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SEAT Ateca

De nos jours, les gammes des constructeurs sont surpeuplées de SUV. Il y a dix ans, l’affaire était différente puisque chez Seat on lançait… son premier SUV ! L’Ateca, encore en vente aujourd’hui, souffle bientôt ses dix bougies.

Seat Leon

Dans la galaxie Volkswagen, chaque constructeur se destine à une clientèle précise : Skoda aux familles, Volkswagen aux familles avec une vocation plus novatrice, Audi aux clients premiums, Porsche aux sportifs, Lamborghini encore plus… Pour les trois premiers et SEAT, les mêmes plateformes donnent naissance à des véhicules souvent proches voire quasi identiques. Cela dit, SEAT vise une clientèle encore différente, offrant une proposition plus sportive, plus dynamique, à la fois dans son style que dans sa conduite, et des tarifs encore plus agressifs tout en conservant la fiabilité Volkswagen. Le meilleur de tous les mondes ! La gamme est alors complète en 2016. Une micro-citadine, une citadine, une berline compacte, une berline, et un monospace. Mais la mode des SUV, alors en plein boom, attire les financiers.

Ainsi naît l’Ateca dont le nom est évidemment tiré d’une ville espagnole. Dès l’extérieur, on perçoit deux choses. Un : il a bien compris les codes stylistiques propres aux SUV et les cultivent tout en intégrant l’ADN SEAT. La face avant utilise des angles obtus et marqués dignes de la Leon, les passages de roues sont presque exagérés, les boucliers accueillent des protections soulignées de gris, les arêtes sont franches sans être trop agressives. Deux : le style passe-partout transpire l’ADN Volkswagen qui coule dans ses veines. Oui, il est un pur produit VW, reprenant la plateforme MQB du Tiguan qui, clause de non-concurrence oblige, perd 13cm en longueur pour ne pas rouler sur ses plates-bandes. Un style purement fonctionnel avec des touches décalées si l’on en croit le dossier de presse comme les rétroviseurs non pas montés à partir de la fenêtre mais sur la portière, que le communiqué s’empresse de souligner « comme les supercars ». Sauf qu’il s’agit là… d’un SUV.

SEAT Ateca
SEAT Ateca

À l’inverse d’une supercar, un SUV se doit d’être habitable, logeable, confortable, et on ne doit pas tomber dedans mais bien y grimper. Ou, au moins, ne faire aucun effort pour y accéder. Une fois à bord, on touche des yeux un environnement que l’on connaît déjà pour qui a déjà posé son regard dans un intérieur de VW de la deuxième moitié des années 2010. Le conducteur a droit à un volant à trois branches qui commence sa puberté qui se trouve devant un affichage doté de deux cadrans à aiguilles et d’un écran vertical au centre de ces deux cercles. Au centre, un écran tactile de dernière génération de l’époque, diagonale de 8 pouces ! Plus bas, vers le tunnel central, des boutons physiques témoignent de son « grand-âge », ces commandes régulent surtout la température à bord, avec des molettes rotatives, bien plus agréables que des boutons à retour haptique. Quant au levier de vitesse – une boîte auto était également disponible – sa présence nous rappelle un temps où on nous laissait ce choix. Non pas pour le plaisir de tricoter avec le pied gauche et la main droite dans un SUV, mais plutôt pour baisser l’addition finale.

Même si de ce point de vue également l’Ateca montre ses rides… Rappelons que c’était une époque pré-Covid, le DieselGate n’avait pas encore annoncé la couleur des amendes aux montants exorbitants… Toujours est-il que, en 2016, vous pouviez vous procurer un Ateca pour seulement 21 990 € ! Sous le capot, un 3 cylindres essence de 115 chevaux et une boîte manuelle à 6 vitesses. Probablement pas le meilleur des mariages mais ce SUV, léger, est aussi très logeable en proposant tout de même 510 litres de coffre (485 si vous optiez pour la transmission intégrale). En France, le diesel a toujours été plébiscité, il y en avait également dans l’Ateca, de 115 chevaux (25 745 €) à 190 chevaux (37 950 €). D’un point de vue technologique, en option, le SUV disposait d’un système baptisé Traffic Jam Assist, lui permettant de rouler tout seul dans les embouteillages grâce aux systèmes d’aide au maintien dans la voie et de régulateur adaptatif. Au delà des 60 km/h, il apprenait à se placer bien au centre des voies…

SEAT Ateca
Cupra Ateca

C’était une autre époque. Rendez-vous compte de l’évolution, du bond technologique réalisé en l’espace d’une décennie ! Aujourd’hui, combien de voitures peuvent rouler quasi sans l’intervention humaine ? Beaucoup, grâce aux (ou à cause des) normes GSR. À cause pour nous puisque ces systèmes de sécurité active coûtent. Et, ont-elles réellement sauvé des vies ? Nous nous interrogeons. Car, finalement, l’ajout de ces systèmes n’a fait qu’augmenter la facture des voitures de monsieur-tout-le-monde. Comme dit plus haut, l’Ateca est encore disponible de nos jours. Le moteur 115 chevaux essence, 3 cylindres, évoqué plus tôt était affiché en 2016 à 21 990 €. Avec les nouvelles technologies, le restylage… le même moteur du même modèle mais probablement pas à équipements équivalents, s’échange à 32 990 € ! 11 000 € d’inflation !? Cette somme s’explique par une dotation de série plus complète parfois utile (intérieur plus numérique, systèmes en tout genre pour aider le conducteur, l’assister), parfois moins (feux 100% leds, certes plus sécurisant mais surtout plus onéreux…). 

Le restylage est passé en juin 2020, le bouclier avant a été totalement revu, apportant une calandre plus clinquante et plus travaillée rejointe par les optiques, dotés eux de reliefs. Le travail sur l’arrière est plus subtil, on distingue une découpe plus nette du coffre, le diffuseur n’hésite plus à montrer ses sorties d’échappement, probablement factices… Surtout, l’intérieur se dote d’une interface numérique mise à jour et l’écran entre les deux compteurs grandit également. Enfin, ne l’oublions pas, l’Ateca a été le fer de lance, le modèle fondateur d’un « nouveau » constructeur : Cupra. Le label sport de SEAT est devenu marque à part entière en 2018 sous la direction d’un certain Luca De Meo… Pour mériter son blason, l’Ateca maquille son origine avec des parures couleur cuivre sur les jantes, son logo et même ses échappements. Sous le capot, il s’en remet à un bon vieux 4 cylindres de 300 chevaux.

Cupra Ateca

Le SEAT Ateca arrive à la fin de son parcours. Il a connu une belle réussite commerciale, se vendant à bien plus de 300 000 exemplaires. De tels résultats devraient lui permettre de connaître une deuxième vie, une deuxième génération. Mais elle tarde à venir… Pendant un temps, on croyait même SEAT vouée à disparaître, Cupra réalisant d’excellentes ventes. Alors, que faire de SEAT ? Nous l’ignorons, mais ses ventes n’étant pas ridicules, pourquoi ne pas renouveler sa gamme ? 

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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