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Depuis qu’il y a des Continental chez Bentley, les Flying Spur ne sont pas loin. Alors qu’habituellement ce sont les berlines qui sont déclinées en coupés, Bentley naviguant dans une sphère différente des marques grand public, c’est l’inverse qui se produit. Et ce depuis 1958. Deux ans auparavant, la S1 Continental arborait sa sculpturale carrosserie deux portes, suivie par une S1 Continental Flying Spur l’année de la Constitution Française. Et quand Volkswagen met (enfin !) la main sur la firme au B ailé, les glorieux noms du passé ressurgissent de plus belle. La Continental GT de 2003 ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire de Bentley et annonce au monde à quoi ressemblera la gamme anglaise dans un futur proche. Deux ans plus tard, la Continental Flying Spur arrive, doublant le nombre d’ouvrants tout en conservant le style maladroit et pataud de la première génération de Continental GT. À l’exception de l’inutile version Super Sport, la berline a eu droit aux mêmes moteurs et finitions que le coupé. Aussi, quand ce dernier perd le W12 qui a fait sa fierté ces dernières années, la berline le pleure aussi. Et le remplace.
Si vous n’avez pas lu l’article sur la nouvelle Continental GT, voici un rappel de ce qui se cache désormais sous le capot du coupé, et désormais de la berline Bentley. En lieu et place du 6.0 W12 Biturbo que Bruxelles refusent de voir, d’entendre, de sentir, de vendre, la Flying Spur installe un V8 4.0 biturbo. À lui seul, il développe 600 chevaux et 800 Nm de couple. Insuffisant pour prendre la suite de la Speed et de son monumental moteur à l’architecture si particulière. Alors on ajoute, en sortie de la boîte de vitesses à 8 rapports, un moteur électrique de 190 chevaux et 450 Nm de couple associé à une batterie de 25,9 kWh. Rien qu’avec elle, la Flying Spur peut rouler pendant 76 km. Après quoi, le V8 se remet en route. Ou alors, les deux moteurs peuvent jouer de concert et proposer aux quatre roues l’équivalent de 782 chevaux et 1000 Nm de couple, de quoi effacer le 0 à 100 km/h en 3,5 secondes, contre 3,8 secondes sur la Speed W12.


Tant qu’on en est à parler de performances, intéressons-nous à la partie technique, châssis de la berline. De série, elle reçoit le Bentley Performance Active Châssis garantissant un dynamisme à toute épreuve. Pour y parvenir, elle dispose d’une direction intégrale pour tourner plus court, de suspensions actives à double valve pour s’adapter aux différents styles de conduite, d’un différentiel à glissement limité électronique pour la répartition de la puissance aux roues intérieures et extérieures ou encore d’un différentiel central gérant la distribution vers lavant et vers l’arrière grâce au couple vectoriel, de quoi sortir plus fort d’une courbe pour bien mériter le suffixe Speed. Chose rare pour une berline, la répartition des masses favorise l’arrière à 51,7%, alors même que le gros V8 est à l’avant ! Mais la batterie pèse lourd…
Au-delà d’être une Speed, la Flying Spur est avant tout une Bentley. Et à ce titre, elle se doit d’accueillir parfaitement deux à quatre occupants. La portière s’ouvre, et le B ailé illumine le sol comme si vous ne saviez pas dans quelle voiture vous alliez rentrer… Pour la première fois, les quatre sièges disposent des mêmes attentions de confort servi sous le nom Wellness. Chaque occupant peut ainsi régler sa climatisation (ou son chauffage) ou encore son dossier et son assise. C’est la moindre des choses, non ? L’habitacle se calque sur la Continental, avec de placage magnifique et au centre, cet écran de 12,3 pouces qui (en option) peut être rotatif et montrer trois cadrans ou continuer le placage pour ne plus voir l’écran ! Au centre de la deuxième rangée, une troisième place est disponible si on en croit la présence de la ceinture, mais elle ne semble pas être une sinécure… Pour parfaire le voyage, les vitres latérales et le pare-brise disposent d’un verre feuilleté réduisant la perturbation sonore venant de l’extérieur de 9 décibels ! De quoi profiter comme il se doit de l’ambiance sonore à bord, qu’elle soit jouée par le système standard (10 haut-parleurs et 650 W de puissance), Bang & Olufsen (16 haut-parleurs et 1500 W) ou carrément Naim (19 haut-parleurs et 2200 W).


Tout cela est proposé en option, tout comme la personnalisation. À bord, entre les couleurs de cuir primaires et secondaires, le placage de bois… près de 700 combinaisons sont disponibles. À ajouter aux 101 couleurs extérieures actuellement au catalogue qui peuvent être complétée par les anciennes teintes déjà vues par le passé. Et si vous ne trouvez toujours pas votre bonheur, le département Mulliner se charge de vous en faire une à votre goût. Un mot sur l’extérieur aussi. Bentley ne change pas sa recette et jouer aux jeux des 7 différences serait mission impossible : il ne semble pas y en avoir autant ! À l’avant, la partie basse du bouclier diffère (très) légèrement. L’arrière ne semble pas changer d’un iota. Il faudra regarder le nombre de trappes, hybride rechargeable qu’elle est, la Flying Spur reçoit sur son côté gauche une trappe à électricité, à droite pour l’essence.
Plus performante, pas beaucoup plus élégante, mais plus efficiente. La Flying Spur multiplie les bons côtés. Le remplacement de son W12 par un mix hybride surpuissant suffira-t-il à nous faire oublier les premières moutures de Flying Spur Speed ? Difficile de ne pas pleurer la perte d’un moteur à 12 cylindres. Mais il vaut mieux voir la berline continuer sa vie plutôt de la voir disparaître, non ?

