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On connaît – plus ou moins heureusement – Toyota grâce à son modèle-phare, l’avant-gardiste (je n’ai pas dit belle) Prius, première voiture hybride non rechargeable vendue au grand public. Son image de constructeur novateur et respectueux de l’environnement s’en voit améliorée, elle qui commercialise à côté mais pas vraiment en Europe le coupé iconique ayant bercé des générations entières, la Supra. Oui, Toyota est capable de parfaire les deux extrêmes. D’un côté, un modèle sportif que les amateurs de figures acrobatiques sur quatre roues utilisent pour faire disparaître les pneus plus rapidement que le plein d’essence. De l’autre, un modèle presque économique mais surtout vendu comme écologique dont la seule volonté est d’être vertueux et dont la conduite est soporifique. Mais alors, quel lien avec le sport automobile ? C’est justement dans ce contexte d’utilisation intensive que les innovations trouvent leur fiabilité. Et pour les Japonais, la fiabilité est une obligation !
Aussi, Toyota s’inscrit très tôt en compétition automobile, finalement rapidement après la sortie du pays de la Seconde Guerre mondiale. Elle créé pour cela le TOSCO, Toyota Sports Corner, en 1957 pour engager ses voitures sur quelques boucles. Malgré le contexte économique et politique peu favorable, Toyota décide de s’exporter, d’exporter son image automobile en Europe dans les années 70, alors que le Vieux Continent est en pleine crise pétrolière… Elle ouvre une division en Allemagne, le TTE, Toyota Team Europe. Et continue de courir. En 1979, le TOSCO devient TRD, pour Toyota Racing Development. Par la suite, elle fera aussi quelques apparitions en Endurance notamment au Mans avec les iconiques GT One de la catégorie GT1 engagées par le Toyota Motorsport. Et puis, il y a la Formule 1. Un engagement qui s’est étendue de 2002 à 2009, en tant qu’écurie et motoriste. Malgré une belle fidélité, jamais l’écurie japonaise n’a pu accroché de victoires, seules les écuries clientes ont pu grimper sur des podiums… Une période à oublier pour la marque.


Sur la route aussi, Toyota s’intéresse au sport. Dès 1964, elle commercialise son premier « coupé sportif », la 800. Un coupé doté d’un simple bicylindres de 45 chevaux pesant moins de 600 kg ! La simplicité a du bon ! Son design rondouillard inspirera la grande GT de la marque, la bien connue 2000 GT. Pour beaucoup, elle n’est qu’une James Bond Car. À raison… à moitié. Car ce coupé, né de l’association de Yamaha et Toyota (déjà…), se revendique aujourd’hui d’être la première supercar japonaise se dotant de toutes les dernières avancées techniques et technologiques de son époque. Yamaha s’est occupé de son moteur, Toyota de tout le reste. Une version plus épicée a même battu 13 records internationaux. Signe que, pour un coup d’essai, la 2000 GT était bien née ! Les coupés Toyota ont toujours séduits les jeunes passionnés, qu’ils se nomment Celica, 2000 GT ou bien évidemment Supra, le savoir-faire de la marque japonaise n’est plus à défendre, il se sait !
Il ne manquait plus qu’à la marque des victoires de grande envergure ! Et c’est dans ce contexte qu’un petit groupe d’étudiants au sein de la marque ont l’idée de s’engager dans la course des 24 Heures du Nürburgring. La direction japonaise est frileuse, mais le fils du président, Akio Toyoda, va les y aider en demandant de l’aide notamment à Gazoo.com, un site internet que Toyota a aidé à mettre en ligne. Ainsi, lors des 24 Heures du Nürburgring 2007, deux voitures engagées par le Gazoo Racing tournent sur l’exigeant tracé allemand. Les deux équipages y feront de la figuration mais le nom va rester. Et pour cause, Gazo signifierait image en japonais. Quand Akio Toyoda accède enfin au rang de président de la marque familiale en 2009, sa tête fourmille d’idées en tout genre. Il donne l’idée de retourner en Endurance, non sans mal dans un premier temps avant de voir les victoires se multiplier sauf au Mans, où il faudra attendre 2016 pour s’en approcher, 2018 pour la savourer. Mais entre temps, le Toyota Racing qui les engageait est devenu Gazoo Racing.

Toyota Racing et Lexus Racing, des départements sportifs engagés dans diverses compétitions, sont rassemblés sous le même nom Gazoo Racing à partir du second semestre de l’année 2015. Gazoo Racing, c’est également sous ces lettres que la Lexus LF-A est apparue à Goodwood en 2010… Et ce sont ces lettres qui désignent les Hypercar au Mans (GR010), les voitures de rallye et quelques véhicules dans la gamme de route aussi !

