Catégories
Essais

Alpine A110 R

Enfin ! Depuis le temps que cette voiture me plaît, me voilà enfin derrière son volant ! Une courte prise en main suffira-t-elle à me rendre fou amoureux ? Spoiler : j’en veux une.

Alpine A110 R

Tous mes proches amateurs d’automobiles le savent : j’adore l’Alpine A110. Je les bassine avec ce coupé sorti en 2017 dès le premier jour. Comme une bouffée d’air frais dans le paysage automobile, cette Alpine représente l’espoir français sur quatre roues. Passionnelle, passionnante, bluffante, légère, euphorisante, les qualificatifs me manquent quand je pense à l’A110. De sa bouille rondelette à ses hanches généreuses en passant par tous les clins d’œil à la berlinette originale, l’A110 nouvelle génération me séduit, et pas seulement moi. De nombreux propriétaires de l’Alpine reine des rallyes sont devenus propriétaires de la nouvelle version, tant elle semble à contre-courant de la production, comme à l’époque. Pour elle, seul compte le plaisir de conduite. Et pour cela, tout est bon à prendre : cure d’amaigrissement, moteur fiable et relativement puissant. Surtout, un équilibre de funambule davantage orienté plaisir, enroulades en sorties de courbes plutôt que pot de colle au sol. En d’autres termes : aux antipodes de la concurrence, toujours tournée vers la performance. En gagnant la lettre R, on pourrait croire que l’A110 perd son charme. Pour l’instant, et je souhaite que cette phrase puisse être corrigée rapidement, je n’ai pas essayé d’Alpine A110 2017 de 252 chevaux, je commence directement par la R, la plus puissante, la plus radicale. La plus pure ? 

Sur le papier, la pureté n’est plus vraiment là. Tandis qu’à l’écriture du cahier des charges, l’accent était porté sur un équilibre tarif/poids/matériau, l’A110 R use sans abuser réellement de la fibre de carbone. Capot, jantes, toit, lunette arrière, jupes latérales, diffuseur et autres sièges baquets adoptent ce matériau de pointe, à la fois léger et résistant… mais surtout coûteux. L’aileron imite la fixation des dernières Porsche, avec ce « col de cygne », et est positionné un peu plus en retrait. À l’intérieur, le dépouillement n’est pas poussé à l’extrême. L’Alpine accentue son côté radical, compétition, par les harnais 4 points ou encore les lanières rouges, ou bien l’Alcantara recouvrant le tableau de bord. Pour le reste, l’habitacle est identique au coupé classique. Un coup d’œil dans le rétro intérieur et, surprise, rien. La lunette arrière étant en fibre de carbone, elle obstrue totalement la rétro vision. Alpine a donc cru bon de retirer, purement et simplement, le rétroviseur central. C’est toujours des grammes de gagnés ! 

Alpine A110 R

Deuxième fois sur circuit, première fois en boîte auto. Deuxième fois au volant d’une voiture à moteur central arrière, première fois en Alpine. Le stress commence à monter. Mieux encore, l’A110 R est toute neuve, il s’agit du deuxième week end d’utilisation de l’auto. Le moniteur de la Motorsport Academy me le confirme « je ne connais pas la voiture ». Ah… Euh, pour ma part, je la connais. Enfin, sur le papier. 

Alpine A110 R

Je mène la danse. Calé au fond du baquet, pédale de frein écrasée, je n’attends qu’une chose : que le feu passe au vert. 9h pétantes, le rouge laisse place à la couleur de l’espoir. Le mien consiste à rendre la voiture en un seul morceau. C’est la moindre des choses… Doucement mais sûrement, la voiture commence à se mouvoir sur la piste. D’abord, cerner la voiture avant de titiller l’accélérateur. Oh surprise ! Tous les articles que j’ai pu lire sur l’A110 me reviennent en mémoire. Tous, jusqu’au premier freinage, où la concentration remplace la moindre pensée extérieure. Freinage, point de corde, et on accélère. C’est ce que répétait mon moniteur, à longueur de virage. Au fil des tours, c’est lui qui me disait d’accélérer, encore et encore, pendant que je découvrais encore la voiture… Une A110 R certes radicale dans ses choix mais facile à cerner. Attention, je ne dis pas qu’on s’ennuie à son volant, loin de là. Au contraire, elle fascine. Sa faible masse – 1082 kg à sec – combinée à sa puissance suffisante – 300 chevaux – sans oublier les nouveaux réglages de châssis et les pneus spécifiques, font de l’Alpine une chasseuse de chrono accessible et jouissive.

En sortant de la voiture, deux mots me revenaient sans cesse en tête : pureté et accessibilité. Une pureté oui, dans la direction, dans la performance. Le train avant ne surjoue rien, il place la voiture avec autorité, quand le pilote le lui ordonne plutôt, pour que l’arrière suive. Ou enroule, selon les aptitudes derrière le volant. La pédale d’accélérateur, enfoncée à mi-course, augmente le rythme de rotation des pistons dans les cylindres, et à chaque pichenette sur la palette de droite, la même « mélodie » retentit. La boîte EDC7 jongle parfaitement sur tous ses rapports, avec une rapidité impressionnante pour un tel tarif. Accessible aussi oui. Je l’admets, je suis loin d’être un pilote. Disons que sur un karting, je me défends. Mais sur circuit, je suis plus à la traîne. Je ne décèle donc pas les mêmes tares d’un vrai pilote. Simplement, je perçois un comportement rassurant pour un conducteur lambda – moi – et en même temps capable de tellement plus avec un vrai pilote – pas moi – tant elle en redemande. 

Alpine A110 R dynamique
Alpine A110 R sortie

L’A110 R préfère les virages aux lignes droites. Parfait, moi aussi ! Sa stabilité en sortie de courbe rassure, son moteur coupleux semble capable d’embarquer le train arrière dans une légère dérive au besoin… Je savais que j’allais aimer, tant je n’ai entendu que du bien de cette auto. Je ne savais en revanche pas à quel point. Amoureux ? Mon dieu, oui. Finalement, je ne sais pas si je dois remercier mes amis pour ces tours… Car finalement, ils m’obligent à en avoir une ! 

Si vous aussi, vous voulez tomber amoureux d’une voiture de sport légère et plaisante : https://www.motorsport-academy.fr/stage-pilotage/alpine-a110/

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

2 réponses sur « Alpine A110 R »

[…] Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Par ordre alphabétique : Alpine A110 R (celle-là même que nous avons conduite), BMW M4 CSL, Chevrolet Corvette C7 Z06 préparée, Ferrari F8 Tributo, Ferrari 328 GTB, Ferrari 348 […]

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Boucars

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture