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Le Duster III, nous vous l’avions présenté en long et en large dans un article dédié il y a quelques semaines. Le SUV est arrivé en concession, l’idéal pour découvrir dans la réalité sa taille plus… imposante. Sur ce point, le Duster étonne et attire. Il paraît toujours aussi robuste que par le passé, d’autant plus que, lorsqu’on nous a donné la clef, un Duster II était garé juste en face. Son côté robuste, il le doit à sa carrosserie moins rondouillarde, résolument inspirée du concept Bigster, en particulier sur le profil de la voiture et son montant D très… imposant. Ça n’augure rien de bon pour la visibilité en trois-quart arrière, mais il faut ce qu’il faut pour passer les crash-tests… Et quel est l’élément le plus important, la visibilité – utile dans toutes les conditions de circulation – ou la rigidité du châssis en cas d’accident – utile… en cas d’accident de la route ? Je vous laisse cogiter… Plus baroudeur chic qu’amateur de chocs, le Duster soigne son esprit cascadeur avec ses protections en plastique recyclé inrayable. Pas très élégant mais jamais les clients de Dacia n’en ont acheté en ayant les mêmes demandes que pour une Aston Martin !
Un petit tour habituel dans l’habitacle avant d’allumer le moteur – et quel moteur ! – pour se rendre compte de l’évolution de Dacia ces dernières années. Une montée en puissance et en gamme très perceptible. Certes, une Renault est mieux finie, mais l’équipement à bord du Duster démontre que moins c’est bien aussi. Dès l’ouverture de la porte, l’écran central joue une cinématique propre au SUV et les enceintes émettent un petit son de bienvenue. Le genre d’attention originale dans les premières semaines de l’obtention de la voiture, qui tape sur le système une fois les premiers mois passés à ses côtés. L’aspect robuste extérieur se retrouve à l’intérieur avec les plastiques pas toujours très agréables au toucher mais qui ont le mérite d’exister et de faire le job. Là encore, on n’a jamais demandé à une Dacia d’accueillir aussi bien ses occupants qu’une Rolls-Royce ! Il y a même un espace prévu pour la charge à induction du téléphone portable. Un détail qu’il y a quelques années n’était encore réservé qu’à l’élite de l’automobile…


Depuis quand une Dacia s’intéresse aux grandes technologies ? Depuis que les clients demandent toujours plus (d’équipements) pour toujours moins (cher) et que les gouvernements veulent toujours plus de sécurité (active et passive) pour rassurer sur les routes et limiter le nombre de morts (alors qu’ils feraient mieux de les refaire comme il faut, les routes). Ainsi, si le tarif augmente – le Duster démarre à 19.690 € – c’est davantage dû aux réglementations qu’aux restrictions budgétaires de la marque mère… Avec la norme GSR2 (sur laquelle j’aime à débattre), les voitures sorties à partir de 2022 doivent obligatoirement disposer d’innombrables systèmes et radars pour aider la conduite. Parmi ces aides, nous pouvons citer l’aide au maintien dans la voie, le régulateur adaptatif, la lecture automatique des panneaux… Autant de systèmes qui, proposés en option, permettaient de réduire le prix d’entrée de gamme des voitures, et par la même occasion, de gagner un petit peu d’argent du côté des marques. Comme vu précédemment, le montant D de plus en plus large, explique cette hausse du poids pour plus de sécurité. Pour la sobriété énergétique, les États laissent les marques se débrouiller pour trouver des solutions.
Laissons de côté cette critique du régime des aides et des normes pour nous concentrer sur la conduite du Duster. Nous avons entre les mains le Duster muni d’un 3 cylindres de 130 chevaux. Deux fois plus puissant que ma voiture quotidienne ! D’autant qu’il s’aide d’un turbo qui se charge très tôt et distribue tout le couple nécessaire à l’accélération entre 2 et 3000 tours/minute. À peine le pied effleure la pédale d’accélérateur que le véhicule se cabre (un peu) sur ses roues arrière. On n’en demandait pas tant ! De fait, la gestion de cette pédale est difficile, et il faut un certain temps pour s’adapter à cet interrupteur on/off. Certes, plus le turbo dégaine tôt, moins les consommations sont élevées, mais les vieilles habitudes ont la vie dure… Comme dans la plupart des cas, on dirige le moteur avec une boîte manuelle à 6 rapports ici, bien guidée mais manquant de rapidité. J’oubliais, nous ne sommes pas dans une sportive… Décidément, cette 993 m’a tout chamboulé ! Dans un environnement urbain et extra-urbain, le Duster se comporte comme il se doit. Dignement. Il a laissé de côté tous ses anciens défauts, notamment acoustiques. Une fois tous les ouvrants fermés, le Duster filtre de mieux en mieux les bruits ambiants. La chaussée dégradée ne s’entend plus autant que dans les précédentes générations du SUV, ou du reste de la gamme. Un élément qui peut s’expliquer de plusieurs manières.


D’abord, la hausse significative des prestations à bord. Des équipements à l’allure générale, le Duster est mieux fini, mieux pensé, et pour « pardonner » son tarif en forte hausse, il faut bien peaufiner certains détails comme l’acoustique. Au volant, on sent un Duster moins rustique, plus récent, et pour cause : il repose sur la plateforme des dernières Renault, quand la deuxième génération héritait encore de celle de la Clio II… Ensuite, il y a la taille des roues et des jantes. C’est vrai, les grosses jantes de 18, 19 ou 20 pouces sont très belles et permettent de dessiner de jolies voitures avec des belles proportions. Mais à la conduite, les pneus à faibles flancs filtrent mal les aspérités de la route, s’en ressentant aux oreilles, aux mains du conducteur et au confort général de la voiture. Un comble ! Non, le Duster n’est pas un SUV premium, il ne s’en cache pas. Mais il s’améliore nettement sur tous les défauts d’antan. Moins de roulis, moins de bruits parasites, plus de confort et de technologies… Que demander de plus ?
En sortant de son habitacle, telle était la question que j’avais en tête. Que demander de plus à ce tarif là ? Comme Renault, ses aides à la conduite sont déconnectables rapidement, d’un appui sur un bouton. À ce prix, pour un tel gabarit et de telles prestations, on ne peut que considérer le Duster III comme une bonne automobile. Il faudrait simplement veiller à deux choses. Un : mettre à jour la plateforme de charge à induction qui ne voulait recharger mon téléphone qu’une fois sur deux. Et deux : mettre à jour la lecture des panneaux de signalisation, puisque le véhicule me disait que je pouvais rouler à 70 km/h alors qu’un panneau éphémère me disait de ralentir à 30 km/h. Après tout, comme on me l’a dit ensuite « c’est une Dacia, tu peux pas tout demander non plus ». Oui, mais la qualité globale est telle que plus ne nous étonnerait pas/plus !

Un grand Merci à la concession Renault Luçon – Jean Rouyer Automobiles