Depuis 2011, le petit coupé sportif GT86 donne du fil à retordre à ceux qui veulent conduire en faisant la grimace. Avec la nouvelle génération du coupé arrivée en 2021, le GR86 a corrigé la majorité des défauts du précédent, tout en conservant toutes ses qualités. On retrouve un gabarit compact, un moteur rageur, atmosphérique, pas trop puissant. Enfin, compte-tenu de nos standards actuels. Car son 4 cylindres à plat de 2,4 litres développe 234 chevaux et 250 Nm de couple. Ces valeurs, une Mégane E-Tech les dépasse presque ! À la différence que le GR86 est plus… sympa. Déjà par sa forme de coupé, puis par son équilibre de funambule. Et parce qu’il s’apparente à ce que l’automobile a su faire de mieux : un coupé sans prétention sauf celle de la quête du plaisir. Moteur avant, propulsion arrière, poids contenu (- de 1300 kg) et boîte manuelle disponible. Une auto-école pour le drift comme on n’en fera plus. Trop gourmande, elle disparaît de notre marché à cause de ses émissions trop importantes…
Elle, elle n’a jamais traversé l’Atlantique. La GR Corolla semble être une autre réponse japonaise au record de Renault sur la Nordschleiffe avec la Mégane R.S. Trophy R. Mais avec une philosophie plus extrême. Déjà, ça passe par le moteur. Sous le capot de la berline compacte, en Europe nous sommes habitués à de l’hybridation. En arborant le badge GR, elle troque ce ramage vertueux pour un autre plus radical : un 3 cylindres 1.6 turbo. Pas très reluisant ? Attendez la suite. Dès 3.000 tours/minute, les 370 Nm déboulent et font cavaler le moteur jusqu’à atteindre la puissance de 300 chevaux à 6.500 tours. La transmission diffère aussi de celle de notre française, puisque la GR est une transmission intégrale, favorisant tantôt l’avant tantôt l’arrière en fonction des modes choisis… Mieux encore, elle s’apprécie en boîte manuelle ! Et son plumage ne fait pas dans la discrétion ! Ailes élargies, face avant agressive aux entrées d’air massives… Où est passé la sage berline compacte ?


Au même endroit que la frêle Yaris. Récemment, la GR Yaris a connu un restylage corrigeant quelques-uns de ses défauts de jeunesse. Parmi eux, l’habitacle pas franchement agréable. En revanche, la puissance ne semblait pas être un problème. Qu’à cela ne tienne, Toyota serre la vis et trouve 19 équidés de plus (280 chevaux) et 30 Nm (390 Nm) que celle que j’avais eu la chance d’essayer rapidement. Une prise en main inespérée et, osons le mot, jouissive. « Vous voulez l’essayer ? » Comment refuser ! L’espace d’une vingtaine de kilomètres, nous avons pu découvrir les joies d’un châssis joueur, performant et d’un empattement si petit… La position de conduite n’est pas idéale, mais elle est loin de ternir la copie de cette bombinette. À peine la pédale est effleurée que la voiture file dans un bruit rauque… on passe en deux, personne devant, on accélère à fond. Le turbo charge. Les quatre roues motrices trouvent l’adhérence et on jubile ! Une seule envie : recommencer. Puis, au détour de virages, on s’amuse avec la molette jouant sur les modes de conduite, favorisant l’arrière ou l’avant. Et, je peux vous l’assurer : quand le mode Sport envoie 70% du couple à l’arrière, on le sent ! Et c’est un vrai bonheur.
Autre grand modèle, la Supra de 5ème génération, qui continue sa carrière pour encore quelques mois. Parmi ses actualités, un temps a été mis sur le marché une boîte manuelle à 8 rapports pour convenir au moteur 3.0 d’origine BMW. Les ingénieurs ont conservé les éléments techniques de la ZF mais ont ajouté ceux nécessaires à une boîte manuelle. Le résultat ? Impossible de savoir… Pour les allergiques de l’embrayage, les palettes existent toujours pour les moteurs 2.0 (258 chevaux) et 3.0 (340 chevaux). Propulsion et 6 cylindres en ligne, le mélange ne vieillit pas. Sa direction est d’une réactivité sensationnelle, on aurait aimé un moteur plus présent tant au niveau auditif que d’un point de vue des performances. J’ai eu beau appuyer, longtemps, en faisant bien attention, jamais les 3 chiffres n’ont aidé affichés sur le tableau de bord. (Pour en lire plus)

En parallèle du badge GR, le TRD existe toujours et désigne des modèles un brin plus sportif, pas radicalement transformés comme le premier. Quant au GRMN, il signifie Gazoo Racing Maister Nürburgring, expliquant que le modèle est approuvé par des maîtres du circuit allemand.
