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Aston Martin Vantage 2024

L’arrivée de la DB12 annonçait une profonde remise à niveau de la gamme Aston Martin. Pour bien débuter ce renouvellement, la Vantage change… bien plus qu’il n’y paraît.

Aston Martin Vantage

Comme pour la DB12, la silhouette globale reste identique au modèle sortant, le profil n’a pas pris une ride. La Vantage, avec son élégant et agressif béquet dessinant le haut de la calandre fétiche à travers un bandeau de feux, renouvelait un segment resté immobile pendant près de 10 ans. La précédente avait pour elle son inégalable beauté intemporelle et d’excellents moteurs. V8 ou V12, atmosphériques ou rien. À son arrivée en 2017, le coupé a beaucoup fait parler en s’éloignant de l’élégance pour se rapprocher de l’agressivité et de la performance, en témoigne sa calandre prête à limer le bitume. Le vaillant V8 4.7 atmosphérique laisse sa place au V8 4.0 biturbo AMG. Il gagne en puissance (510 chevaux) ce qu’il perd en charme (les montées en régime lyriques). Mais telle est désormais la volonté d’Aston Martin : les voitures ne doivent plus se ressembler, ni à l’extérieur, ni dans le comportement. La Vantage se veut être une limeuse de vibreur, une chasseuse de virages, un diable des chronos… ou pas. Elle a la tenue d’apparat mais pas les gênes de sportive. Elle se retrouve trop souvent reléguée loin derrière ses rivales en termes de performances pures, mais son charme britannique tempère ! Son comportement s’améliore nettement avec la version F1 Edition. Quant à la série limitée de V12 Vantage, elle ferme doucement la porte de cette génération pour ouvrir celle que nous allons vous présenter plus loin dans ces lignes.

Ô surprise ! Les photos espions montraient bien une face avant totalement remaniée largement inspirée de la DB12. Terminée la calandre agressive prête à aiguiser le goudron, la Vantage revient à la solution classique. Elle s’élargit de 38% pour améliorer le refroidissement du moteur (bon signe, il y a encore des cylindres !) au look proche de celui de la dernière V12 Vantage. Elle ne pousse pas le bouchon jusqu’à lui emprunter son capot. Les lignes de chaque angle de calandre s’étirent jusque vers l’habitacle, vers le reste de la voiture, donnant à cette dernière un incroyable dynamisme. Elle rappelle presque le concept CC100, alors que le designer Marek Reichmann explique qu’il s’est inspiré de la One-77, autre bijou exceptionnel. Les phares abandonnent l’idée de la précédente Vantage et reprennent le style de la DB12. Le profil ne change guère, à part l’extracteur d’air en amont de la portière. À l’arrière, le diffuseur est légèrement revu, et une nouvelle ligne d’échappement attend de tonner à chaque levé de pied. Juste derrière les roues arrière, une autre ouverture se dessine. Décidément, la sportivité prend le dessus sur la pureté.

Aston Martin Vantage 2024 arrière
Aston Martin Vantage 2024 intérieur

Malgré cette débauche de sport, l’habitacle préfère le luxe, le confort à la radicalité. Les investissements dans la mise au point du système d’infodivertissement obligent à une certaine rentabilité. Il se retrouve donc à partager sa vie dans la Vantage. Nous avons découvert cet habitacle dans la DB12. Le saut entre les générations est plus palpable à l’intérieur. Le petit écran de Classe A est remplacé par une immense dalle tactile de 10,25 pouces. Cette dernière se commande au doigt, directement sur l’écran ou via les boutons de la console centrale pour les allergiques à la technologie. Derrière le volant, un autre écran de même dimension s’invite pour communiquer les informations essentielles à la conduite. Les mélomanes apprécieront le système audio Aston Martin à 11 haut-parleurs, ou lui préfèreront le système Bowers & Wilkins à 15 haut-parleurs 1170W. Quand les plus sportifs couperont la musique pour laisser chanter le moteur et profiter du maintien des sièges. Ces derniers, disponibles en plusieurs profils comme celui où la coque en fibre de carbone est apparente, sont les seuls éléments qui trahissent l’idée de sportivité véhiculée par l’Aston Martin.

