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Gordon Murray Special Vehicle

Pour répondre aux demandes les plus farfelues, Gordon Murray a créé une nouvelle branche dans sa holding baptisée SV pour Special Vehicles, dont voici les deux premiers protagonistes de haut vol.

McLaren F1 GTR

Vous savez sans doute tout le bien que nous pensons des différentes réalisations de Gordon Murray, tant sur piste que sur route. Pour ceux qui ignorent la qualité du travail de cet ingénieur, il suffit de quelques mots. Dans les années 70, il était chez Brabham en Formule 1. La décennie suivante, il rejoint McLaren et n’est pas étranger à l’insolente réussite de l’écurie britannique, bien aidé il est vrai par les pilotes derrière les volants – Prost et Senna. Fort de ces victoires, on lui confie un projet fou : imaginer une voiture de route avec les technologies de la Formule 1. Ainsi naît la McLaren F1 des années 90. 106 exemplaires seulement verront le jour dont 64 de route. Les autres connaîtront des évolutions pour avoir leurs chances sur piste, menant la F1 GTR à la victoire en 1995 dès sa première participation !

Par la suite, conservant ses fonctions chez McLaren alors propriété de Mercedes, il aide à la mise au point de la SLR, ce plantureux coupé qui se voulait être une supercar rivale des Ferrari Enzo et Porsche Carrera GT. Il fonde ensuite un bureau d’études et imagine des voitures révolutionnaires pour limiter l’empreinte carbone, pour faciliter le transport… De jours en jours, ses proches deviennent plus insistants : pourquoi ne pas refaire une McLaren F1 avec les technologies d’aujourd’hui ? Cette dernière représente encore aujourd’hui une certaine idée du graal automobile, comment peut-on faire mieux ? Mais Murray a une idée, et on lui laisse carte blanche. Il imagine celle qui va devenir la T.50. Puis, une version de piste, la T.50 S Niki Lauda. À peine les T.50 toutes assemblées, la T.33 arrive. Plus petite, plus facile à vivre, elle s’accompagne même d’une version Spider.

GMA T.50 S Niki Lauda

GMA nous annonçait des nouveautés pour la Monterey Car Week. Nous n’avons pas été déçus ! 

Il annonce le lancement de GMSV, Gordon Murray Special Vehicle, un département de personnalisation ultime dans lequel les clients participent à la conception de la voiture. C’est le cas donc de cette S1. La Special One est une commande spéciale d’un client… richissime lui demandant de réaliser une sorte de restomod de la victorieuse du Mans 1995. La S1 reprend donc les codes de la F1 GTR tout en les intégrant à son châssis de T.50. On retrouve ainsi cette fameuse face avant basse, et ce capot plongeant qui mène à une immense partie vitrée. Les phares amincis procurent un regard intriguant à cette œuvre d’art sur roue qui sculpte ses flancs à la serpe pour laisser circuler les flux d’air jusque sur l’arrière de la voiture. En haut, une prise d’air NACA mène au moteur, tout comme celle de la jupe latérale. Comme l’inspiratrice, les rétroviseurs sont placés sur les montants A du pare-brise. Quant à l’arrière, il reçoit une immense grille en nid d’abeilles avec l’inscription S1 en rouge, comme la McLaren, des optiques circulaires et un immense aileron.

GM SV S1
GM SV S1

Plaquée au sol, la voiture le sera à coup sûr, le tout dans un son absolument divin. Car sous le capot arrière continue d’œuvrer le merveilleux V12 atmosphérique développé par Cosworth. À l’inverse de la voiture de base, la S1 laisse le ventilateur arrière à l’usine, libérant ainsi une large place pour… réaléser le moteur. De 4 litres, il passe à 4,3 litres, de quoi augmenter la puissance vers une valeur hautement symbolique, 700 chevaux. Le capot est recouvert d’or 18 carats, comme l’inspiratrice, et le moteur résonne par quatre sorties d’échappement, comme la F1, en Inconel. Le rupteur est fixé à 12 100 tours/minute. D’ici-là, le conducteur/commanditaire aura eu tout le loisir d’apprécier l’environnement particulier de GMA avec cette position de conduite centrale, et la mise au point du châssis. Les suspensions sont sur-mesure, réglées plus basses encore, et reçoivent un seul amortisseur chacune. La boîte compte 6 vitesses, et est dérivée de la T.50 S !

