes, et les prises d’air sur le pare-chocs avant surjouent l’agressivité. Un petit S en italique s’invite au niveau des ailes avant. Il est également possible de tirer un trait sur le côté familial en retirant les barres de toit pour préférer un toit en fibre de carbone pour perdre 18 kg !
Perdre autant de poids en hauteur permet de baisser le centre de gravité de la voiture et donc d’améliorer ses aptitudes dynamiques. De nouvelles jantes en magnésium permettent de gagner, là aussi, du poids mal placé. Plus les roues sont légères, moins il y a d’effort à réaliser pour les faire tourner. En choisissant ces jantes de 23 pouces, on perd encore 19 kg ! Les liaisons au sol sont légèrement revues, mais elles partent de la base du 707 qui elle-même a été mise à jour l’année dernière. Espérons qu’il existe des différences de comportement entre les deux voitures… Elle devrait être plus légère, donc plus dynamique. Pas de grosse nouveauté ici, les roues arrière directrices sont laissées à la concurrence, tout comme l’hybridation. Le DBX S poursuit la route d’un véhicule qui peine malgré tout à se vendre, par manque de popularité. Nous ne lui souhaitons que bonne route, pour que la marque puisse continuer de nous régaler avec ses sportives basses.

