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L’âme d’une BMW se résume à un prolongement du corps humain. Tout y est naturel. De la position de conduite à la conduite elle-même, tout est instinctif. Voilà pourquoi j’aime tant prendre le volant de ces Bavaroises. Joueuse quand on le veut, mais rassurante à tout instant, une BMW se conduit, se vit, se raconte, et s’apprécie qu’importe le moment. Alors, quand on me dit que je vais en essayer une autre, je ne peux que me réjouir ! Le Z4, ou l’héritier d’une lignée iconique.

Il faut remonter à loin pour retrouver le premier Z dans la gamme BMW, précisément au bien nommé… Z1. Mythique à plus d’un titre, notamment ses portières, le petit roadster a donné naissance à une très belle lignée. Z1, Z3, Z8, et Z4 depuis 2003, BMW n’en finit pas de nous réjouir avec une définition simple du bonheur automobile. En témoigne ce roadster, le Z4 premier du nom. Il arrive en 2003 en roadster, avant d’être proposé en coupé deux ans plus tard. La carrosserie est signée Bangle. Si de nombreux modèles issus de son crayon ont été décriés, le Z4 fait partie des plus réussis. Après tout, les meilleurs ingrédients techniques aident souvent à dessiner les plus belles carrosseries : moteur avant, propulsion. Point à la ligne. En parlant de ligne, le modèle ici présent bénéficie d’une ligne d’échappement sur-mesure… un délice ! On y reviendra. La recette vieille comme le monde – finalement, le Z signifie Zukunft (futur) mais renvoie beaucoup au passé ! – séduit une nouvelle fois, comme nous allons le voir au volant.
À l’opposé des pachydermes et autres SUV qui pullulent sur nos routes qui obligent à grimper à bord, parfois sans marche-pieds, le Z4 oblige à quelques contorsions pour entrer à bord… Certes, la capote peut s’enlever rapidement. Mais la météo aussi capricieuse qu’un enfant dans les rayons jouets deux semaines avant Noël ne m’inspirait pas vraiment confiance… Je préfère préserver cet intérieur au charme délicieusement désuet. L’insert décoratif imitant l’aluminium rappelle le néo-rétro Z8. L’instrumentation qu’à moitié digitale, et l’écran érectile infiniment loin du conducteur trahissent son âge avancé. 20 ans, ça commence à faire… J’avoue avoir eu du mal à écrire cette phrase… Le Z4 fait son âge, il l’assume. Fini le blabla, laissons parler le moteur. Un quart de tour et le 6 en ligne se réveille. Preuve, une nouvelle fois, que les meilleurs plaisirs sont les plus simples… Les pieds retrouvent bien vite leurs aises devant le pédalier. Seules deux pédales… On ne va pas faire la fine bouche pour autant !


Les ultimes réglages réalisés, marche avant toute ! Et le roadster de se mouvoir, non sans prévenir les quelques maisons aux alentours. J’avais pourtant laisser le régime moteur baisser… Mais que voulez-vous, le Z4 est du genre pipelette… Ça me va bien comme ça ! Les premiers tournants arrivent. Comme me le disait un ami, les BMW sont souvent faciles à appréhender, très intuitives. Et le Z4 ne déroge en aucun cas à la règle. Le train avant se laisse diriger sans rechigner, l’arrière suit sagement le sillage des roues avant. Pas de folies, les aides sont activées, et le moteur à peine chaud ! Par chance, il chauffe vite, à l’instar de l’habitacle. Quand les températures extérieures descendent, le siège chauffant s’apprécie grandement ! Souvent un gadget, mais finalement utile ici. Du Sud Vendée, direction le Nord Vendée. Cap sur les Herbiers et les petites routes qui serpentent de villages en villages. Le Z4 se montre imperturbable. Suis-je resté trop sage ? Peut-être un peu… Il faut dire que le compteur s’affolait vite. À peine effleurée, la pédale de droite emballait les pistons. L’aiguille du compte-tours – analogique, comme pour la vitesse – passe de 2 à 4.000 tours/minute en un rien de temps. Deux sens nous aident à nous rendre compte de ce passage éclair. D’abord, l’ouïe grâce aux vocalises du 6 en ligne s’égosillant dans les échappements. Puis, la vue qui voit grossir les voitures qui semblaient très loin devant, ainsi que le chiffre qu’indique l’aiguille de gauche. Au rond-point suivant, nous croisons des gendarmes. On va calmer le jeu…
Pas de soucis, le Z4 n’en a cure, il vous accompagne pour tous les usages. En oubliant les limitations de vitesse, il s’apprécie pour ce qu’il est : un jouet. En les respectant, il vous exempte d’un rendez-vous chez l’ostéopathe. Vaincre le mal par le mal, tel semble être le mantra du Z4. Les suspensions arrière sont simplement rigides. Parfait pour une utilisation intensive, et idéal pour perdre les quelques vertèbres qui restent après une session de karting chahutée… Après plusieurs kilomètres, j’ai appris à connaître le roadster. Pas de gyrophares en vue ? Allez ! Une succession de virages, la boîte était jusqu’ici parfaite, mais je vais prendre la main. Allez ! Le Z4 se comporte à merveille. Pas de mouvements parasites, même pas de bruit d’air excessif à haute vitesse. Et le 6 en ligne couronne le tout. Fort de 231 chevaux et 300 Nm, ce M54 m’a séduit. Sa puissance peut prêter à sourire aujourd’hui. Mais je n’ose imaginer un Z4 M plus puissant, plus rigide, plus… Rendre la clef de ce roadster a été difficile. Ses quelques défauts, dus notamment à son âge, ne grèvent en aucun cas le plaisir de conduite inhérent à chaque BMW. En essayer un en boîte manuelle sera mon objectif !

L’essentiel est là. Le Z4 procure du plaisir, il est joueur et rassurant, bon voyageur et bon roadster. Il s’accompagne en plus de quelques commodités, comme les sièges chauffants ou la navigation obsolète, qui le rendent encore plus attrayant. S’il n’y avait ce tarif…


2 réponses sur « BMW Z4 – l’essentiel et même plus »
Bravo quand on lit votre article on a bien la sensation d’être dans le véhicule avec vous
[…] mais trop haut par rapport à des roadsters pas forcément plus radicaux, comme des Mazda MX-5 ou BMW Z4 contemporains. Rien de bien méchant cela dit. Le tableau de bord de pare de cuir, une montre à […]