Mieux encore, la S1 est homologuée pour la route. Si, si ! Mais vos chances d’en croiser une sont maigres. Elle existera d’ici l’année prochaine en 5 exemplaires, tous commandées par le même client. Nous n’avons décidément pas tous les mêmes problèmes…

GM SV Le Mans GTR

La LM GTR est plutôt proche de la S1 dans la philosophie. Son origine tient dans une discussion entre un grand vendeur de voitures britannique et Gordon Murray, l’échange portant sur la question « à quoi ressemblerait une GMA si elle devait participer au Mans ? ». Une question saugrenue… qui ne l’est pas tant. En réalité, on pourrait se dire que la T.50 S Niki Lauda l’est déjà ? Mais ce n’est pas suffisant pour Gordon Murray. Alors, il profite de ce projet pour s’évader de son quotidien devenu délicat à cause de ses ennuis de santé. Il dessine, il calcule – ou fait dessiner et calculer – pour arriver à ce résultat-là.

Dans le communiqué de presse, l’entreprise évoque plusieurs inspiratrices sur quatre roues, de celles qui mettent tout le monde d’accord : la Porsche 917, la Ford GT40, mais aussi la Matra MS660. Une française ! Et pas n’importe laquelle, une Matra avec laquelle il partage un point commun, le petit moteur V12 atmosphérique ! Des icônes stylistiques de compétition, la LM GTR s’en inspire mais ça ne saute pas tout à fait aux yeux, la faute aux règlements techniques, probablement. La LM GTR repose sur la base technique de la T.50, plaçant son pilote au centre, et utilisant le même binôme moteur-boîte. Tout le reste est inédit. Tout ! Le changement de carrosserie saute aux yeux, avec ce capot creusé et ces ailes surjouées. La face avant accueille une immense prise d’air sous le capot et sous les optiques verticaux.

GM SV Le Mans GTR
GM SV Le Mans GTR

Une fois de plus, les flancs sont creusés et séparent deux flux distincts en aval des roues avant, l’un le dirige vers la partie supérieure – pour l’appui aéro ? – l’autre vers la partie latérale voire l’arrière – pour le refroidissement ? Dissiper l’air chaud, améliorer le refroidissement tout en garantissant des valeurs aérodynamiques et d’efficacité hors du commun… l’automobile n’est qu’une histoire de compromis, mais à chaque réalisation, Gordon Murray semble défier les lois de la physique pour donner naissance à de véritables divas esthétiques, dynamiques et mécaniques. La partie arrière est plus originale que celle de la S1, même si elle rappelle étrangement la Glickenhaus qui a quitté le championnat du monde d’Endurance en 2023. Sans doute les nécessités techniques contraignent un tel dessin comptant un double tunnel venturi de chaque côté des sorties d’échappement et un immense aileron arrière.

À bord, l’ambiance est résolument sportive, l’inverse aurait été étonnant. Il ne faut pas divertir le conducteur qui a sous le pied droit l’équivalent de 650 équidés prêts à en découdre et à martyriser les pneumatiques arrière. D’ailleurs, les dimensions de ces derniers sont majorées, pour correspondre à la philosophie plus sportive de cette GTR. Il n’y a pas que les pneus. Les suspensions sont plus légères et plus rigides ; les voies sont élargies ; le refroidissement amélioré. Et même la répartition des masses favorise la performance. Les supports reliant le moteur au châssis sont plus rigides. Habituellement, cette rigidité génère des vibrations dans toute la voiture – le moteur bouge, et s’il est relié très fortement à la voiture, tout la voiture vibre avec lui – mais les ingénieurs ont réussi le tour de force de limiter ce désagrément. Vous aussi elle vous donne envie ? Sachez qu’il n’en existera que 24. 24 comme le nombre d’heures de la classique mancelle. Le tarif ? Chut… ne parlons pas de choses qui fâchent. 

GM SV Le Mans GTR Intérieur

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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