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Le constructeur japonais n’a pas attendu longtemps avant de surfer sur la vague des SUV. Aujourd’hui, la quasi totalité de sa gamme… est haute sur pattes ! De l’Ignis, sorte de micro-citadine surélevée, à l’Across. Heureusement, en guise de dernier rempart à la mode, Suzuki conserve son excellente citadine, la fameuse Swift que tout le monde connaît. Petite, pratique, la citadine consomme peu et a toujours été bien équipée. Quoi de plus normal que de lui offrir une sixième génération ! Cela dit, si les SUV sont très vite apparus chez Suzuki, comme pour la quasi-totalité de ses compatriotes, la fée électricité a tardé à éclairer la gamme. Le e-Vitara n’arrive que tout juste cette année pour baisser les émissions ; la motorisation hybride ne jouant plus le même rôle qu’avant…
Ce qui n’empêche pas Suzuki d’employer cette technologie dans cet Across de nouvelle génération ! Mais d’abord, son look. Suzuki parle d’un design affirmé, il est en effet très large et musclé et géométrique. Les optiques soulignent la haute calandre, le profil est ramassé vers l’arrière dessinant un très long capot et rejetant la partie vitrée vers le coffre presque vertical. Élégant ? Non, pas vraiment. Et à vrai dire, il ne veut pas vraiment l’être. Il préfère montrer sa robustesse que ses belles courbes, en témoigne les lignes au niveau des portières, très prononcées. À l’arrière, le coffre s’ouvre sur un espace de 446 litres sous la plage arrière ce qui, compte-tenu de sa longueur, ne paraît pas exceptionnel. C’est moins par exemple que son prédécesseur, ou qu’un Volkswagen Tiguan rival, à motorisation équivalente.


À l’intérieur, la robustesse continue de se faire ressentir. Les lignes sont, là aussi, géométriques. Suzuki précise que la planche de bord a été abaissée pour améliorer la visibilité. Pour nous, l’habitacle apparaît presque rustique par son dessin, même si les plastiques et autres tissus permettent de réchauffer cet intérieur et de le rendre plus agréable à vivre. Toutes les informations sont regroupées au centre, le tunnel central accueille tous pleins de rangements, des ports USB-C (5 au total dans l’habitacle) et même des rangements dessinés pour les téléphones entre le tableau de bord et le tunnel central pour recharger son appareil fétiche. Bonne idée ! L’écran central de 12,9 pouces est souligné d’une barre de boutons activant diverses fonctions. Quant au volant, il n’a pas terminé sa crise d’acné et compte toujours autant de fonctions sur ses barres. Derrière, l’écran de 12,3 pouces peut s’associer à un affichage tête haute disposant de trois systèmes d’affichage, du plus succinct (vitesse) au plus complet (GPS, aides activées…).
Les aides à la conduite sont nombreuses, trop à notre goût, rendant toujours les conducteurs plus attentistes qu’attentifs à l’environnement. J’en veux pour preuve ces systèmes d’alertes pensés soi-disant pour éviter des accidents. Mais à force de nous donner trop d’informations, en même temps, on peut peiner à les hiérarchiser, et donc ne plus être suffisamment attentifs à la conduite. Restons avec les traditionnels régulateurs et limiteurs, ils sont déjà bien ! Là, avec le Dynamic Radar Cruise Control, cet Across peut s’adapter au véhicule de devant, voire celui d’encore devant, pour remplir des fonctions de prédictions du flux routier. Mais… nos yeux ne le voient-ils pas ? Quant à la réduction de l’allure, avec ce système activé, grâce à la lecture des données cartographiques du GPS (intersections, péages), ils nous déconnectent de la conduite. À quoi va servir l’humain si, derrière un volant, il devient inutile, et au travail, il est remplacé par l’IA ?


Outre cette question qui m’effraie, il est temps de parler de la motorisation de ce grand SUV. Sans surprise, il s’agit d’un hybride rechargeable, mais dont on ne divulgue pas grand-chose. On sait seulement qu’il dispose d’un 4 cylindres de 2,5 litres mais on ignore la taille de sa batterie, même si Suzuki explique que la nouvelle technologie hybride plus compacte a permis de libérer de l’espace à bord. On attend d’en savoir plus alors… Ou bien on se souvient. On se souvient que ces valeurs nous rappellent celles d’un autre SUV japonais au look quasi identique (les logos diffèrent, sinon c’est blanc bonnet), le Toyota RAV4. Et… ce n’est pas une surprise. Depuis 2017, les deux constructeurs japonais collaborent pour réduire les coûts et proposer des voitures semblables et avancées dans leurs segments. Le précédent Across était déjà un RAV4 rebadgé. En 2024, il a été annoncé qu’ils allaient développer conjointement un véhicule électrique destiné au marché mondial et fabriqué d’ici la fin de l’année 2025 sous les deux logos. Et… voici les Urban Cruiser et e-Vitara, qui se ressemblent comme deux gouttes d’eau !
L’entraide entre constructeurs ne date pas d’hier. Elle a, en réalité, toujours plus ou moins existé. Et si c’est pour maintenir ces deux entités historiques sur le marché, qu’elles continuent !