Aux pieds, deux pédales seulement, et aux mains le volant compte deux palettes. Elles commandent la boîte ZF 8 déjà vue par le passé, et qui a séduit dans la DB12. Derrière la large calandre, le moteur se réveille d’une simple pression sur le bouton START. Trêve de suspens : le V8 4.0 est reconduit. S’il développait jusqu’à 535 chevaux dans la F1 Edition, il dispose désormais de 665 équidés à 6.000 tours/minute ! Avant d’y arriver, pied au plancher, les pneus arrière, seuls à passer la puissance au sol, doivent digérer les 800 Nm de couple de 2.000 à 5.000 tours/minute. La Vantage confie son sort à des Michelin Pilot Sport 5 S, les derniers nés de la famille française, conçus sur-mesure pour le coupé de 275/35 R21 et 325/35 R21. Simple propulsion, les accélérations ne peuvent faire de miracle, même avec le Launch Control. Encore que : 3,5 secondes pour le 0 à 100 km/h est un temps tout à fait honorable ! Sur les autoroutes allemandes, ou les aérodromes, le compteur numérique de la Vantage peut grimper jusqu’à 325 km/h. Mais les lignes droites se finissent un jour par un virage. Et plutôt que de tenter de le négocier à une telle vitesse, autant freiner.

Aston Martin Vantage 2024 Arrière 2
Aston Martin Vantage 2024 drift

Pour cela, deux choix sont possibles. Soit un système de frein en acier, classique. Soit le fameux mélange carbone-céramique avec de larges disques à l’avant (400mm) comme à l’arrière (360mm) diminuant la masse de la voiture de 27 kg en masse non suspendue. Puis, tourner. La direction électrique change sa consistance, le ressenti de conduite en fonction du mode de conduite. Point important, seul le train avant est directionnel. Pour contrer les volontés du popotin à passer devant, Aston Martin a beaucoup travaillé sur la rapidité (500% plus rapide) et le calibrage des aides à la conduite pour la performance. Ainsi, l’ESP et le différentiel électronique travaillent de concert pour obtenir les données de plongée, de cabrage, de roulis, de lacet… jusqu’à un certain point. En mode Track, l’ESP du coupé repose sur 8 niveaux d’assistance, allant de beaucoup à une légère intervention, avant de pouvoir être désactivé. En Wet, il bride légèrement la puissance du moteur. En Off, il déconnecte le contrôle de lacet de l’ESP. Plus que jamais, la Vantage veut être une reine de la piste. À l’arrière, la rigidité est améliorée de 29%, la masse est relativement surveillée… pour une Aston s’entend. En ordre de marche et sûrement avec les options les plus légères, le coupé annonce une masse de 1745 kg, avec une répartition égale 50:50.

Dans la foulée, la version LM GT3 qui roulera au Mans en juin prochain a été présentée. Agressive, ses ailes élargies rappellent au bon souvenir de la DBR9. Elle devra batailler contre une armée de GT3 plus aiguisées que jamais. McLaren, Ferrari, Corvette, Porsche… Comme à l’époque de la DBR1, Aston Martin répliquera contre de grands noms du sport auto, avec une proposition différente, nostalgique, classique : le moteur à l’avant. Je ne sais pas vous, mais moi j’ai hâte d’être en juin prochain !

Aston Martin Vantage LM GT3

La Vantage n’est plus qu’un simple coupé en retard dans la puissance. Non, elle est désormais SURpuissante. À tel point qu’elle se rapproche de plus en plus de la DBS ex-Superleggera. Si cette dernière rêve encore d’être la référence de la gamme, il va lui falloir une puissance extraordinaire…

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

2 réponses sur « Aston Martin Vantage 2024 »

[…] son côté Aston Martin n’a pas mis de temps… Deux petits mois après le DBX, c’est au tour de la Vantage de recevoir la lettre S pour gagner encore en sportivité. Une révolution ? Non, seulement des […]

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