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Peu à peu, la résistance à l’électrique diminue… quel constructeur n’en a pas encore dans sa gamme ? Aston, qui pousse même le bouchon en n’ayant aucune hybride rechargeable de série en Europe (la Valhalla est limitée), Lamborghini (pas d’électrique mais une gamme entière hybride), et globalement… on a fait le tour. Même Lotus s’y est mis ! Quant à Jaguar, on sait déjà son avenir, un futur que l’on craint… Le plus étonnant est sans doute cette longue attente autour d’un Range électrique ! Pour les amateurs de ce vénérable constructeur et soucieux de l’environnement, Range Rover accueille depuis un moment déjà des motorisations hybrides et rechargeables. Mais tout électrique…
Le plus étonnant ? Ils commencent par le haut. Range Rover suit la même stratégie que les « premiers » sur le segment : le très haut de gamme d’abord, et petit à petit on ouvrira l’offre sans émission aux autres modèles. Ainsi, c’est l’immuable Range Rover, le savant mélange entre le franchisseur Defender et le salon roulant. À l’extérieur, les distinctions entre le modèle à moteur thermique sont ténues, voire inexistantes. Même face avant statutaire, même arrière original, même silhouette dessinée à la règle… C’est un Range, et c’est le meilleur complément qu’on puisse lui faire. Sur ce point stylistique, il a peut-être appris des concurrents plus ou moins directs, BMW iX et Mercedes EQS SUV, aux allures totalement différentes des modèles thermiques, style déroutant qui a sans doute effrayé bien des clients…


À l’intérieur, même chose. Le confort se ressent, la technologie avec. Globalement, le Range n’a pas réinventé la roue. La planche de bord fait la part belle aux cuirs et aux écrans, c’est très clinique. On est à l’opposé de la chaleur qui ressort d’un Defender, ou d’un ancien Range. Certes plus rustiques mais infiniment plus vivants… Plus sérieusement, le constructeur estime que son nouveau franchisseur de luxe est encore plus raffiné, plus utilisable et confortable que ses homologues thermiques. À vrai dire, tous les constructeurs nous servent la même chose « l’absence de bruit mécanique diminue le volume sonore à bord »… Oui, factuellement. Toutefois, Range tire son épingle du jeu, comme toujours, au niveau de son passif : le franchissement. Et la motorisation électrique, avec son couple immédiat, faciliterait presque le crapahutage ! Dans des décimètres d’eau, en montée ou en descente, jusqu’à 45°… Le même que le Range thermique, sans les contraintes des fluides !
Il serait temps de regarder ce qu’il y a sous ce capot, ou plutôt sous ce châssis ! Ni plus ni moins qu’une grosse batterie (118,5 kWh) fort heureusement reliée à une architecture à 800V. Les moteurs électriques fournissent la bagatelle de 550 chevaux et 850 Nm de couple, instantanément. Ça doit déménager ! Le chiffre d’accélération de 0 à 100 km/h n’est qu’une indication – 4,3 secondes – mais ne révèle pas la manière dont le crâne chevelu rejoint l’appuie-tête en une fraction de seconde… En conduite plus cool, le gros SUV revendique environ 535 km en conditions réelles, un chiffre que le constructeur a calculé lui-même à la baisse par rapport aux normes WLTP. N’oublions pas qu’avec sa silhouette parallèlépipédique, le Range n’est pas un maître de l’efficience aérodynamique. Pour contrebalancer, les ingénieurs ont soigné la gestion de la batterie, de sa température, ont calibré l’envoi de la puissance sur telle ou telle roue… Pour appuyer ce labeur, Range Rover affirme avoir déposé près de 300 brevets pour ce nouveau véhicule.

Pour être honnêtes, un Range Rover électrique ne nous fera pas relever la nuit. Mais ce qui se cache sous le capot d’un Range n’a jamais été d’un grand intérêt : dedans, nous voulons seulement que la mécanique soit robuste. Espérons donc que la batterie tiendra le coup, et longtemps !
