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Aston Martin Valiant

Le V12 d’Aston Martin résiste encore et toujours aux normes drastiques. Sans nous déplaire, on en vient à se demander jusqu’où il pourra aller ? En voici une nouvelle déclinaison : la Valiant.

Aston Martin Valour arrière

Aston Martin surfe sur la vague du néo-rétro depuis la sublimissime Victor de 2020. Modèle unique, il est arrivé un peu par hasard, en combinant les différents éléments restants sur les étagères du département Q. Ici, un moteur. Là, une boîte de vitesses manuelle, et au-milieu un châssis sorti de nulle part… Et la Victor naît. Pour rappel, son nom est tiré de celui qui sauva la marque dans les années 70-80, M. Gauntlett. Et la voiture un hommage à cet homme et aux Vantage nées sous son commandement. Notamment la RHAM. Le concept a beaucoup plu – on comprend aisément – et des clients en ont demandés. Ces derniers étant (parfois réellement) rois, Aston s’attèle à la tâche et dessine une version plus civilisée de la Victor, la Valour. Principale différence : le moteur. Si le modèle unique récupère un V12 atmosphérique 7.3 de One-77, la nouvelle venue emprunte le V12 suralimenté. Les deux confient leurs sorts à une boîte manuelle et aux roues arrière. Quand aux moteurs, ils respirent par des entrées d’air latérales dans la Victor, à l’arrière dans la Valour.

Plus largement, la Victor est exceptionnelle, unique et non homologuée pour la route quand la Valour s’assagit – un peu – pour convenir à des pilotes non professionnels parmi 110 clients de la marque.

Mais alors, que vient faire la Valiant ici ? À l’origine, le projet n’est qu’une idée lancée par M. Fernando Alonso qui, non content d’avoir déjà une A110 R à son nom, a souhaité une Valour plus axée vers la piste, son terrain de jeu favori. L’idée fait son chemin et les instances de Gaydon acceptent à condition d’en réaliser une petite série à seulement 38 exemplaires. Le double champion du monde souhaite mettre au point la voiture la plus proche de la piste possible homologuée pour la route. Une sorte de 911 GT2/3 RS britannique. Mais avec un moteur placé à l’avant. Dans un premier temps, il convient de s’intéresser à l’apparence de la Valiant. On perçoit dès les premiers instants la radicalité de la voiture. La calandre est élargie, les phares directement intégrés dans les barres horizontales. Plus bas, le bouclier reçoit des ailettes guidant l’air vers l’extérieur de la voiture. Le capot s’ajoure largement, c’est qu’il faut qu’il respire le monstre dessous !

Aston Martin Valiant
Aston Martin Valiant

Un monstre, oui. Et pas des moindres. Le V12 5.2 biturbo est reconduit pour notre plus grand plaisir dans une nouvelle configuration à 745 chevaux et 753 Nm de couple. Il expire tout le gaz carbonique contenu dans ses poumons par quatre (!) sorties d’échappement arrière. Cette partie de la voiture est sans doute la plus radicale. Les échappements sont placés au centre d’un imposant mais néanmoins élégant diffuseur. En plus du petit becquet vertical de la Valour, un immense aileron termine l’allure sportive voire radicale de la voiture, lui qui aide à produire les 227 kg d’appui maximum. Le profil n’est pas en reste. Non seulement la silhouette préservée de la Valour est déjà agressive, mais le kit aéro conçu intégralement en fibre de carbone accentue cette radicalité, y compris au niveau des bas de caisse… Ou même concernant les jantes aéro-disques de 21 pouces reprenant le dessin (en blanc) de celles de la Valkyrie. Faites en magnésium forgé, elles permettent de limiter la prise de masse de la voiture (-14 kg), sans pour autant que la marque n’avance un quelconque chiffre global.

D’autres chiffres sont communiqués, notamment la taille des pneus : 275/35 à l’avant, 325/30 à l’arrière. Ou les freins carbone céramique qui arrêteront la voiture, du 410mm à l’avant et 360 à l’arrière. De quoi donner envie de la conduire… D’autant que l’habitacle accueille différemment ses occupants que dans la Valour. Pour la première fois sur une Aston Martin de route, un arceau-cage apparaît, rigidifiant grandement la voiture en virages. Les sièges sont fournis par Recaro et on s’y attache avec des harnais 4 points. Devant le conducteur un volant sans boutons, sans distraction, sans rien d’autre que trois branches en aluminium et de l’alcantara pour la jante. Rien d’autre. Pas de palettes non plus, puisque la Valiant, comme la Valour, confie son sort à une boîte manuelle à 6 rapports. À ses pieds, le conducteur a donc trois pédales faites d’aluminium. Il aura le choix entre 3 modes de conduite : Sport, Sport+ et Track. Le choix du roi !

Aston Martin Valiant
Aston Martin Valiant

Ce choix influera sur la rigidité globale du châssis dont les amortisseurs sont fournis par un équipementier fidèle, Multimatic. Ici, les 38 clients auront des Multimatic Adaptative Spool Valve capables de s’adapter en 6ms seulement ! Beaucoup de sportivité, de radicalité, mais aucun chiffre d’accélération, de poids… La Valiant prendra la route dans quelques mois, d’ici là quelques chiffres pourraient être sortis. Nous l’espérons. Mais il reste une question : Aston Martin compte-t-elle s’arrêter un jour d’imaginer autant de séries limitées ? Loin de nous déplaire, les exécutions sont toujours à saluer, elles pourraient perturber la clientèle… Un rythme effréné peut déconnecter de la réalité.

Par Iwen

Passionné d'automobile de toutes époques, je suis diplômé en journalisme automobile en 2023.

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