Vous pouvez nous soutenir ici si vous aimez ce que vous lisez.

Dans la gamme Mercedes-Benz, le CLA est le plus à-même de se convertir à l’électrique. Depuis sa première génération, il y a déjà plus de dix ans puisque lancée en 2013, la berline coupé n’a qu’une volonté : obtenir le Cx le plus bas possible. Pour y parvenir, elle a recourt à des heures et des heures en soufflerie, allongeant la voiture par la même occasion. À tel point qu’elle dépassait, lors de sa première génération, la longueur d’une Classe C appartenant pourtant au segment supérieur ! Cette silhouette particulièrement effilée explique ce Cx bas, design qu’elle perpétue dans la deuxième génération. À ce niveau d’efficience, on parle d’un coefficient de pénétration dans l’air de l’ordre de 0,22, chaque évolution par le bas est vue comme un exploit. Alors, quand la troisième génération se convertit à l’électrique, et avec les besoins en air différents, on espère une autre unité…
Bingo ! Grâce aux avancées aérodynamiques réalisées durant le développement des EQ, le CLA parvient à baisser son Cx à 0,21. Chapeau ! Le profil continue de dessiner cette fameuse silhouette en « goutte d’eau », les différences d’avec les précédentes générations sont de l’ordre des détails, plus ou moins importants. On note par exemple l’arrivée des poignées de portes affleurantes, réduisant la résistance à l’air. Les différences sautent aux yeux sur les faces avant et arrière. À l’avant, une barre de led joint les deux optiques affinés comme le concept CLA présenté l’année dernière. Cette barre baisse la calandre de quelques centimètres et en diminue la hauteur par la même occasion. Les deux entrées d’air sont donc reléguées aux deux extrémités et diminuent leurs surfaces, elles aussi. À l’arrière, la principale différence tient dans le large bandeau de feux. Au passage, la voiture s’allonge encore pour atteindre 4,72 m.


Cette hausse ne profite cependant pas à l’espace pour le coffre à l’arrière, ce dernier baissant de 440 (à 490 litres en fonction des motorisations et de la taille de la batterie) à 405 litres. Mais, électrique oblige, elle ajoute à ce volume un frunk de 101 litres sous le coffre. Passons aux places avant. Sans surprise, Mercedes signe ici encore un habitacle tiré à quatre épingles où la technologie occupe une place toujours plus importante. Le MBUX remplace totalement la partie verticale de la planche de bord. Il est composé de deux écrans de série, 10,25 pouces derrière le volant et 14 pouces au centre, auquel peut s’ajouter, même après l’achat, un troisième écran tactile, pour le passager, de 14 pouces. Lequel dispose d’un traitement ne perturbant pas la vision du conducteur.
Les plus high-tech apprécieront toutes les technologies embarquées aux noms parfois barbares. La marque se vante par exemple d’avoir intégré à cette berline son premier OS (Operating System) pour tout le fonctionnement de la voiture. OS qui pourra être mis à jour à distance et régulièrement pour la mise à niveau de certaines fonctionnalités de divertissement (Netflix, YouTube…), de la navigation – fournie par Google Maps -, de l’intelligence artificielle – là encore, le constructeur est fier d’annoncer que son CLA est le premier à disposer et de Chat GPT4 et de Gimini… – et des aides à la conduite. En effet, si de nouvelles avancées sont réalisées en matière d’aides à la conduite, passives ou actives, la voiture pourra se mettre à niveau à distance. Quant aux intelligences artificielles, elles permettront de répondre lorsque la commande vocale « Hey Mercedes » sera activée. C’est à croire qu’on ne saurait plus rien faire sans l’intelligence artificielle…


Heureusement, pour l’instant, le conducteur, confortablement installé derrière l’inédit volant, dispose encore d’une intelligence tout à fait humaine, plus ou moins évoluée. Au contraire, la voiture a droit à une batterie tout à fait évoluée, capable même de donner des sueurs froides à la concurrence. Les constructeurs chinois pourraient craindre le CLA. Lors de sa présentation, n’a été annoncé, avec toutes les caractéristiques techniques, seulement les 250 et 350 EQ Power. Les deux partagent la même batterie NMC de 85 kWh à la densité élevée et à l’empreinte carbone diminuée de 30% par rapport à son équivalent. La 250, pure propulsion, distribue 272 chevaux et 335 Nm aux pneus postérieurs. Peu gourmand, ce moteur consommerait moins de 15 kWh aux 100 km. Conjuguez un appétit de moineau à une efficience record et vous obtiendrez une autonomie édifiante : entre 694 et 792 km en une charge ! Du jamais vu !
Le 350 4 Matic ajoute un moteur sur l’essieu avant, tout aussi efficient que celui à l’arrière. Ainsi, malgré une puissance confortable de 354 chevaux et 515 Nm de couple, son autonomie naviguerait entre 672 et 771 km en une charge. Et… ce n’est pas fini. Cette batterie NMC repose sur une architecture 800V capable d’encaisser des puissances de charge gigantesques, avec des pics à 320 kWh. Le plus dur restera donc de trouver des bornes de cette capacité sur lesquelles le CLA pourrait récupérer 325 km en seulement 10 minutes. Avec cette technologie, Mercedes montre à quel point le savoir-faire européen peut tenir la dragée haute aux opportunistes chinois. En ajoutant à ce modèle une certaine vision écologique puisque Mercedes assure que son CLA diminue son empreinte carbone de 40% par rapport au modèle précédent dans son cycle de production.


D’ici la fin de l’année, un modèle mild-hybrid arrivera. On ne sait pas grand-chose de lui pour l’instant. À la place du frunk, un moteur M252 4 cylindres de 1,5 litres de cylindrée devrait officier. Il sera couplé à une batterie 48V et une autre de 1,3 kWh dans la boîte de vitesses. Plus tard, une autre batterie abaissera le ticket d’entrée pour obtenir le CLA électrique, baissant sa capacité de 85 à 58 kWh et troquant le mélange NMC pour un LFP, plus accessible et moins efficient (la densité énergétique passe de 680 Wh/L pour le NMC à 450 Wh/L pour le LFP). Là encore, on ne connaît pas tout de cette version. Le CLA a une lourde charge sur les épaules. Pour Mercedes, il s’agit de son modèle « le plus intelligent ». Plus efficient que les EQE et EQS pourtant proposées à des tarifs déraisonnables. Le CLA promet de rester longtemps sur le marché. Hâte de voir ce que la concurrence va lui opposer (BMW ? Vous êtes là ?) mais aussi hâte de connaître… le prix de cette nouvelle auto prometteuse.
