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Automobili Mignatta Rina

Pendant que toutes les sportives qui voient le jour s’embourgeoisent et gagnent en technologie, les artisans fleurissent et proposent, à l’inverse, un retour aux sources au plus proche des éléments. Ici, ce vent nouveau vient d’Italie.

Ferrari Testarossa Officine Fioravanti

On connaît l’Italie pour sa culture, sa gastronomie, ses antiquités, ses ruines, son histoire plus que millénaire, ou encore ses automobiles. Comment dissocier l’automobile et l’Italie ? Impossible tant le drapeau italien est brandi haut et fort chez tous les constructeurs. Parmi les plus prestigieux blasons se trouvent en Italie, dans la Motor Valley, il en va de Lamborghini, Pagani, Maserati, ou bien évidemment Ferrari. Et il y a encore plus rares que ces automobiles de luxe, celles pour qui atteindre une vente d’une dizaine d’unités relève du miracle : les artisans. On peut citer parmi eux les spécialistes du restomods ou les carrossiers, Zagato, Officine Fioravanti ou Totem Automobili. Dans cette catégorie, un nouvel entrant a fait une entrée remarquée dans le milieu : Automobili Mignatta.

Elle prend la forme d’une barquette, d’un speedster radical et surtout… très bas. Et pas très actuel. On sent l’inspiration des barquettes d’antan, celles qui participaient à la Targa Florio ou aux Mille Miglia, des voitures de route à la préparation soutenue pour fournir des performances exceptionnelles, par ses lignes, ses courbes, son allure. Son capot bas prend racine dans le dessin de la calandre ovale d’où partent également les ailes exagérant presque la largeur de la voiture. Derrière les roues, une large ouverture laisse respirer les freins et les pneumatiques, une idée qui retire un doute : oui, la Mignatta semble parée pour rouler à un rythme soutenu ! Compte-tenu de la hauteur des appuie-têtes, les sièges doivent être positionnés très bas et presque sur l’essieu arrière. Lesdits appuie-têtes se poursuivent en deux extrusions qui se fondent ensuite dans la carrosserie de la voiture. L’arrière se compose principalement d’une large grille comprenant deux grands feux circulaires quand, plus bas, deux doubles sorties d’échappement nous laissent espérer de jolies vocalises…

Automobili Mignatta Rina
Automobili Mignatta Rina

L’univers automobile est si morose et empreint de radars en tous genres pour que nous nous extasions devant… des échappements ! C’est fou, non ?! Reprenons le fil de notre découverte de la Mignatta Rina. Pour accéder à l’habitacle autrement qu’en sautant dedans comme le faisait Sir Stirling Moss, il suffit d’appuyer sur un bouton caché dans l’arceau en carbone. Une pression et la porte s’ouvre sur cet écrin de cuir et autres matériaux nobles. La présence des harnais nous intimide et nous laisse rêveur : un comportement sportif à la clef ? En tous cas, la présence de la fibre de carbone à peu près partout où le cuir est absent nous donne une indication et sur la proposition et sur la légèreté de la voiture. Le volant n’est pas d’une complexité extraordinaire, il rappelle les anciennes voitures avec le centre installé plus profondément dans la colonne de direction que la jante. Les clignotants sont sur les deux branches latérales, et des boutons sous ces branches dictent les fonctions des phares et du contrôle de traction.

Derrière le volant, le tableau d’instrumentation rappelle la forme ovoïde de la calandre, ici comprenant 5 cadrans à aiguilles dont le plus grand, au milieu, donne l’indication du régime moteur. Et… pas d’écran. Au centre, non plus, puisqu’à la place de la traditionnelle dalle numérique de millions de pouces trône ici un compteur de vitesse à aiguilles, lui aussi. Des interrupteurs en-dessous montrent que l’analogique a quand même plus de charisme que des boutons à retour haptique… et puis, au centre, un élément nous convainc immédiatement : un levier de vitesses navigue dans une grille métallique en H. Le pommeau en fibre de carbone témoigne d’une certaine volonté de Mignatta d’aller jusque dans le moindre détail pour parfaire ses automobiles. Dommage qu’elle ne nous donne pas autant de détails, justement, sur cette Rina !

Automobili Mignatta Rina
Automobili Mignatta Rina

Car d’elle, que savons-nous, à part son apparence, son nom ? Eh bien… pas grand-chose. Nous savons qu’elle repose sur un châssis en fibre de carbone réalisé chez le spécialiste JM qui lui a conçu une monocoque de seulement 71 kg. À savoir que ce spécialiste fournit également Totem Automobili pour ses délicieuses Giulia survitaminées restomods. L’emploi massif de la fibre de carbone, du châssis à la carrosserie, permet à l’artisan d’estimer le poids de sa barquette à moins de 1000 kg, sans donner de chiffre exact. Sous le long capot avant officie un V8 atmosphérique d’environ 500 chevaux placé en position centrale avant associé à la boîte rejetée, elle, pour l’équilibre des masses, à l’arrière. Un différentiel à glissement limité se chargera de distribuer la puissance aux roues arrière en virages. Mais sinon ? L’origine du moteur est inconnue, par exemple. Sur le site, Mignatta nous propose de découvrir le son qu’il produit, l’échappement lui donne une note métallique pas désagréable. Les performances, le tarif, des chiffres exacts… nous les attendons.

Un est donné : 30. 30 unités de cette Rina sont prévues. À surveiller de près ! 

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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